toujours en direct de la COP

10/12/2015 at 19 h 59 min

L’avant dernier texte était attendu à quinze heures, il est arrivé à 20h …Ils en ont pour la nuit . Le mécontentement s’installe sérieusement. les politesses diplomatiques ont duré.

Gambergeons sur les conclusions

A chaque COP, les 195 pays présents espèrent remporter une victoire,  et chacun repart avec une impression mitigée. La Cop 21 n’échappera pas à l’exercice. Comme Laurent Fabius hier soir dans sa conférence de presse, la France pourra se féliciter d’avoir réussi l’exercice. Mais pas tout l’exercice

Il y aura un accord à minima déguisé par un jeu diplomatique remarquablement bien mené.                                                                                  Comme il se doit, l’accord satisfera  un peu tout le monde (donc mécontentera  beaucoup de monde). Les petites îles qui avaient fait l’objet de bien des déclarations d’intérêts de la Présidence tout au long de l’année gagne un point avec l’inscription du 1°5 dans l’accord. L’Inde a réussi à ce que l’on ne se revoie qu’en 2024 pour réviser les engagements , le temps pour elle de mieux s’adapter à un futur dé carboné. Les « parties prenantes » ont retrouvé leur place dans l’objectif 2 : femmes, peuples premiers, collectivités territoriales et entreprises restent dans le jeu.

Le schisme de réalité

MAIS, car il y a toujours un mais dans une négociation de cette importance. Il n’y avait pas d’argent pour le 2° il n’y en a pas plus pour le 1°5 alors qu’en principe les engagements financiers devraient être plus importants. Les émergents, largement sollicités, ne s’engagent à rien. « Nous restons attachés à un accord de fin de siècle qui arrange les états » résume Bettina Laville, négociatrice de Rio92 et du protocole de Kyoto.« C’est un schisme de réalité , la négociation ne tient pas compte du réel«  s’élève Amy Dahan, directrice de recherches au CNRS.

Point positif pour les uns, à surveiller pour les autres, « l’agenda des solutions » a rempli ses objectifs : les communautés industrielles, financières, secteur par secteur, ont avancé dans un affichage international vers une société décarboné, même si cela se passe sous un chapeau diplomatique indispensable, mais plus du tout contraignant. C’est ce que confirme Héléne Valade , directrice de la communication chez suez «  il y aura un avant et un après COP 21. La mobilisation de la société civile s’est traduite par des actes très forts et pour le long terme… Dans le draft, pour la 1° fois le rôle de la société civile est reconnu comme l’est l’appel à l’innovation technique, sociale et sociétale, le prix du carbone . Tout est cité pour passer dans un autre modèle économique »

Faire se rejoindre les parallèles

Reste maintenant à inventer des lieux de discussion parallèles entre la mécanique onusienne et ce mouvement. « notre avenir à tous (titre du rapport Bruntland) était un mot d’ordre. Aujourd’hui il devient une réalité partagée »constate Bettina Laville.

Même si l’accord final ne retient pas le 1°5,  la  nouvelle coalition visant  à réunir les pays « grands et petits, riches et pauvres » , favorable aux 1°5 continuera à se réunir de manière informelle  pour construire un « momentum », car  quoiqu’il se passe ces nations ont décidé d’aller plus vite. Cette coalition veut entrainer les choses, montrer que la réalité économique est dans tout cela. On y retrouve l’UE, 79 états d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. L’ont rejoint l’UE, la Colombie, Tuvalu, Gambie, Mexique, Norvège, Allemagne et Etats Unis. Une coalition qui épouse la croissance verte.

Les ONGs  désormais  se partagent  en deux groupes: celles qui soutiennent la vision des pays en développement et celles qui ont plus d’expertise et veulent accompagner le monde qui change. Dans l’accord de Paris, on semble garder l’architecture de Kyoto,mais  on le discute avec des groupes nouveaux : les pays vulnérables et les nations avancées. L’image du monde est celui du basculement

Demain soir , le verdict tombera et nous affinerons cette analyse, mais les lignes semblent assez bien tracées

Dominique Martin Ferrari