30 Janvier: Annick Girardin présente ses voeux

02/02/2020 at 15 h 58 min

Jeudi 30 Janvier Annick Girardin ministre de l’Outremer présentait ses voeux au MOM. Elle est revenu sur l’action menée ces deux dernières années pour la visibilité des territoires,la réforme de la continuité territoriale, les créations d’emplois, le rayonnement diplomatique et stratégique dans un dialogue multilatéral  avec les états voisins, adhésion des collectivités territoriales au CARCOM,  plans de développement et bien sûr sur la trajectoire développement durable issue des 17 ODD dont elle avait choisi 5 principaux pour le plan 5.0 , extraits de son discours que nous avons sélectionné pour vous:

(….) « Cette année 2020 sera avant tout celle de la déclinaison opérationnelle de la Trajectoire outre-mer 5.0 : le zéro carbone, le zéro déchet, le zéro vulnérabilité, le zéro polluant chimique, le zéro exclusion.

Vous étiez nombreux à être présents à la Tour Eiffel en avril dernier lors du lancement de cette Trajectoire. J’ai entendu depuis certaines critiques : le fait que cela ne serait que de la communication, voire de l’opportunisme pour « verdir » nos actions. Aux esprits chagrins, je réponds qu’il n’en est rien !

Je n’ai pas attendu mon arrivée à Oudinot pour parler de développement durable. En tant que secrétaire chargée du développement et de la francophonie, je me suis rendu dans nombre de pays, notamment les petits Etats insulaires, lesquels partagent à bien des égards des défis de développement similaires à nos outre-mer. J’ai négocié pour le compte de la France les 17 objectifs de développement durable, qui ont été adoptés à l’assemblée générale des Nations Unies en septembre 2015.

Je l’ai toujours dit : les outre-mer, de par leur positionnement géographique, leur insularité (hormis la Guyane), leur taille réduite, leurs ressources naturelles, leur formidable biodiversité, et bien sûr leurs forces vives possèdent des atouts indéniables pour réussir le défi du siècle : la transition écologique.

Cette trajectoire outre-mer 5.0, ce n’est pas la mienne, c’est la nôtre ! Chacun, du citoyen au décideur politique en passant par l’entrepreneur ou le membre d’une association est en mesure de s’en emparer et de contribuer à l’atteinte de ses objectifs. L’Etat est là pour accompagner et faciliter cette appropriation par les territoires et les citoyens. L’été dernier, les territoires ultramarins ont signé la charte d’engagement Trajectoire outre-mer 5.0 : la dynamique est lancée. 11

La déclinaison opérationnelle de la trajectoire, c’est mobiliser l’ensemble des acteurs du développement – les élus, les services de l’Etat, les entreprises, les associations – pour investir encore plus et plus rapidement sur les 5 objectifs qui sont notre quotidien !

Tout l’enjeu aujourd’hui est d’accélérer et d’amplifier les investissements en faveur de la Trajectoire. Nous devons être innovants et répondre aux priorités et besoins des territoires, ce qui passe par de l’ingénierie pédagogique, sociale et financière.

J’ai ainsi demandé à l’Agence française de développement de développer une formation-action destinée à l’ensemble des acteurs du développement de nos territoires. Les premières activités débuteront concrètement dans les prochaines semaines, l’objectif étant de donner les moyens à chaque acteur de pouvoir, à son niveau, dans sa pratique professionnelle, associative, dans son quotidien, orienter et accélérer les transformations nécessaires pour des territoires « 5.0 » !

Il nous faut aussi penser de nouvelles modalités, techniques et financières, pour accélérer les investissements et parfois même les rendre possibles.

Je l’ai à maintes reprises annoncé, le Fond exceptionnel d’investissement (FEI) sera dès cette année fléché à 100% sur des 12

projets de développement qui s’intègrent dans la trajectoire outre-mer 5.0, en recherchant les plus grands effets levier et d’entraînement : le FEI doit être le catalyseur, le démultiplicateur des projets outre-mer 5.0.

Et je sais pouvoir compter sur l’Agence française de développement, la CDC et la BPI pour s’investir pleinement dans cette dynamique, au bénéfice de nos concitoyens ultramarins ! » (….)

Elle ajoutait:  »

Je souhaite également travailler en 2020 sur la question de la nutrition et de la santéCe sera ma priorité en 2020 !  Je vous l’ai dit, j’ai eu l’occasion de faire près de 50 déplacements en outre-mer. Pendant ces déplacements, en dehors de l’agenda et loin des caméras, je rencontre des ultramarins, des familles, qui dans l’intimité de ces rencontres se livrent à moi. Je perçois ce sentiment d’exclusion, cette honte parfois. Je vois ce fatalisme. Je ressens cette détresse. Nous ne pouvons pas continuer à commenter des chiffres ahurissants sur le diabète, nous ne pouvons plus laisser des générations entières se faire gangréner par le surpoids ou s’enfermer dans la spirale de l’addiction.

C’est une question transpartisane, je pense à mes prédécesseurs qui tous ont travaillé sur ce sujet, je pense aux parlementaires, aux élus locaux, à toutes les associations. On peut ne pas être d’accord sur la politique que je mène, mais de grâce, dépassons ces clivages stériles pour ouvrir cette nouvelle décennie en permettant aux ultramarins de retrouver une dignité perdue dans la malbouffe et l’abandon de l’estime de soi.

Au-delà des mots, que faut-il ? Appliquer les textes bien sûr, ils existent ! Mais aussi travailler sur les cantines scolaires, avec les importateurs, avec les producteurs locaux, avec les agriculteurs, avec les collectivités qui développent des infrastructures sportives, avec les professeurs, avec les familles, avec les médecins… Bref, j’appelle à la mobilisation de tous pour qu’une fois les élections municipales passées nous puissions ensemble construire pour chacun des territoires des plans nutrition-sport-santé efficaces et adaptés. Dès lundi sera ouverte une rubrique sur le site Internet du Ministère et sur celui des préfectures ou chacun pourra déposer sa contribution et ses projets.

En parlant santé et agriculture, je n’oublie évidemment pas la question de la chlordécone aux Antilles. 2019 a été marquée par les travaux et les conclusions de la commission d’enquête constituée à l’Assemblée nationale. 2020 sera une année où nous compléterons les évaluations sur les plans précédents et où nous proposerons, en co-construction avec les territoires, une nouvelle feuille de route pour amplifier nos actions en matière de recherche, de santé et d’accompagnement des agriculteurs. »