Va et vient de la négociation, à moins de six mois de la COP 21…Et à quinze jours de Bonn.

17/05/2015 at 17 h 27 min

L’étau se resserre et le pessimisme s’affiche. À mi parcours des négociations, Paris se présente mal. Mais il ne faut pas désespérer. Les phases en montagnes russes propres à l’élaboration des textes onusiens font partie du programme. Lima nous avait presque réjoui par un texte relativement court et un agenda précis. On y avait fixé la date du 31 mars comme échéance pour la publication des engagements par état (INDC ou contri-butions prévues déterminées au niveau national), seuls 36 engagements sont sur la table à ce jour. Les nuages noirs s’accumulent. 

La mission des négociateurs était claire : – réduire la longueur des textes (en supprimant les options posées par les états)  pour permettre un travail plus rapide et performant à Paris. – enregistrer les engagements des pays au 31 mars pour travailler toujours en amont, un engagement possible à Paris. Le 31 Mars on devait donc être, pour que tout aille bien à Paris, autour de 100% de promesses de réduction Or, une réunion informelle à Paris au siège de l’OCDE du 6 au 8 Mai a permis de comptabiliser les engagements : seulement 25% des émissions. A ce rythme on n’échappe pas au + 2° !

Parmi les engagements reçus , certains sont jugés insuffisants. Ainsi, les engagements de l’UE auraient pu être plus ambitieux selon certains, et ne satisfont pas les ONG internationales (voir l’appel des pays du Sud lors du voyage de Hollande aux Philippines). L’engagement européen reste pourtant fidèle à une réduction de 40% des émissions sur base 1990.

Les pays africains sont en retard faute de capacité à évaluer et à construire leur plan, mais pourraient le faire entre les 1° et 11 Juin à Bonn.

Pour les petits pays  « il n’y a pas qu’une question d’argent, il y a également un enjeu de renforcement des capacités : nous n’avons pas les compétences techniques ni l’éducation nécessaire pour face seuls à ces problèmes. Nous n’avons pas seulement besoin d’argent, mais aussi d’accès aux technologies et à la possibilité de former nos populations » déclarait le secrétaire d’État à l’Environnement des Maldives, Abdullahi Majeed au sortir de la décevante réunion de Sendai alors que saignaient les plaies du Vanuatu.

A Bonn , on attend aussi l’Arabie saoudite, le Canada et la Chine : on atteindrait peut être alors 50% de réduction ? La route reste longue. Le Japon hésite encore sur la relance ou non du nucléaire ! L’Inde, un des plus gros pollueurs, résiste. Si elle veut bien développer ses ENR, elle refuse de réduire ses émissions carbonées. L’Australie reste engluée dans le charbon, et la Russie compte sur la prise en considération des puits de carbone (rôle de sa forêt). « Il y a des choses intéressantes dans les propositions déjà transmises. Les États-Unis sont allés au bout de ce qu’ils pouvaient faire sans que le Congrès doive s’impliquer, en s’engageant à réduire de 26 à 28 % leurs émissions d’ici 2025 …Le Mexique a aussi surpris Le pays s’est engagé à des réductions d’émissions de CO2 inconditionnelles, qu’un accord soit conclu ou non. En cas d’accord global sur le climat, son engagement de réduire ses émissions de 25 % d’ici 2030 passera à -40 % . Le Gabon a mis sur la table une proposition exigeante, soit une réduction de 60 % des émissions du pays entre 2010 et 2025, non pas en valeur absolue, mais par rapport au scénario tendanciel ». (sources Euractiv)

La pêche aux petites îles

Selon les statuts de l’ONU, un pays = une voix . François Hollande est donc parti à la pêche des voix : les Philippines, l’océan Indien, les Caraïbes, Cuba, etc.: les accords de coopération se multiplient en échange d’engagements pour Paris et la diplomatie française fonctionne à plein régime A tel point que les Antilles et la Réunion réclament leur dû, elles qui ne comptent pas pour l’ONU. On assiste à une surenchère sur les poussières d’empire .


D Martin Ferrari