Protégeons nos côtes. L’océan bombe à retardement ?

19/07/2015 at 18 h 02 min

http://www.terre.tv/fr/6521_proteger-nos-cotes

`A défaut d’être une bombe à retardement, « l’océan est une énorme machine en pleine mutation sous les effets du réchauffement. Cet océan s’acidifie, se réchauffe et par là même cet océan devient moins apte à produire de la vie , à nourrir les hommes. Outre se raréfier, certaines espèces vont se déplacer .A cette modification de la machine océanique à produire de la ressource s’ajoute au phénomène de réchauffement qui a pour effet de faire monter l’océan et de rendre tous les phénomènes climatiques intenses ou extrêmes. Ceux qui font partie de la variabilité même du climat comme c’est le cas des cyclones, des tempêtes, du phénomène el Nino .

Ces phénomènes qui faisaient partie de notre quotidien vont avoir un impact plus grand. »Virginie Duvat ouvre sur le plateau des dix heures pour l’outremer le 27 Juin 2015, le module « protégeons nos côtes » Elle est océanologue, chercheuse à l’université de La Rochelle et membre du GIEC

« Prenons le cas des cyclones tropicaux : on s’attend à ce qu’ils soient plus intenses, nous prédit –elle. On dépassera plus souvent des houles de 5/7m « .

Et c’est l’impact de toutes ces combinaisons qui vont avoir des effets dévastateurs «  On va assister à l’accroissement de la violence des tempêtes et le fait que l’océan monte , elles vont dérouler leurs effets plus profondément au cœur des terres présentant beaucoup de risques de destruction »

A 5’15 deux exemples images :

–       la montée des eaux sur le littoral guyanais, depuis toujours soumis aux mouvements de l’Amazone mais depuis 2001 l’océan frappe plus fort

–       et à 15′ 12 : Février 2009 les assauts de l’atlantique sur l’isthme de Saint Pierre et Miquelon

Il faudra donc apprendre à vivre avec la mer et ses assauts.

« Le littoral est un milieu mouvant commandé par des matériaux (sable, vase, débris coralliens…) qui sont en mouvement rappelle Virginie Duvat. Là où les hommes se sont implantés, sur ces milieux mouvants les hommes se trouvent en situation difficile. »

Et l’accélération de phénomènes déstabilisateurs confronte l’homme aux erreurs d’aménagement qu’il a commis par le passé . Pour éviter cela, Maïna Sage, députée polynésienne en appelle au partenariat élus/scientifiques, seule façon pour les élus d’élaborer des cartographies de risques. « L’urbanisation qui s’est faite en milieu insulaire, s’est faite en bord de mer. Il faut faire reculer les populations. »

Selon Virginie Duvat , au fil des années se réduit l’incertitude scientifique qui règne sur les îles coralliennes ; on en connaît de mieux en mieux l’évolution . Ainsi sur 200 îles étudiées sur 30 à 60 ans , 83% sont soient stables soient sont en pleine extension, face à la montée de la mer, ce qui est une bonne nouvelle.. L’équation est donc très complexe : la montée de la mer ne réduit pas forcément l’espace. A Tuvalu la mer est montée de 30 centimètres et face à cette élévation, 15 iles de l’archipel ses sont étendues.

Regarder vers la mer, apprendre à travailler avec elle, acquérir une sagesse

A 29′ 32, A Mana, en Guyane, les rizières sont envahies par la mer . Les indiens Arawaks ne s’étonnent pas et nous renseignent sur leur savoir de ces mouvements littoraux . En fait le principal élément déstabilisateur a été leur sédentarisation quand à la mer, elle fait valoir ses droits.

Le conservatoire du littoral a pris en charge la sauvegarde du site Mana , de ces zones qui ne sont plus qu’une mémoire de culture . http://www.pole-zh-outremer.org/le-conservatoire-du-littoral-lance-son-projet-adapto/. Un travail que poursuit également Alain Pibot responsable des littoraux français des Amériques au Conservatoire

A 37’40, il nous conduit au cœur du grand cul de sac marin de Guadeloupe , explique le rôle fondamental des mangroves et le plan mangrove engagé par la France. Mais aussi celui des élus locaux : Victorin Lurel a lancé un grand plan littoral

Ne pas faire confiance à la technique pour se protéger .

A 50’ 30 Maïna Sage et Virginie Duvat expliquent comment les initiatives de protection, d’ingénierie lourde ont été des catastrophes environnementales et financières. Mais il est difficile pour un élu d’expliquer à sa population qu’il ne doit pas intervenir ! Une nouvelle relation d’apprentissage avec les habitants s’ouvre.

A 55’ le corail à protéger absolument . Bernard Salvat , directeur émérite à l’EPHE , explique comment s’équilibre une barrière corallienne, écosystéme essentiel des iles du Pacifique. Barrière naturelle contre les cyclones, le corail est un constructeur inlassable qui entoure les iles Pacifique de son bouclier.

En conclusion , l’excellence de la recherche française concernant les écosystèmes tropicaux et équatoriaux lui confère une grande responsabilité dans les débats en cours. La réunion « our common future » qui s’est tenue à l’UNESCO en Juillet en prouve l’importance dans les politiques d’adaptation à construire et les chercheurs en zone ultramarine ont beaucoup à nous apprendre sur la résilience et les savoirs faire d’adaptation.

Dominique Martin Ferrari