L’IRD se veut rassurant quant au corail

24/02/2015 at 20 h 05 min

« Les récifs coralliens sont voués à disparition à cause du réchauffement » disait-on. Pas sûr. De récentes recherches prouvent que leur capacité d’adaptation sauvera peut être les grands massifs.

Simplement , « Ils seront bien différent de ce que l’on a connu jusqu’a présent. Une nouvelle faune corallienne règnera, issue des espèces les plus résistantes à la hausse des températures ». (IRD)

Rappelons que le corail est un écosystème des plus important à échelle planétaire

Au-delà de leur valeur écologique, les récifs coralliens représentent un enjeu économique  : près de 500 millions de personnes, principalement au Sud, en dépendent pour la pêche , le tourisme et autres activités qui leur sont liées.

Des travaux de recherche récents révèlent en effet que,  si de nombreuses espèces coralliennes déclinent bel et bien depuis plus de 30 ans, d’autres se maintiennent ou voient même leur abondance augmenter. Certains récifs sont ainsi récemment parvenus à se restaurer. Au cours d’une vaste étude internationale, des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires ont observé depuis une quinzaine d’années l’évolution de l’écologie de sept récifs coralliens à travers le monde : deux dans les Caraïbes, à Belize et dans les îles Vierges américaines, et cinq répartis dans l’océan Indo-Pacifique, au Kenya, à Taïwan, à Hawaii, à Moorea et la Grande Barrière de corail en Australie. Les scientifiques ont ainsi mis en évidence l’extension de certains genres, comme les coraux massifs du nom de Porites, véritables bâtisseurs des récifs, qui résistent bien à la hausse des températures.

corail porites

image d’un porite (ou porites)
corail blanchi
 corail branchu menacé de blanchiment

 Au fur et à mesure que la température des eaux va continuer d’augmenter, un sous ensemble d’espèces « gagnantes » tirera son épingle du jeu : celles qui possèdent la plus grande tolérance thermique, les meilleurs taux de croissance des populations ou la plus grande longévité. Ces espèces devraient progressivement peupler les récifs de la planète, jusqu’à les dominer entièrement. Les paysages sous-marins du futur seront donc très différents de ceux que l’on a connus depuis des millénaires. Il reste cependant beaucoup à découvrir sur cette nouvelle faune corallienne et ses fonctionnalités. Une question demeure en particulier : ces nouveaux écosystèmes continueront-ils à répondre aux besoins des populations qui en dépendent ?

Ici, le film « vie et mort du corail », réalisé par Dominique Martin Ferrari


Par Dominique Martin Ferrari