Histoire d’un fruit: le litchi et la courtisane

18/12/2015 at 17 h 46 min
UNE COURTISANE TROP GOURMANDE
Nul ne sait si Honoré de Balzac, auteur de Splendeurs et misères des courtisanes connaissait l’histoire tragique de Yang Guifei, la favorite de l’empereur Tang Xuanzong, au 6ème siècle, qui raffolait tant des litchis qu’elle exigeait que des messagers impériaux se relaient jour et nuit pour lui en rapporter chaque jour une pleine corbeille depuis le sud de la Chine. Une chose est sûre : cette passion pour ces petites sphères de 4 à 5 centimètres de diamètre qui comportent un noyau lisse enrobé d’une chair savoureuse et translucide puis d’une écorce granuleuse rouge orangée pourrait avoir causé la perte de la courtisane réputée pour sa beauté et ses talents de danseuse. Excédé, les princes se révoltèrent, obligeant l’empereur à s’enfuir vers le Sichuan. Quant à la favorite amatrice de ce succulent fruit exotique qui est devenu ces dernières années l’une des stars des tables de fêtes, elle fut forcée de se pendre sous les yeux de son seigneur…
Quelques siècles plus tard, le litchi fut implanté sur l’île de la Réunion par deux botanistes français. Il s’y épanouit tant qu’aujourd’hui encore, les litchis réunionnais ont la réputation d’être les meilleurs du monde. Pour les apprécier pleinement, il convient de les entreposer dans un sac en plastique dans le bac à légumes du frigidaire car c’est un fruit aussi fragile que précieux. Ce n’est pas Yang Guifei qui dira le contraire…