Le SWAC au CHU de St Pierre et peut être demain l ’ETM à la Réunion

18/02/2019 at 21 h 10 min

Le SWAC (Sea Water Air Conditioning) est un système qui a de l’avenir à condition d’en dépasser les coûts d’installation. Mais il a l’avantage par rapport à de nombreuses énergies maritimes de fonctionner en conditions réelles.

L’aventure a commencé en 2006 en Polynésie à l’hôtel de luxe de Bora bora financé par Marlon Brando. Puis ce fût l’hôpital de Papeete. Après de sombres remous administratifs, et plusieurs appels d’offre la première tranche de travaux est prévue pour février 2019.

A La Réunion, le Swac devait être opérationnel en 2017. GDF Suez Energie s’y intéressait pour Saint Denis , mais finalement c’est au CHU de Saint Pierre, un des établissements hospitaliers les plus endettés de France, que l’expérience va voir le jour soutenu par EDF et l’ADEME . Et 2019 le verra sans doute éclore.

Le process est assez simple, des pompes remontent l’eau de mer qui circule et rafraichit les bâtiments permettant d’économiser entre 75 et 90% de consommation électrique par rapport à un système de climatisation classique, et ce, en continu, 7 jours sur 7. Pour cela, il faut une profondeur importante afin d’ obtenir un gradient de température d’au moins 20 à 25° entre la profondeur et la surface.

Le système est simple apparemment. Mais la difficulté repose sur la maitrise du circuit, sur la solidité des tuyauteries en eau profonde, à leur capacité à résister aux attaques cycloniques, et aux conditions environnementales de rejets à une profondeur adaptée. Pour maitriser ces questions de mieux en mieux connues, les entreprises se rapprochent.

Autre pari réunionnais : l’ETM , l’énergie thermique des mers

En dehors des parcs éoliens flottants que l’on classe désormais dans les EMR (énergies marines renouvelables), les technologies marines sont encore très couteuses et peu installées. Et pourtant elles ont de l’avenir et pourraient fonctionner sur tous les tombants tropicaux et équatoriaux si la recherche en restait financée. Ainsi l’expérience conduite en Martinique, en situation, pour le projet Nemo s’est arrêtée faute de financements. https://www.dailymotion.com/video/x2yn9h4 (vidéo tournée en 2014)

A La Réunion, on continue d’y croire, et à Saint Pierre les tests se poursuivent sur un prototype à terre. Une collaboration régionale s’est instaurée entre Naval Energie (anciennement DCNS) et l’IUT voisin depuis 2012. Le projet peut ainsi bénéficier de l’aide internationale grâce au volet formation.

 

dMF

L’IUT y gagne en notoriété européenne et mondiale. Les étudiants sont sensibilisés aux ETM et aux contraintes réglementaires. 8 ans de partenariat ont conduit à la construction du prototype expérimental (PAT ETM) et « c’est un vrai plaisir de travailler avec cet outil » déclare Victor Bouissou Thomas, (Naval Energie) .

IL y a encore beaucoup à faire avant de passer à une phase de développement. Malgré les difficultés de manipulations, l’ammoniac reste le fluide principal même si l’on teste des fluides de travail moins dangereux et moins problématiques pour l’environnement.

A 300 euros du kwh, Naval énergie ne compte pas seulement sur la production d’ électricité de la centrale mais travaille aux différentes « briques » qui pourraient permettre de rentabiliser le projet. Les EMR vivent à 50% des aides internationales et dans le secteur la concurrence est forte. Selon le GICAN, les réunions d’industriels compétents n’ont pas été assez nombreuses et la stratégie avec le CORIMER (Conseil de la recherche et de l’innovation des industriels de la mer) est  mal définie. L’important pour les EMR reste de poursuivre la Recherche et développement (RetD) Les enjeux globaux dépassent encore chaque entreprise. Il faut parvenir à une connexion de plusieurs segments, à une interconnexion. Jusqu’à présent aucune « globalisation » n’a jamais été réalisée prouvant un quelconque avenir économique. Mais Naval Energie s’y emploie. Le projet pourrait  voir le jour sur le futur éco port , sur le littoral de Bois Rouge au Nord est de Saint Denis, un nouveau projet pharaonique comme la Réunion en a le secret. Là, la turbine pourrait alimenter un data center, réutiliser l’eau froide issue de la production d’électricité pour élever des ormeaux, car l’eau de profondeur est riche en nutriments, utiliser l’eau de sortie froide pour rafraichir des bâtiments, en deux mots optimiser par un tas d’usages le groupe thermique En lien avec Albioma, Naval Energie est prêt à poursuivre la recherche.

Il y en a encore pour quelques années…..

Dominique Martin Ferrari