TRANSITION AGROECOLOGIQUE

13/02/2019 at 10 h 21 min

Succédant aux assises européennes de l’énergie devenues passage obligé, la volonté de voir éclore une transition agro écologique et de l’alimentation durable s’est dessiné les 5 et 6 février derniers à Montpellier.

Trois régions ultramarines y assistaient : la Guadeloupe, la Martinique et Mayotte. Jules OTTO, représentant de la délégation Guadeloupe, directeur du CNFPT(centre national de la Fonction Publique Territoriale) nous a donné son avis :

Ces assises revêtaient un bon format entre plénières et ateliers. Les initiatives d’animation seront très utiles, très pédagogiques dans le cadre de la formation de nos agents. Construire une politique alimentaire sur nos territoires est absolument indispensable, et les assises de 2018 n’ont pas assez pris en compte les questions de santé dont nous sommes victimes : cancers de la prostate, diabète, obésité…Notre manière de produire est à revoir et ce que nous avons entendu ici est très important. Nous devons nous tourner à nouveau vers les produits locaux, sains et non des produits importés. Il est impensable par exemple de devoir importer en Caraïbes de la farine de manioc ou de la groseille! La demande des citoyens pour des marchés de proximité est très forte. Dans nos territoires, il y a matière à travailler sur une politique agroalimentaire respectueuse de nos paysages et une politique éducative. Je retiens de ces assises les moyens de faire dialoguer les acteurs privés et publics, de la chambre d’agriculture à la cantine scolaire, à monter des cahiers des charges, d’apprendre tout simplement à mieux se connaître, à faire se rencontrer les gens »

Retour sur les premières assises à Montpellier

Cette Première marque comme leurs sœurs ainées de l’energie, le début de ce qui se veut une longue marche répétée tous les deux ans et de retour à Montpellier en 2023.

Mais dès 2019 Montpellier accueillera les 7 et 8 Octobre le Pacte de Milan, des centaines de villes du monde engagées pour plus de bio et plus de local, passant par une reconquête du foncier pour l’agriculture. Après une réflexion sur la gouvernance, puis sur les transports, les gouvernements locaux s’intéresse de plus en plus à l’alimentation et à comment mieux mailler la ville avec ses interlands ruraux . « C’est au niveau local que l’on peut voir plus loin que le niveau national »ont rappelé nombre d’intervenants. Le président actuel de la FAO , le brésilien José Graziano da Silva a d’ailleurs voulu avant son départ inscrire l’agro écologie durablement à l’agenda de la FAO

 Contre le low cost

Tandis que le sénateur du Morbihan Joël Labbé dénonçait le poids des lobbies, rappelant que Nicolas Hulot avait été écarté des Etats généraux de l’alimentation (1° semestre 2018), l’intervention d’Olivier de Schutter, ancien rapporteur spécial auprès des Nations Unies rencontrait le succès attendu dans un plaidoyer contre l’économie alimentaire low cost, n’hésitant pas à dénoncer « ces lois sur les surplus alimentaires distribués certes, mais ne remettant pas en cause une politique productiviste ».

Il faut revenir sur les mauvais choix faits il y a cinquante ans. Il a souligné de nombreuses initiatives dans le monde que le Pacte de Milan pourra mettre en avant.

Une politique « coupole »

L ‘Europe réclame une « coupole » : une coordination intersectorielle (une stratégie systémique, une politique alimentaire intégrée); des démarches territoriales soutenues au niveau national ; politique alimentaire urbaine intégrant les contraintes énergétiques ; une politique qui survive aux rythmes électoraux ; une stratégie de long terme… « Une vision ne sert à rien si elle n’intègre pas un plan d’avenir »

Dans le prochain SCOT montpelliérain voté en 2019, « 70% des terres seront classées inconstructibles. Cela représente 400 hectares

D Martin Ferrari