Sénat: Biodiversité 2 , arc atlantique, 6 Juin2019, Leonide Celini entomologiste: les fourmis envahissantes

07/06/2019 at 20 h 07 min

Léonide CELINI est docteur en biologie . Elle s’est spécialisée en entomologie et travaille en milieu insulaire . Le 27 Novembre 2014, le docteur Leonide CELINI lance un appel à Nicolas Hulot alors représentant de François Hollande et en voyage en Guadeloupe « Nos recherche sont été interrompues faute d e moyens financiers . Il est impératif de poursuivre ces travaux de recherche afin de valider leur efficacité au cours du temps pour le smettre à la disposition de la population. «  Opération qu’elle n’hésite pas à lancer avec le Docteur Jacquet président de SoléO-écosolutions ,créée en novembre 2016. une première levée de fond pour accélérer son développement. En quelques mois, l’efficacité du traitement sur la fourmi manioc par des essais sur le terrain a été démontrée: 80% des nids traités contrôlés après 3 mois. Lauréate de la Green Tech Verte, SoléO-écosolutions bénéficie d’un environnement très favorable pour son développement tant technique que commercial. Aujourd’hui , les initiateurs se lancés dans une opération de financement participatif en partenariat avec la plateforme internet Wiseed

INTERVENTION:

Depuis plusieurs années, l’archipel de Guadeloupe (69 707 ha), réserve de la Biosphère (label UNESCO) est confronté à des problèmes d’espèces invasives renforcés par le caractère insulaire.

Ces espèces invasives- fourmis et termites- se retrouvent sur l’ile de Saint Barthelemy où reprend l’inventaire de la biodiversité en lien avec le Museum, l’académie de Créteil et le Brésil. Dix neuf fourmis sont classées par l’UICN comme particulièrement dangereuses et sept de ces espèces s e retrouvent à Saint Barth. Elles piquent détruisent sont même responsables de la mort de 180 personnes aux Etats Unis. Parmi les 7 espèces d’arthropodes envahissantes, la fourmi manioc de son nom latin Acromyrmex octospinosus est une fourmi champignonniste, qui ne peut vivre qu’en symbiose avec un champignon. Elle est considérée en Guadeloupe comme l’espèce la plus préoccupante en raison des ravages qu’elle occasionne dans les cultures, à la biodiversité végétale forestière, et depuis quelques temps en milieu urbain.

Que fait elle et d’où vient elle ?

La fourmi manioc a été introduite accidentellement dans l’île de Guadeloupe à l’occasion d’importations de végétaux. Observée pour la première fois en 1954 dans la commune de Morne à L’eau, au Centre Ouest de la Guadeloupe, elle se répand progressivement , touchant en dernier l’extrémité Sud de la Basse Terre . Elle y reste cependant encore peu présente, sans doute en raison des conditions climatiques qui ne lui sont pas très favorables.

C’est une fourmi défoliatrice, découpeuse de feuilles, fleurs, fruits. Elle s’attaque à des cultures vivrières, fruitières, maraîchères, ornementales. Certaines plantes peuvent être complètement défoliées et finissent par mourir. Les dégâts peuvent représenter 20 à 30% de la production de certaines cultures. Dans les massifs forestiers, elle s’attaque aux fougères arborescentes du genre Cyathea et à certaines essences forestières comme le Mahogany.

On tente de s’en débarasser

Dès la fin des années 50, la lutte pour l’éradiquer commence, essentiellement chimique : Après le Lindane, L’aldrine, le Mirex 450 R » (`0,45 % de perchlordecone), interdits à cause de leur dangerosité pour l’homme et l’environnement (rémanence, bioaccumulation).

A partir de 2003, on utilise le BLITZ (Fipronil à 0,03 g/kg (Imidaclopride). Dès 2007, on le déconseille fortement. En 2012, l’Union Européenne l’interdit totalement en raison de son trop large spectre d’action sur les insectes, notamment sur les abeilles.

Aucun moyen de lutte disponible sur le marché

Dès lors, il s’avére nécessaire de mettre en place une nouvelle méthode de lutte qui soit efficace, plus respectueuse de notre santé, de notre environnement et qui s’intègre dans un schéma de développement durable de notre région.

En tant qu’entomologiste, nous initions un projet de recherche pour développer une méthode de lutte avec l’équipe de recherche IEES-Paris (Université Paris Est Créteil°) dirigée par le Professeur Mora, et en partenariat avec la FREDON Guadeloupe et l’Université des Antilles.

La méthode va d’abord tenir compte de certains traits biologiques de la fourmi : Elle vit en colonie dans des nids souterrains ou fourmilières. On y trouve la reine, des ouvrières stériles, le couvain (œufs, larves), des nymphes et à certaines périodes de l’année des adultes ailés sexués responsables de la dispersion de l’espèce lors de vols d’essaimage. La fourmi cultive au sein de la fourmilière un champignon (Leucocoprinea) sur des résidus de végétaux collectés par ces ouvrières dans la nature. Le champignon sert à nourrir la reine, les larves et les ouvrières.

Dominique Martin Ferrari