IFREMER se lance à l’assaut de l’océan

09/02/2019 at 16 h 06 min

L’Ifremer vient de changer de direction et s’est donné un nouveau challenge sur le plan scientifique.

Heureusement, car la visite de certaines station ultramarine peut être décevante . Ainsi à la Réunion alors que l’océan indien regorge d’enjeux géopolitiques (TAAF) et de problèmes de pêche, les liens entre le Museum d’Histoire Naturelle et la station marine ne semblent pas réellement tissés. Au Port, on ne s’ occupe encore que des tortues et des grands pélagiques . Peut être les choses sont elles entrain de changer avec ces annonces: http://www.flotteoceanographique.fr/ 

Communiqué: 

Depuis 2018, la Flotte Océanographique Française est une très grande infrastructure de recherche opérée par l’Ifremer pour le compte de l’ensemble de la communauté scientifique française. Elle met à disposition des chercheurs en sciences et technologies marines les moyens nécessaires à la réalisation de leurs campagnes.

A ce titre, elle dispose de 4 navires hauturiers qui peuvent être déployés sur tous les océans, de 6 navires côtiers opérant en métropole et outre-mer et de 7 navires de station. Elle est également équipée d’engins sous-marins, comme le ROV Victor6000, de systèmes mobiles comme les sismiques qui permettent de visualiser les structures géologiques, ou encore le système Penfeld qui peut mesurer des paramètres du sous-sol sous-marin.

La flotte est utilisée prioritairement pour effectuer des recherches scientifiques. Elle joue aussi un rôle important dans la réalisation des missions d’un grand nombre de services nationaux d’observation (comme Pirata, voir suite) et dans les activités d’enseignement dispensées par une bonne douzaine d’universités.  Répondant également à des besoins de surveillance, d’expertise ou de missions de service public pour le compte de l’Etat, elle est par ailleurs régulièrement sollicitée dans le cadre de partenariats recherche-industrie avec le monde socio-économique.

Flotte hauturière : les grands fonds du Pacifique à l’honneur avec L’Atalante

Pour la flotte hauturière, on peut retenir la série de campagnes sur les grands fonds programmée sur L’Atalante dans le Pacifique. La série commencera à Nouméa par une première campagne appelée Chubacarc se déroulant de fin mars à juin. Coordonnée par des chercheurs de la station biologique de Roscoff (CNRS), elle permettra de sillonner l’arrière-arc du Pacifique Ouest jusqu’à Wallis et Futuna, l’objectif étant d’étudier les espèces qui ont colonisé la dorsale océanique. Le déplacement de L’Atalante se poursuivra en septembre-octobre avec la campagne Kanadeep, conduite par le Museum National d’Histoire Naturelle, qui explorera là aussi la biodiversité profonde de manière plus ciblée sur les eaux territoriales de Nouvelle-Calédonie. La série se terminera de novembre à décembre avec la campagne nommée Tonga conduite par le CNRS dans le Pacifique Sud, afin d’étudier le panache hydrothermal de l’arc volcanique de l’archipel Tonga, à l’est des îles Fidji.

Le Pourquoi pas ?, autre grand navire de la Flotte océanographique française, sera également mobilisé sur la thématique des grands fonds avec notamment la campagne Momarsat en juin, afin de suivre un observatoire scientifique situé sur la dorsale atlantique au large des Açores.

L’activité scientifique du Marion Dufresne se concentrera sur le début d’année dans l’océan austral avec la campagne d’observation Obs-austral, puis entre fin février et début mars avec la campagne de carottage long Crotale, dont les sites sont situés près de l’île de Crozet.

Thalassa reste quant à lui occupé une grande partie de l’année sur les campagnes récurrentes d’évaluation halieutique, pour le suivi des espèces sur la façade atlantique, la Manche et la mer du Nord, avec une incursion en Méditerranée durant l’été, et sur les campagnes du service Pirata d’observation de la variabilité tropicale.

Flotte côtière : depuis le maërl breton jusqu’aux monts sous-marins en Nouvelle-Calédonie

La flotte côtière travaille sur le littoral métropolitain avec des navires comme L’Europe en Méditerranée et le Téthys, le Thalia ou le Côtes de la Manche en Atlantique et en Manche. Pour l’outre-mer, on peut citer l’Alis en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie. L’Antea commencera en Méditerranée et finira l’année sur la zone Antilles-Guyane.

Les campagnes ont des enjeux scientifiques très variés. Mentionnons, par exemple, une campagne sur le maërl en Bretagne, ce dépôt de débris d’algues qui sera étudié comme indicateur des climats passés : c’est la campagne Pepite, coordonnée par l’Ifremer, qui se déroulera au printemps sur l’Haliotis et le Thalia. La campagne Caladu, conduite également par l’Ifremer, sur le canyon méditerranéen au large de Perpignan, étudiera la biodiversité grâce à des vidéos à haute résolution prises par le robot sous-marin Ariane. Jericobent, campagne coordonnée par le CNRS sur le Côtes de la Manche, permettra de comprendre les effets des apports en matières organiques de la Gironde sur les écosystèmes de fond de la vasière ouest Gironde. En Méditerranée, le Tethys mènera comme chaque année de nombreuses campagnes d’observation et de recherche.

Dans le Pacifique, la campagne Seamounts menée par l’IRD sur l’Alis aura lieu sur douze monts sous-marins et quatre récifs de l’archipel néo-calédonien, afin d’étudier leur rôle en tant qu’oasis de biodiversité et de refuges pour les espèces menacées. Ce navire dispose d’un grand rayon d’action et mènera aussi des campagnes en Polynésie, comme Moana Maty 2 dédiée à l’effet des îles Marquises sur la production biologique dans le Pacifique Sud.

Enfin, après un début d’année en Méditerranée l’Antéa, se rendra dans la zone Antilles-Guyane à partir de l’automne 2019 et jusqu’en 2020, afin de réaliser une série de campagnes, étalée sur les deux années, notamment en géosciences marines sur le plateau guyanais et en océanographie physique et biogéochimie sur le panache de l’Amazone.