L’outremer en vedette aux assises d ela mer

03/12/2019 at 15 h 35 min

 

C’est une Ministre radieuse qui a accueilli ce matin les quelques journalistes concernés par l’outremer et présents à cette nouvelle édition des Assises de la mer qui ne s’était pas tenue à Montpellier depuis 2016 « oui je suis heureuse, car à force de travail l’Outre mer entre enfin dans les radars du développement marin français « . Annick Girardin née à St Malo, ancienne députée de Saint Pierre et Miquelon « a de l’eau salée qui coule dans ses veines« . Elle peut se féliciter ce Mardi 3 décembre du discours du Président de la République qu’elle accompagnait avec la ministre des transports et de l’écologie Elisabeth Borne. L’Outremer est effectivement entrée dans les préoccupations du chef de l’état car pour lui « le 21° siècle sera maritime » et la France y jouera sa partition.

Après plusieurs annonces de financement et de mise à disposition de navires pour sillonner les mers de « la 2° puissance mondiale marine » qu’est la France et en assurer la sécurité, le Chef de l’état s’est engagé sur une meilleure protection de nos aires marines protégées (rappelant son dernier voyage aux îles glorieuses) . Des annonces qui laissent cependant un peu sceptiques tant que d’autres moyens autres que maritimes ne seront pas mis en route (satellite, suivis aériens des bateaux …) , l’espace à surveiller étant immense et la France ne désespèrant pas de l’agrandir encore.

L’exemple de la surveillance de l’espace méditerranéen a prouvé qu’à cette condition seulement on pouvait lutter contre la pêche illicite du thon . C’est une protection de tous les instants, et même si la promesse de conduire dans deux ans le symposium du Pacifique et le bilan des surveillances des états polynésiens font éspèrer, il faut reconnaitre que dans le Pacifique les pêcheurs chinois sont très offensifs . « Il ‘agit donc  d’une question diplomatique et géostratégique« , et pas seulement d’une question de pêche, même si l’accent est mis sur la « pêche durable » . Une tâche que la France se dit prête à assumer aidée par le monde de la recherche . Le souci de Françoise Gaill (CNRS) responsable de la plate forme d’action océan climat reste celui du leadership de l’océan par la France . On n’a pas retrouvé lors de cette ouverture officielle la détermination des chercheurs au lendemain du rapport de l’IBPES et cette volonté affirmée : »laissez nous connaitre avant d’exploiter ». L’enjeu climatique reste structurant cependant mais on ne sait pas si ce n’est qu’ en termes de géopolitique? 1M d’euros seulement ont été attribués à une nouvelle génération de travaux (médecine, acoustique, matériaux de demain…)

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Depuis le colloque que nous avions tenu au CNES en Janvier 2018 et qui avait permis la rédaction du N°3 de « l’outremers en métamorphose » océan et désenclavement des routes maritimes (

https://www.calameo.com/books/005952522735b2be2730f N°3) les choses ont avancé : alors qu’aucune formation aux métiers de la mer n’existaient, la Martinique a ouvert un collège, et Saint Pierre et Miquelon des filières « Bien sûr c’est insuffisant mais n’oublions pas que l’outremer se tourne vers la mer depuis peu seulement » rappelle Annick Girardin.  Entre temps aussi, les flotilles de pêche ont reçu l’aval de l’Europe pour se moderniser (toujours sur 12m avec un seul moteur,  sauf exception pour les crevettiers en Guyane) et la création d’un fonds de 15M d’euros va être annoncée au prochain colloque de l’AFD (le 11 dec prochain à Paris) « Ce fonds sera consacré à faire  des territoires ultramarins une exemplarité en terme de développement durable » . La ministre peut rappeler qu’avec son idée des cinq Objectifs 5.0, elle avait pris l’initiative de sélectionner au sein des 17 ODD ceux qui pouvaient faire avancer l’outremer. Les financements acquis permettront ainsi de poursuivre la création de modèles exportables en terme de développement durable.

Malheureusement il semble que l’on parle encore beaucoup d’expérimentation outremer en vue d’exportation des modèles, et pas encore suffisamment de consolidation des filières de développement .

Dominique Martin Ferrari