Bientôt un rapport sur l’outre mer et la COP 21(Maina sage, Serge Letchimy et Ibrahim Aboubacar )

18/10/2015 at 15 h 59 min

En vue de la COP 21 , un rapport sur la place de l’outremer a été préparé par trois rapporteurs qui représentent chacun un bassin océanique – l’océan Pacifique pour Maina Sage, l’océan Indien pour Ibrahim Aboubacar et l’océan Atlantique pour Serge Letchimy.

Le 27 Juin dernier « Métamorphose outremer » lançait l’opération dix heures pour l’outremer, l’outremer pour le climat «  (à retrouver http://www.terre.tv/fr/6516_outre-mer–100-dautonomie-energetique-en)

En cette année 2015 , nous ouvrions le débat sur la place de l’outremer dans cette grande messe que sera la COP 21. Depuis, le 29 septembre à l’Assemblée Nationale les députés s’adressaient à Mm la ministre Pau Langevin http://www.nosdeputes.fr/14/seance/5583#inter_47fad1675c1178c6205151933eb00f55

Et le 15 Octobre dernier un colloque se déroulait au MOM sur les questions energie et climat

Comme nous le disions sur nos plateaux en Juin dernier l’outremer représente au sein de la COP 21 un enjeu extraordinaire pour la France et peu de réponses sont actuellement données aux questions que se pose la délégation en train de préparer un rapport qui sera présenté à la fin du mois d’octobre et sur lequel nous reviendrons .

 

Maina Sage, députée de Polynésie a conduit ce travail. « Les outre-mer sont intéressés au premier chef par les questions relatives au climat (…) Ils ne sont évidemment pas restés passifs devant la menace « (…) « Présents sur les trois océans, leur répartition géographique en fait des avant-postes privilégiés de la recherche et du suivi de ses effets à l’échelle planétaire. C’est particulièrement vrai pour les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), un monde unique, peu peuplé mais jouant un rôle extrêmement important en raison de la présence de nombreuses bases scientifiques où sont mis en oeuvre des programmes relatifs aux gaz à effet de serre, ainsi qu’aux modifications météorologiques à venir. Ce sont des observatoires privilégiés des changements globaux qui perturbent les écosystèmes marins et terrestres. » Qu’en sera t il des capacités et du financement de l’adaptation ?

« L’adaptation aux risques naturels est le premier défi auquel les décideurs publics sont confrontés. Comment faire des outre-mer des territoires capables de s’adapter aux risques naturels et aux effets du changement climatique ? »

Pour Chantal Berthelot  députée de Guyane Certes l’outremer est riche en biodiversité marine et terrestre, mais « il est indispensable de mettre en oeuvre une politique ambitieuse de protection. Les outre-mer sont des territoires où les aires protégées sont très développées : parcs nationaux ou régionaux, réserves naturelles, parcs marins. Si nous devons poursuivre nos efforts en vue du développement durable des territoires, nous devons également veiller à ce que les habitants puissent y vivre et y exercer des activités économiques : il ne s’agit pas de mettre les territoires sous cloche, et il faut donc trouver le moyen de faire cohabiter ces deux préoccupations qui peuvent parfois se révéler antinomiques. »

Une quinzaine d’auditions ont été menées entre Septembre et Octobre :

Forte de plus de quinze auditions menées rondement entre Septembre et Octobre , Maïna Sage a confirmé la gravité de la situation : «  les impacts du changement climatique seront extrêmement graves pour les territoires d’outre-mer. Les menaces ne sont pas les mêmes que pour l’Hexagone, ce qui nous a été confirmé par toutes les auditions que nous avons menées auprès de la communauté scientifique : les outre-mer vont se trouver en première ligne .(…) Nous demandons cependant, au titre de notre insularité, de la fragilité de nos économies, de la richesse de notre biodiversité et des atouts que l’outre-mer représente pour la France, à ce que l’État français nous donne la parole dans le cadre des discussions de la COP21 ».

 

Serge Letchimy (député de Martinique) a insisté sur ce point qui fait partie de ses préoccupations en termes de coopération régionale « Nous avons su mobiliser pour fédérer nos voisinages, au-delà de nos nationalités, car la question du changement climatique ne fait pas de différence entre les territoires français et les petits États insulaires indépendants qui les entourent. Il y a une logique à travailler au plan régional et à mettre des moyens en commun. Pour ce qui est du Pacifique, les petits États insulaires seront éligibles au Fonds vert. Si nous avons le privilège d’accueillir de nombreux centres de recherche bien dotés et actifs, ce n’est pas le cas de tout le monde. »

 

Ibrahim Aboubacar, rapporteur pour l’Océan indien a souligné l’apport de la Réunion et de Mayotte aux connaissances grâce à centre régional météorologique réunionnais, un des six centres référents mondiaux pour l’OMM . « Les Terres australes et antarctiques françaises sont également à la pointe de ce qui se fait en matière d’observation et de recherche scientifique, que ce soit aux Kerguelen, en Terre-Adélie ou sur les îles Éparses, des îles inhabitées qui constituent autant de centres de référence. » Il a insisté ensuite sur la préoccupante question du tout voiture , une préoccupation que nous avions largement évoqué le 27 Juin (http://www.terre.tv/fr/6518_mieux-habiter-en-outre-mer ) : « si des schémas régionaux de transport existent, notamment à la Réunion et à Mayotte, une grande inertie freine les évolutions pourtant nécessaires dans ce domaine : nous devons absolument nous interroger sur la manière de promouvoir les comportements d’atténuation si nous voulons parvenir aux objectifs que nous nous sommes fixés. » Une évocation feutrée du tram train réunionnais abandonné a tout de même été faite

Serge Letchimy est revenu sur la questions du financement « la première question que les élus se sont posés a été celle de l’accessibilité au Fonds vert. Ils sont intervenus pour poser la question de l’éligibilité à des fonds exceptionnels, destinés à permettre à leurs territoires à la fois d’être avant-gardistes en matière de solutions et de mettre en oeuvre des stratégies d’adaptation – car si les outils sont là, encore faut-il les financer, ce qui est très difficile à l’échelle de nos territoires » (toujours dans l’émission « dix heures pour l’outremer » voir les témoignages de la Guadeloupe sur la difficulté à passer de l’innovation au développement :http://www.terre.tv/fr/6516_outre-mer–100-dautonomie-energetique-en   Serge Letchimy a insisté sur la grave question de la possible représentativité des régions ultramarines à la COP L a ministre a reconnu « que l’un des principaux objectifs que nous poursuivons est d’essayer de faire entendre la voix des petits États insulaires, dont font partie la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie. C’est pourquoi nous avons souhaité redonner vie au sommet France Océanie, plus ou moins abandonné après s’être réuni une première fois il y a quelques années. » En dehors de cela , « faites votre lobbying » a t elle conseillé , mais elle n’a promis aucune tribune pour Décembre

Quant à la question des financements, question sur laquelle nous reviendrons plus longuement puisqu’il est aujourd’hui certain que les territoires et départements français d’outremer ne pourront pas bénéficier du fonds verts réservés aux petites îles en difficulté il été proposé par la Ministre un retour à l’existant : CSPE, AFD, FED

Dominique Martin Ferrari