suite du débat sur l’énergie des mers

29/06/2016 at 16 h 38 min

Tant que les choix industriels ne seront pa faits , il sera difficile de mettre en avant tel ou tel projet d’usage de l’énergie marine. Pour en savoir plus lire cette analyse de mer et veille:

Il est évident que l’industrie de l’hydrolienne sera la prochaine après l’éolien posé à atteindre le degré de maturité indispensable à son industrialisation. La France a au moins un grand champion dans l’arène – DCNS avec sa filiale OpenHydro. Reste à savoir si l’autre, Alstom avec sa fliale Tidal Generation Ltd., se maintiens ou se retire. Ce qu’est dommage est que les jeunes pousses, SABELLA, HydroQuest, et Tidalys ont tant de mal à se faire sentir jusqu’à présent. il n’en est pas le cas ailleurs en Europe…

Nous avons toujours pensé que l’industrie de l’hydrolien était bien plus complexe que celle de l’éolien en mer. D’abord, les ressources naturelles techniquement intéressantes ne sont pas uniquement en Europe, ni uniquement en mer, et elles ne nécessitent pas toujours des machines de 1Mw et d’un diamètre de plus de 16m. Les grands fleuves Africains, Américains, et Asiatiques ne demandent qu’à être exploités, et l’Asie est riche en courants marins – les Philippines et l’Indonésie pour n’en citer que deux.

Il y a plusieurs PMEs non-français que nous avons suivis avec intérêt depuis leur début, car nous pensions qu’elles avaient une grande chance de réussir. Les quatre que nous suivons avec ce genre d’intérêt particulier sont:

  • Sustainable Marine Energy Ltd (« SME ») – Britannique
  • Tocardo – Hollandais
  • Magallanes – Espagnol
  • Minesto – Suedois

Aujourd’hui nous avons reçu un communiqué de presse de SME dont nous vous présentons l’essentiel ci-dessous. Avant cela nous nous permettons de vous rappeler d’une des raisons que cette petite start-up nous a tellement marqué les esprits.

Ils ont inventé un système d’ancrage d’hydroliens nommé PLAT-O, bien adapté à la solution petites multi-turbines de l’allemand Schottel. Ils avaient besoin de faire des essais de leur prototype en mer. Installés à Cowes sur l’île de Wight, il y a un fort courant entre l’île et l’Angleterre – les Hurst Narrows. Ils voulaient y déposer leur engin pour l’essayer. Pour ce faire ils ont téléphoné à la capitainerie du tout petit port de plaisance de Yarmouth pour demander l’autorisation. Le capitaine dit: OK, mais désire qu’ils demandent aussi l’autorisation à la Garde Côtière. Un coup de fil plus tard, SME avait toutes les permissions dont ils avaient besoin. Ils ont loué un petit remorqueur. Ils ont déposé leur engin sur les fonds marins. Ils ont fait leurs essais. Ils ont récupéré leur engin, et ils l’ont ramené chez eux. Imaginez, amis français, qu’Hydroquest n’aurait besoin que de faire ça pour tester leur machine au large de Cancale où il y a une petite ressource tout à fait intéressante techniquement pour eux!

Cette fois-ci, ce n’est pas de leur plateforme qu’ils nous parlent, mais de leur système d’ancrage dans les fonds marins rocheux installé avec succès à l’EMEC dans les Orcades en Ecosse. Il sera effectivement utilisé pour fixer ultérieurment leur plateforme PLAT-O.

Le « Anchoring Remotely Operated Vehicle (AROV) » utilisé pour l’installation a également été developpé en interne chez SME au cours des 3 dernières années. Les opérations marines ont été entreprises par le multicat C-Salvor de Leask Marine.

L’AROV a été utilisé pour le première fois en 2014 dans le cadre des essais de prototype cités ci-dessus. Depuis SME s’est mis sur deux filières de developpement

  • Une ancre qui n’a pas besoin de colle dans son installation
  • La mise au point d’un système de gestion de l’AROV capable d’ installer des ancres dans des profondeurs de plus de 30 mètres à très forts courants.

Long de 3.5m, les ancres ont une capacité nominale de 100 tonnes, selon la roche. En partant de ce succès, SME est en train de travailler sur une gamme d’ancres d’une capacité encore supérieure et adaptée à plusieurs sous-strates.

« Ce sont des moments trés motivants pour SME” dit David Stoddart-Scott, Responsable du Developpement des Produits. “Non seulement nous avançons bien avec la plateforme PLAT-O, mais en même temps, nous developpons des techniques d’ancrage sous-marines que nous pouvons proposer à toute l’industrie marine. Nous avons de la demande de plusieurs acteurs qui cherchent à bénéficier de nos technologies. Nous venons de commencer, mais des réductions de coûts importantes sont possible et l’aquaculture et les énergies marines vont s’y intéresser.  Plus tard dans l’année nous pensons faire la première installation pour une société dans le houlomoteur”.

Notre souhait bien sur est que ce soit plus faciles pour des PMEs français d’émerger et de contribuer au developpement de la filière. La France n’a pas de méchanisme flexible qui aurait permis des essais d’un engin semblable en France. Il faut tout demander à Paris, et à une quantité sans fin d’autres autorités, chacun avec son mot à dire et ses intérêts hierarchiques à protger. Encore une fois, nous saluons SABELLA. Ils ont une machine à l’eau et qui fonctionne dans le Fromveur. La question que nous sommes dans l’obligation de poser est « Quel est son avenir? » Tout comme les autres, ils ont besoin de projets. Ou sont-ils ces projets? En France? Ou doivent-ils aller prospecter en Amazonie, en Afrique, dans le Sud-Est Asiatique? Le Royaume Uni et la Hollande ont des machines à l’eau. Mettre en place des petits projets est relativement simple. Purquoi doit-on se rendre la vie si compliquée en France au détriment de la croissance économique et donc de l’emploi.

Source: M-V et dossier de presse SME