La Planète revisitée

31/01/2015 at 20 h 09 min

28 Janvier : l’amphi du Museum d’histoire Naturelle à Paris  est à nouveau rempli par les passionnés. Au cours de ces 20 dernières années, les scientifiques ont pris conscience de l’immensité de la biodiversité. Il reste sans doute entre 5 et 10 millions d’espèces à découvrir, dont beaucoup sont en voie d’extinction. Après la Papouasie Nouvelle Guinée, Madagascar  et les Vanuatu,  l’expédition « la planète revisitée » ouvre un nouveau grand programme. Cette fois cap sur la Guyane .

« La Planète Revisitée» a choisi de consacrer ses recherches à la biodiversité «négligée» (champignon, insecte, échinodermes…) qui représente 95 % de la biodiversité. Ainsi, on estime  que les 70 458 espèces recensées en Outre-mer ne représentent que 10% des espèces supposées présentes.

La prospection marine : Juillet à Octobre 2014

Une exploration de la zone côtière a déjà eu lieu, et la nouvelle expédition lancée  par le Muséum national d’histoire naturelle avec l’association Pro-Natura International va se poursuivre dans la forêt guyanaise. L’inventaire côtier a été mené en urgence, puisque les pétroliers avaient lancé leurs recherches pétrolières sans laisser aux écologistes et pêcheurs le temps d’une véritable étude d’impact. Deux zones ont été explorées : la haute mer , le plateau continental, et un volet côtier sur l’archipel des îles du Salut.. Le résultat est aussi fabuleux que pour les précédentes expéditions : on double, triple, voire décuple, la récolte de certains groupes comme les éponges, les ascidies et les hydraires. Un inventaire si riche, qu’il va désormais servir de référence régionale,  faisant du plateau de Guyane Française la région la mieux échantillonnée de toute la région des Guyanes. La Haute mer explorée dans la zone exclusive maritime a livré des trésors : On connaissait de Guyane 57 espèces de crustacés décapodes (crabes, crevettes) et une vingtaine d’espèces d’échinodermes (oursins, étoiles); l’expédition en a échantillonné respectivement 180 et 115 ! Sur la côte, l’eau est turbide et dessalée, soumise à l’influence de l’Amazone, ce qui explique la faible diversité des habitats et des espèces. Au total, l’ inventaire côtier a permis de collecter environ 400 espèces d’algues et d’invertébrés. Un atelier de tri des spécimens marins récoltés aura lieu en février 2015 à Besse en Auvergne. Une convention APA (accès aux ressources et Partage des Avantages (APA) permettra la restitution collection représentative de faune et de flore, ainsi que de l’ensemble des données à la région Guyane.

L’expédition terrestre  débute

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Elle vise le Grand Sud guyanais, le massif du Mitaraka, dans les monts Tumuc-Humac, près de la frontière brésilienne sur 10km2 de forêt. Une récente synthèse met en évidence que le taux d’espèces d’insectes à découvrir en Guyane est de 80 à 90 %, avec environ 18 000 espèces recensées contre 100 000 attendues. Le terrain d’étude n’est accessible que par hélicoptère et 5 tonnes de matériel ont été déposées afin de permettre aux deux équipes de travailler et de vivre sur place. Sur le terrain, les méthodes “classiques” de piégeage seront déployées : pièges d’interception (vitres, pièges Malaise), pièges attractifs (lumineux), chasse à vue …

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Au-delà des insectes, la cinquantaine de chercheurs comptent bien également étudier les champignons, la flore, les serpents…


Par Dominique Martin Ferrari