75 ans de l’IRD, 75 ans au service du bien commun

26/02/2019 at 10 h 25 min

75 ans de l’IRD : Depuis sa création l’IRD défriche la recherche pour le développement : climat, santé, migrations… autant de thèmes qui ont conduit aux connaissances actuelles. Annick Girardin s’en est félicité et a re présenté à cette occasion son programme 5.0

Ce 22 Février au musée du Quai Branly , la crème de la recherche était rassemblée pour fêter les 75 ans de l’iRD. Trois grands moments devaient consacrer et rappeler l’histoire singulière de cette structure publique interdisciplinaire qui dès 1944 accompagnait la France encore coloniale dans ses champs de recherches . Retenues par une interministerielle à Matignon, Annick Girardin, ministre de l’outremer  et Agnes vidal, ministre d ela Recherche  ne sont intervenues qu’en soirée laissant place libre à Jean Paul Moatti pdg de l’illustre structure et aux chercheurs concernés qui tous ont insisté sur  la caractéristique de l’iRD « sa capacité à travailler avec les partenaires du sud que le mouvement des indépendances n’a pas interrompu ». Botanique, hydrologie, pédologie, agronomie…autant de champs de compétences soumis aux  chercheurs de l’ORSC devenue ORSTOM puis IRD.

Un module fût consacré à la santé soulignant comment les inventaires d’entomologie avaient rapidement conduit la coopération scientifique à une connaissance d’excellence sur le paludisme et aux premières victoires de soins et de préventions pour les populations locales notamment avec la distribution des moustiquaires imprégnées . Puis ce fût la lutte intégrée contre l’onchocercose « avec 13 millions d’enfants protégés et 15M d’ha de terres abandonnées redonnées à la culture« . Entre temps , le patcpeanuts sauvait des millions d’enfants de la malnutrition et les recherches avançaient sur le sida et l’accès aux antiretroviraux. « Rien n’a pu se faire sans une collaboration étroite avec les scientifiques de ces pays et en lien avec les populations locales »

Plus près de nous ce sont les travaux sur les avancées climatiques qu’Hervé Le Treut, climatologue et membre du GIEC nous a présenté Ne se contentant pas de revenir sur les acquis, H Le Treut a insisté sur le rôle nouveau de la science « Nous avons besoin de développer des axes scientifiques nouveaux. Nous sommes désormais face à des systèmes qui nous obligent à évoluer dans la globalité, on va être obligé de considérer ce qui se passe au niveau des gens, de promouvoir de faire connaitre les études …Nous ne sommes plus seuls tranquillement dans nos labos . On est aujourd’hui dans une phase plus avancée. cela ne suffit plus de parler, on va être obligé de comparer, de choisir, de faire des arbitrages, de communiquer aux décideurs…Nous devons être capables de traduire la science que nous allons construire, de sortir du labo avec les sciences sociales et de passer à une nouvelle philosophie de base du développement, à un  nouvel esprit critique..Ce que fait le GIEC »                                          Propos relayés par Gilles Boeuf « il n’y aura pas de résilience possible si nous avons tout détruit« .

Les représentants africains regrettent que ces idées ne soient pas encore intégrées sur leur continent « on construit des villes, des cimenteries sans y penser ..Les financiers ont encore des démarches rétrogrades…Or le changement climatique impose une nouvelle façon de se développer » Et l’Europe reste pour tous  un interlocuteur de première main à condition de la voir passer de son rôle d’Europe dominatrice à son rôle d’Europe innovante, de faire passer les idées justes par d’autres termes et d’autres manières de faire ensemble. » Il y a encore beaucoup de batailles à gagner, soulignait JP Moatti. Celles des ODD par exemple, celle des publications, l’opportunité de la recomposition du fond mondial où parfois l’argent est fléché vers de mauvaises causes » Pour l’instant l’Afrique ne draine que 2% de la richesse mondiale en termes de recherches et celles ci sont encore trop souvent commanditées par Bruxelles. L’investigation locale doit se développer or Bercy ne reconnait pas encore le fait que l’instigateur d’une recherche soit africain.

Annick Girardin ministre d el’outremer aprés avoir rappelé son attachement à la francophonie puis son travail en tant que ministre d ela fonction publique s’est félicité du travail mené par l’iRD « avec et pour les outremers qui gardent encore les traces de l’histoire » L’application des ODD pourrait permettre aux outremers d’être pionniers en matière de dd « mais la communication autour des 17 ODD est difficile et certains d’entre eux sont mêmes contradictoires. Il nous faut lever les incohérences et les adapter aux défis généraux de l’outremer pour qu’on puisse s’en saisir aisément. » La ministre a profité de cette enceinte pour rappeler ses cinq défis: « zero déchets, zéro carbone, zero intrants, zero exclusion, zero vulnérabilité  » à horizon 2030 , gagnant ainsi plus de résilience aux risques naturels et promettant un lancement de ces enjeux à partir d’Avril prochain, chacun faisant l’objet dans sa déclinaison d’un événement.

D Martin Ferrari