Relai COP 21 étape 2) les enjeux`

30/11/2015 at 16 h 34 min

Il faut repartir du sommet de Copenhague (http://www.dailymotion.com/video/x3abpww_copenhague-vf-16-9_tv) On a parlé d’un échec car ce sommet se déroulant en 2009 devait trouver le relai au protocole de Kyoto qui s’achevait en 2012. Il n’en a rien été, mais les décisions, la feuille de route ( et non pas l’accord de Copenhague) ont malgré tout fixé les axes sur lesquels on négocie à Paris : Ne pas dépasser le +2° en 2050, s’engager avec tous les pays du monde, reconnaître les responsabilités différenciées, financer l’atténuation et l’adaptation par des transferts de technologie ou des aides, et à Lima il a été décidé qu’au lieu de voir des chiffres tomber du ciel de l’ ONU, chaque pays allait rendre une copie dans laquelle il consignait ce qu’il pouvait faire : les fameux INDC.   Il y a unanimité sur les objectifs mais il faut y parvenir   – Objectif 2° : Les objectifs rendus et additionnés ne parviennent pas à garantir les + 2° à échelle 2050. Pour l’instant avec les engagements faits à horizon 2020 (objet de l’accord de Paris) on se situe plutôt aux alentours de 3°. Le Président Hollande a même fait preuve de démagogie allant jusqu’à promettre sous la pression des ONG +1,5°. Paris va donc analyser les promesses, et les influer pour qu’elles s’enrichissent , d’où la proposition sur la table, de les dépasser en les révisant tous les cinq ans . Deux conséquences sont inclues dans ce 1° objectif :

  • pouvoir surveiller les engagements, les mesurer et les accentuer, ce que l’on appelle la MRV (mesurer, reporter, verifier) ce qui sous entend de la transparence (en attente des satellites de vérification bientôt disponibles)
  • se retrouver tous les cinq ans. Paris et Pekin ont avancé sur ce point, il faut en définir le mécanisme dans le texte (pour qu’il soit fondé juridiquement) Prendre une décision en 2020 est encore possible, attendre 2030 est réellement trop tard.

– un accord : Sur les 196 pays, l’inde est réticente à la signature, les pays pétroliers le refuse. Pour avoir un texte final , un consensus, il va donc falloir pousser diplomatiquement ces pays là « Pour moi une partie de l’accord se jouera entre l’Elysée et Ryad dans les dernières heures de la conférence «  a déclaré Pascal Canfin, ancien ministre du développement. Mais il va falloir respecter les contraintes de chacun. Comprendre ne devant pas excuser Là encore cette décision s’habille de deux conditions : .      Quelle dimension juridique pour l’accord ? On assiste dans les media et avec la société civile à une bataille sémantique autour du juridiquement contraignant. Certains pays au fonctionnement fédéral (Etats Unis, Canada, Australie… ) ne peuvent signer un traité et encore moins être puni s’il n’est pas respecté . .       Quel contrôle ?« C’est la différence avec l’Europe, explique Brice Lalondenégociateur onusien. En Europe les états donnent leur avis à la Commission qui rédige un texte, qui ensuite suit la voie démocratique, et le fait appliquer, avec sanctions si non respect. «  Pour l’ONU il n’y a pas cela « ce n’est qu’un syndicat de pays, poursuit il . Rien ne peut à ce jour obliger un état à respecter son engagement puisqu’il n’y a pas encore de tribunal international. Une grande partie des réfléxions parallèles au sommet officiel portent sur ce sujet   – Des financements : Ce sera sans doute la partie la plus difficile. Les outils de Kyoto n’ont pas suffi. Il faut en inventer d’autres Ils doivent être

  • Différenciés : reconnaître la responsabilité historique de chacun. Mais chaque jour, le monde changeant, celui qui était pauvre hier devenant particulièrement polluant en se développant, la notion manque de stabilité pour fonder du juridique
  • Equitable : ceux qui vont subir et devoir s’adapter doivent recevoir ce qui leur permettra de le faire et n’accepteront plus l’exportation des pollutions des pays riches. Par ailleurs ils risquent d e claquer la porte à chaque promesse fallacieuse.

Non seulement donc, il faut trouver les financements ( 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2020 / En 2014 : 62 milliards ont été réunis.) , se défier des promesses non tenables et être acceptables, c’est à dire reconnus comme réels et utiles par les pays récipiendaires. Et après 2020 ? On aura atteint les +2° avec toutes les difficultés d’adaptation qui y seront liées et qui se chiffrent cette fois en milliards de milliards . Une suite à la décision du fonds vert de Copenhague doit donc se profiler. Pour y parvenir certaines ong proposent le même principe que celui des réductions d’émission : « poursuivre après 2020 avec une révision régulière sur le plancher de 100 milliards et le renforcer » Sur ces engagements les pays les plus vulnérables (dont les petites îles) veulent des décisions fermes.