Adaptation et resilience: les vrais succès de la COP 21

10/06/2016 at 10 h 59 min

Alors que la bataille sur les économies d’énergie un peu gagnée en 2015 reflambe en 2016 sous prétexte de nouvelles technologies ( on peut et on sait faire avec moins. Simplement il faudrait que l’opérateur majoritaire le décide) , que les ENR poursuivent avec difficultés leur progression, la vraie victoire de la COP 21 c’est l’acceptation par tous qu’il faudra désormais compter sur la résilience et une meilleure adaptation. C’est le sens d e ce rapport mis en valeur par l’IDDRI

Vers un objectif global d’adaptation : l’autre succès de la COP21

Paris, le 10 juin 2016 – Dans un article qui parait aujourd’hui dans la revueScience, intitulé «Global adaptation after Paris», l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) analyse l’Accord de Paris adopté lors la COP21 sous l’angle de l’adaptation au changement climatique, et montre qu’une étape importante a été franchie vers une mise en parallèle des trajectoires d’adaptation et d’atténuation d’ici 2100.

Au-delà des dispositions concernant l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, l’Accord de Paris a marqué une avancée fondamentale en invitant la communauté internationale à développer un «objectif global d’adaptation». Comme le rappelle Alexandre Magnan, chercheur Vulnérabilité et adaptation au changement climatique à l’Iddri et auteur principal de l’article, «l’équation d’un futur durable ne peut se limiter à la mesure des progrès en matière d’atténuation et il est indispensable d’apporter une réponse à une autre question-clé : l’humanité est-elle sur la voie de l’adaptation ?». C’est ce que propose indirectement l’Accord de Paris lorsqu’il suggère de réaliser un bilan global («global stocktake») sur les progrès en matière d’adaptation.

«Les enjeux se concentrent désormais sur les modalités d’un tel exercice à l’échelle globale», précise Teresa Ribera, directrice de l’Iddri et co-auteur de l’article. «L’exercice est délicat, en particulier parce qu’il se doit de respecter le principe des « circonstances nationales» selon lequel les spécificités des situations de chaque pays doivent être reconnues. C’est un point majeur pour permettre l’adhésion au processus global de chaque Partie à la Convention Climat.»

Dans la perspective de la mise en œuvre de l’Accord de Paris, l’Iddri identifie trois défis relatifs à l’objectif global d’adaptation, sur lesquels la communauté des négociations devra se pencher rapidement :

  • Construire une vision partagée par tous les pays de ce que signifiel’«adaptation»
    Les négociations climatiques ont besoin d’une vision simple, claire et de long terme de l’adaptation, dont l’objectif premier sera de servir d’attracteur politique, comme l’a fait l’objectif de «+2°C» sur la question de l’atténuation.
  • Définir des outils pour mesurer les progrès des pays en matière d’adaptation
    Mesurer les progrès est nécessaire pour réaliser un bilan global sur le niveau d’adaptation à l’échelle globale. «Cela devra reposer sur un ensemble d’indicateurs permettant à chaque pays, comme pour l’atténuation, de faire état de ses avancées et difficultés au regard de ses spécificités nationales. Agrégés, ces bilans nationaux permettront une évaluation à l’échelle globale», explique Alexandre Magnan. Ces indicateurs devront être à la fois politiquement acceptables et scientifiquement robustes.
  • Anticiper les barrières politiques
    Tout comme avec les questions d’atténuation, des barrières politiques ne manqueront pas d’émerger au fur et à mesure de la structuration de cet objectif global d’adaptation, qu’elles soient liées aux critères de financement, ou à des contraintes internes aux pays. Mais comme le précise Teresa Ribera «nous devons nous diriger vers une approche globale de l’adaptation, ne serait-ce que parce que la non – ou la maladaptation à l’échelle d’un pays aura aussi des répercussions au-delà de ses frontières politiques, ce qui justifie de fait une coopération internationale robuste».

Référence : Magnan A.K., Ribera T., 2016. Global adaptation after Paris. Science, 352, 6291 : 1280-1282.