Nouvelle alerte du collectif préoccupé de la RNL à la Réunion

25/08/2019 at 14 h 26 min

UN RAPPEL DE BON SENS

La super route littoral de la Réunion , la plus chère du monde est inachevée sur 2km7 suite aux actions conduites par les associations de défense de l’environnement.

Bien sûr il n’est pas question pour elles de remettre en question un tel chantier en cours de finition. Mais le collectif communique à nouveau sur ses actions et ses demandes, rappelant ses victoires juridiques et qu’il est seulement question de trancher entre deux choix pour achever la route: soit finir par des piliers/viaduc comme pour l’ensemble de la construction, soit construire une digue pleine, du dernier pilier à la terre ferme.

C’est contre cette dernière solution que le collectif des associations réunionnaises et des scientifiques s’est élevé car la solution de la digue pleine suppose un usage intensif et incroyable de pierre et de matériaux dont l’île dispose désormais avec parcimonie.

Ci dessous le communiqué du Collectif: 

Le Collectif Contre la Digue est une première à la Réunion : l’union des grandes associations environnementales locales autour d’associations et collectifs citoyens pour combattre ensemble le projet scandaleux et destructeur de digue avec laquelle la Région Réunion s’entête à vouloir finir sa NRL (Nouvelle Route du Littoral), la route la plus chère de France. Un choix de digue fait uniquement pour satisfaire lobbies et multinationales attributaires des marchés (l’attribution fin 2013 de marchés liés à sa construction fait l’objet d’une enquête du parquet national financier depuis 2014, pour « corruption, favoritisme et trafic d’influence ») Faisant fi des avis unanimement négatifs de toutes les instances scientifiques consultatives indépendantes (CNPN, Ae, CSRPN).

Une digue de seulement 2,7km de long mais :

  • qui nécessite l’équivalent de 3 pyramides de Khéops en terme de matériaux à jeter à l’eau!
  • qui va saccager plus de 640.000 m2 (!) de nos terres, de nos paysages naturels, donc plus de 64 hectares de zones naturelles (36 ha à Bois Blanc, 9 ha à Bellevue et 19 ha aux Lataniers).
  • qui lancera quotidiennement sur les routes de l’ouest (zone touristique et balnéaire) des milliers de rotations de ces énormes camions bennes, augmentant le risque routier pour des dizaines de milliers d’usagers.
  • Une digue de seulement 2,7km pour laquelle on va défricher, écrabouiller, creuser, casser, dénaturer, piller, écraser, abattre, anéantir, pulvériser, détruire…

Un tronçon de seulement 2,7km qu’on pourrait pourtant finir en viaduc comme les 80% du reste du linéaire qui est déjà quasi finalisé, sans carrière de roches massives, sans saccage disproportionné de nos paysages, de notre biodiversité, sans mise en danger de nos enfants et de nos concitoyens en général.

Première victoire du Collectif Contre la Digue : Dans  une ordonnance du 29 avril dernier, le juge administratif des référés de la Réunion pointe du doigt la négligence de la Région Réunion et de la Préfecture et estime ainsi que « dans sa conception ayant donné lieu à l’acte de déclaration d’utilité publique  du 7 mars 2012 », le projet de NRL « se caractérisait par l’absence d’une réelle réflexion sur les moyens d’approvisionnement (…) pour la partie « digue » (…) alors que nul n’ignorait qu’une telle option était potentiellement moins favorable sur le plan de l’environnement et se heurtait à des difficultés d’approvisionnement prévisibles compte tenu de la quasi-absence de carrières de roches massives à la Réunion. » Plus encore, le juge considère que « le retard susceptible d’être constaté (…) peut être regardé comme principalement imputable au Maître d’ouvrage de l’opération et à l’autorité préfectoralequi ont négligé de lancer en temps utile les procédures (…) permettant de conforter la base juridique de l’une ou l’autre des hypothétiques autorisations d’exploitation de roches massives. » Enfin,  il est remarquable de constater qu’à la fin de son argumentaire sur l’urgence, le juge reconnaît l’intérêt public se rattachant à la nécessité d’une expertise globale (de la partie digue). En effet, il reprend les recommandations du dernier avis du CNPN et notamment la tierce expertise, en indiquant qu’ « il y a lieu d’admettre que la poursuite effrénée du projet de création de carrière (…) sur le site de Ravine du Trou – Bois Blanc, qui rendrait sans objet ce souhait d’expertise, contreviendrait à l’intérêt public se rattachant à la nécessité, à ce stade de l’opération, d’une expertise globale ».

Voici enfin le lien vers 2 vidéos susceptibles de vous intéresser et qui ont été tournées à la fin de la première réunion du Collectif Contre la Digue avec la Région Réunion le 18 février dernier : 

https://www.youtube.com/watch?v=Xil5fdqKiMc

https://www.youtube.com/watch?v=hJNyBwxll1I

Fin du communiqué 

D martin ferrari