BIODIVERSITE , vers la refonte du concept ? 

11/05/2019 at 10 h 17 min

Il y a une trentaine d’années, le concept de diversité biologique a mené à celui de biodiversité. Partant d’une assise biologique, notamment génétique, l’apport de l’écologie permit alors d’intégrer les interactions des êtres vivants entre eux et avec le milieu physique dans lesquels ils étaient plongés. La notion d’écosystème en dériva.    Puis  ce fût la prise en compte des relations entre cette catégorie particulière constituée des humains et de leurs sociétés avec les autres habitants de la planète qui aboutit à la conception actuelle de la biodiversité.

–       Au moins provisoirement car au cœur de ces réflexions mouvantes,  au moment où nous arrivons à la veille de l’ouverture de la rencontre de l’IPBES du 29 Avril 2019 (à suivre éléments de langage échangés durant la nuit de la biodiversité le 26 Avril à la Maison des Océans organisée par la FRB et l’AFB)  deux positions se font jour que l’IPBES va tenter de rapprocher :

–       – les radicaux : ils constatent l ‘effondrement permanent, parlent de la 6° extinction, de la disparition des espèces que nous n’avons même pas eu le temps de découvrir et de l’impact sur les sociétés humaines ; Ils annoncent la fin de ce monde qui repose sur la biodiversité. Très pessimistes et un tantinet désabusés des promesses passées, des engagements pris et non respectés, ils restent très environnementalistes , soucieux de contenir l’homme dans ses limites, et avides de faire appliquer les mesures de conservation existantes

–       – Les transitionnistes : ils ne remettent pas en question l’effondrement, n’ont pas d’attitude de déni face à l’hécatombe mais retrouve l’humilité d’un vivant parmi les vivants. Si l’homme est incapable de choisir  entre l’économie et la protection, d’équilibrer ce qu’il nomme le développement durable, alors il doit regarder en face ce qui arrive et être capable de s’adapter, comme les autres espèces.

–       Constat : Au delà du débat scientifique pur (biologie, conservation) doit se développer un constat éthique et philosophique. C’est en tout cas ce que propose François Sarrazin (MNHN) président de la commission  scientifique de l’IPBES « La masse disparaît sans que nous le sachions. Quelles valeurs mobilisent- on pour savoir où nous voulons aller avec le reste du vivant ? Peut-on tenter de se préoccuper de la biodiversité au delà de ce qu’elle représente pour nous ? Comment nous en préoccuper au delà de nos intérêts ? (c a d protéger une espèce parce que nous en avons besoin, parce que c’est beau, parce qu’elle représente notre histoire, notre patrimoine, notre identité….) ».

–       Pour l’instant les nouvelles technologies (banque de gènes, cryogénie, réimplantation…) essaient de ne pas choisir, de conserver la maximum ,  afin de garder à la conservation de la capacité de temps long (mais c’est s’abstraire du fait que nous ne connaissons pas encore tout, ou de l’évolution que nous ne pouvons maitriser…)

–       Pour répondre aux politiques, les chercheurs devront être attentifs à ces différentes approches.

–        D’autant que le constat est clair sur un point : «  nous avons à la barre un monde politique qui n’a pas été pensé pour répondre à ces questions là ». : Comprendrait on qu’à l’entrée dans un nouveau monde, on laisse fuir ou on garde la volonté de maitriser la transition ? Et à tous ceux qui disent c’est impossible, la science peut prouver qu’elle a parfois réussi : soit par une volonté politique peu démocratique (cf le nucléaire) soit au contraire comme l’a explique Hervé Le Treut en mettant tout les interessés autour d’une table, en prenant le temps de former (avec l’aide des experts) de discuter et de décider « Il y a beaucoup d’étages dons notre démocratie et si on veut traiter de problèmes complexes, il faut faire fonctionner cette démocratie » Ce qui a entrainé un débat sur la dernière proposition du Président Macron à savoir la création d’un Conseil de défense écologique : « Pourquoi pas, si cela oblige les ministères à agir de manière systémique » ou « A quoi bon : nous avons des articles constitutionnels, nous avions un Conseil du développement durable qui devait servir à cela : en vain ».Ce qui semble marcher: le rôle du consom’acteur dans          l’alimentation (proximité, bio= lutte contre la bétonisation et les  pesticides); la bataille contre le plastique; la mobilisation en cours sur   les modifications comptables: intégrer la destruction dans les masses

Ce qui bloque encore: La suppression des subventions toxiques à l’agriculture et à la pêche, l’internalisation . Point sur l’internalisation au Grand rendez vous du 30 septembre à l’initiative des Générations Futures.

La nuit de la biodiversité est une belle réussite.

Nous passons sous silence tout le travail d’invention et de participation des étudiants: les ateliers participatifs de créations, le débat flash…Mais nous aurons l’occasion d’y revenir puisque ce travail va se poursuivre toute l’année et sera partagé par de nombreux festivals (films, photos,  bd….)

 

Dominique Martin Ferrari

journaliste/réalisatrice

dmf@gaia-network.com

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