UN pacte pour l’amazonie

09/09/2019 at 17 h 31 min
Un Pacte pour l’Amazonie

Sept Etats du bassin amazonien réunis ce vendredi à Leticia en Colombie se sont entendus pour améliorer la coordination régionale et la prévention des crises environnementales.

Bolivie, Brésil, Colombie, Equateur, Guyana, Pérou et Suriname étaient représentés lors de ce mini-sommet de crise qui s’est tenu vendredi 6 septembre dans la ville de Leticia à l’extrême Sud-Est de la Colombie à la « tri-frontière » avec le Brésil et le Pérou, alors que de gigantesques incendies ravagent actuellement une partie des forêts de l’Amazonie brésilienne et bolivienne.

Les sept Etats amazoniens présents à Leticia ont signé un accord visant à « renforcer la coordination pour la mise en valeur des forêts et de la biodiversité ainsi que pour lutter contre la déforestation » et à cet effet ils sont convenus d’établir « des mécanismes de coopération régionale et d’échange d’informations qui permettent de combattre les activités illégales portant atteinte à la conservation de l’Amazonie ».

Affirmant leur volonté d’améliorer « la participation des peuples indigènes et tribaux et des communautés locales au développement durable » du bassin amazonien, les Etats participants ont annoncé la mise en place d’un « Réseau amazonien de coopération » pour « coordonner et articuler les systèmes nationaux de prévention » des désastres naturels et faire face aux « urgences d’ampleur régionale comme les incendies à grande échelle ».

Si comme l’a souligné le président péruvien Martin Vizcarra l’objectif est de dépasser les accords bilatéraux existant et d’aller « beaucoup plus loin » que les « déclarations de bonne volonté » , la coopération entre Etats bute sur les clivages politiques et idéologiques qui traversent la région.

C’est ainsi qu’outre la Guyane française le Venezuela n’était pas représenté à ce mini-sommet auquel le gouvernement socialiste du président vénézuélien Nicolas Maduro, taxé de dérive autoritaire par la plupart de ses homologues, n’avait pas été invité.

L’autre grand absent était le président brésilien d’extrême-droite Jair Bolsonaro retenu au Brésil pour raisons de santé, dont la politique environnementale accusée de favoriser la déforestation de l’Amazonie et les incendies est très critiquée.

Intervenant par visio-conférence Jair Bolsonaro a réaffirmé sa volonté de défendre la souveraineté de l’Amazonie et de la développer, rejetant la participation de pays tiers à la résolution de la crise environnementale actuelle utilisée selon lui pour nuire à l’image du Brésil et de son gouvernement.

Les sept Etats participant au sommet de Leticia ont toutefois insisté sur l’importance de se mettre d’accord sur des mesures de long terme pour préserver le bassin amazonien et le Pacte pour l’Amazonie signé ce vendredi est un premier pas en ce sens.

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