salon de l’agriculture, Tonalité

26/02/2019 at 10 h 19 min

 

DMF

Pendant douze heures à la rencontre des agriculteurs, Emmanuel Macron a pris un bain de foule géant sans jet d’œuf ou d’insultes. Face à quelques désespoirs il a lancé ses encouragements « on ne lâche rien » Sur le stand du ministère  on pouvait lire cette inscription :   « ensemble contre l’agri-bashing », comment l’interpréter? Cela signifierait il que l’agro business se sent menacée? Que les agriculteurs en ont marre d’être accusés par les consommateurs ?

En pleine négociations de la pAC 2020 les couteaux sont tirés. La situation difficile des petits agriculteurs ne peut perdurer et la volonté des consommateurs de manger plus sain et mieux s’affirme . Parallèlement se développent des mouvements : vegans, confort de animaux, suppression des intrants… autant de nouvelles orientations qui viennent contredire les principes d’une agriculture expansionniste, productiviste . Il est alors facile à Christiane Lambert (FNSEA) de se sentir persécutée et victime de « bashing ». Lequel ? Celui qui veut une agriculture responsable ?                                                                                   Ceux qui réclament une agriculture respectueuse de l’environnement aiment non seulement l’agriculture mais aussi leurs territoires.   Christiane Lambert défend toujours les pesticides , attend encore « des preuves scientifiques de la dangerosité du glyphosate » et demande du temps » Pour faire évoluer les pratiques ».

Une agriculture à deux vitesses serait-elle possible?« Une part significative de la PAC » devrait « être consacrée à l’environnement », a estimé M. Macron, alors  que le scrutin des européennes se rapproche (du 23 au 26 mai). Le président manie à merveille son fameux « en même temps« ,  rappelant  l’existence de la nouvelle loi alimentation pour équilibrer les marges.  Car si les agriculteurs français attendent beaucoup de la Pac, ils ont aussi des demandes immédiates : vendre leurs produits à des prix qui leur permettent de vivre, et voir les investissements dans le bio, de plus en plus réclamé par les consommateurs, enfin renumérés  « Je n’ignore rien des difficultés du quotidien » des agriculteurs, « néanmoins je constate avec vous que parce qu’il y a eu une mobilisation collective (…) les choses sont en train de s’améliorer », a affirmé Emmanuel Macron dans son discours devant les étudiants . Il a défendu « la force du modèle français » et a plaidé  pour une PAC « réinventée », seule capable de garantir aux consommateurs européens « une alimentation accessible et de qualité ». revendiquant une « souveraineté alimentaire, environnementale et industrielle » du continent européen, formule bateau s’il en est.

Pourrait elle être fondée sur une transition agro-écologique? De José Bové à Yannick Jadot on l’espère, mais reste les contradictions comme celle de la signature du CETA et EELV de rappeler comme l’avait fait le ministre Nicolas Hulot que les assises de l’alimentation n’ont pas eu lieu laissant trop de place à celles de l’agriculture.

D Martin Ferrari