Bientôt des lycées maritimes outre mer

04/03/2019 at 9 h 17 min

Lors de notre colloque du 7 février 2018 , « vivre avec la mer » Annick Girardin l’avait promis : Une politique maritime ambitieuse ne peut qu’être durable.Cela passe bien sûr par la protection des milieux mais aussi, «Par la création de l’activité dans les outre-mer et la possibilité d’offrir des perspectives à la jeunesse (…) Notre retard en la matière est significatif : sur les 11 lycées maritimes français, aucun ne se trouve en outre-mer. (…) Pour sensibiliser les générations futures, j’ai souhaité que soient expérimentées des «sections maritimes » sur le modèle des «sections européennes» dans les lycées généraux (…). La formation est essentielle : comment mieux faire connaître les métiers de la mer à nos jeunes qui souhaitent rester ou revenir dans nos territoires et qui connaissent très peu ces métiers? Bien qu’insulaires, nombre d’entre eux tournent le dos à la mer, comme dans l’hexagone.»

La promesse est désormais en cours de formalisation via le dernier comité interministériel , comme le signale ce jour nos confrères Eric STIMPFLING et Raphaël ORTSCHEIDT dans  Le Marin:

« Chaque territoire ultramarin devrait prochainement accueillir un lycée maritime. Cette annonce ministérielle pourrait, en réalité, se traduire par plusieurs formes d’enseignement. À l’issue du premier comité interministériel des outre-mer, le 22 février, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation, a annoncé le lancement de lycées de la mer dans chacune des collectivités d’outre-mer d’ici à la fin du quinquennat. Une annonce saluée par Ary Chalus, président de la région Guadeloupe, qui travaille depuis des mois sur un projet de structure de formation aux métiers de la mer. Elle devrait être installée dans le collège de Terre-de-Bas dans l’archipel des Saintes. En Martinique, le futur Institut de l’économie bleutée et de la mer (IEBM) sera multi sectoriel avec une ouverture sur la Caraïbe, notamment sur les enjeux logistiques. Il devrait chapeauter l’offre de formation maritime du lycée professionnel Raymond Neris du Marin (bac pro maintenance nautique et CAP réparation et entretien des embarcations de plaisance) et du lycée technique agricole du Robert (aquaculture).En Guyane, à défaut d’un lycée, les premières mesures consisteraient à donner une « coloration maritime à plusieurs formations ».À La Réunion, à la prochaine rentrée scolaire, une première classe devrait être hébergée dans un lycée professionnel de la commune du Port : un BTS technico-commercial option nautisme et services associés, suivi en 2020 d’un CAP matelot. » 

LE 7 FEVRIER 2018, Annick Girardin déclarait aussi (voir p 3 du N°3 de la revue l’outremer en métamorphose encore en vente enmetamorphose@gmail.com): « Je suis heureuse de voir la mer devenir un grand problème pour la France. » «  j’y crois , cela vire même chez moi à l’obsession (…) La mer c’est mon ADN, les outremers, excusez moi de le rappeler, ne sont que des terres émergées »,  ajoutant que l’Outremer était la pierre angulaire du développement maritime et qu’elle, en tant que Ministre,  avait fait partie de ceux qui étaient partisans d’un grand ministère de la mer . »La mer a fondé mon identité personnelle et politique : je viens d’un archipel totalement dépendant des activités maritimes, je suis fille de marin. Avant d’être ministre, mes activités de députée ont été essentiellement tournées vers les questions maritimes. Dès cette époque, j’ai porté l’ambition d’un portefeuille ministériel réunissant la mer et les outre-mer….L’économie bleue dans les outre-mer représente déjà un poids conséquent. Vous le savez, la France dispose du deuxième domaine maritime du monde (11 millions de km2), juste derrière les Etats-Unis, et ce grâce aux outre-mer. C’est un atout géopolitique et économique majeur. L’enjeu pour la France est d’en exploiter les ressources de manière durable tout en faisant respecter sa souveraineté dans sa zone économique exclusive. La stratégie nationale pour la mer et le littoral de février 2017 a définit 4 objectifs : transition écologique, développement de l’économie bleue, préservation d’un littoral attractif et rayonnement de la France. Ces objectifs sont d’ailleurs en cohérence avec la stratégie de l’Union européenne engagée en 2012 sur la croissance bleue. »

Propos recueillis par D Martin Ferrari