OFFENSIVE DIPLOMATIQUE DES TERRITOIRES FRANÇAIS D’OCÉANIE

25/11/2015 at 16 h 37 min

 A quatre jours de l’ouverture de la COP 21 se tient à Paris le sommet France Océanie. Né en 2003 à Papeete, ce sommet regroupe les chefs d’état du forum du Pacifique au nombre de 16 dont la Nouvelle Zélande et l’Australie. En 2006 à Paris il est conduit par Jacques Chirac, puis en 2009 à Nouméa par le ministre Kouchner. Il était tombé dans l’oubli depuis six ans. Il a fallu une belle mobilisation des élus pour « renouer les fils du dialogue «  comme l’a précisé Philippe Gomés, député de Nouvelle Calédonie, se référant également au dernier rapport sur les conséquences du changement climatique dans les outre-mer, conduit par Maina SAGE, Ibrahim ABOUBACAR et Serge LETCHIMY

Pour rappel, quelle sera la place de l’outremer dans la COP 21 ?

Les voix des doms et des régions françaises (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion, Mayotte) seront comme celles des régions métropolitaines, couvertes par la voix de la Bulle Europe. Mais la Nouvelle Calédonie, la Polynésie, Wallis et Futuna, trois collectivités territoriales, tenaient à rouvrir la fenêtre du « sommet Pacifique » . Dans cette zone, l’action diplomatique est de plus en plus importante, partagée entre Chine, Australie, Etats Unis et grands émergents.

Après qu’il fût redit à quel point les archipels du Pacifique vont se trouver être en première ligne des bouleversements climatiques, et que fût rappelé les connaissances ancestrales dont ils disposent pour s’adapter à la nature, malgrè quelques 30 à 40 ans d’oubli dans la modernité, les élus présents ont résumé les demandes qui vont durant deux jours faire l’objet de négociations en vue d’un accord sur un texte qui sera lu à la tribune de l’ONU , la France s’y étant engagée.

Un consensus difficile, mais plus fort tous ensemble…

La difficulté de l’exercice reposera sur la difficulté qu’aura la France à faire oublier son silence. Certes aux côtés de l’Europe elle a défendu très sérieusement la coalition des petites îles, AOSIS (http://unchronicle.un.org/fr/article/petites-les-mont-e-des-eaux/ ) mais les autres membres du forum du Pacifique aux côtés de l’Australie et de la Nouvelle zélande restaient très actifs sans elle.

« Une résolution devrait être adoptée : comprenant selon nous trois axes majeurs a déclaré Philippe Gomès. Le fonds verts qui bénéficie seulement aux états ne pourra revenir aux collectivités françaises (sauf à trouver des accords régionaux) . Nous demandons donc de redonner au fonds pacifique, tombé à 1M d’euros, une revalorisation significative de 5M à partir de 2018, une taille critique nécessaire à son efficacité. C’est possible puisque la base de son abondement est le Développement Durable. Nous travaillerons à ce que la Nouvelle Calédonie et la Polynésie soient davantage intégrées au plan régional avec les pays de l’ Océanie, et que ces territoires deviennent des membres à part entière du Forum des iles du pacifique, déjà concrétisée au plan du droit international » Ce qui signifie qu’en termes de gouvernance, la France laissera la main libre aux négociations par les territoires

Une étape importante en termes culturelle et financière sur laquelle nous revendrons.

DMF

Forum France Océanie, Nouvelle caledonie, Polynésie, fonds vert, COP 21, AOSIS, Pacifique