« Ce n’est plus l’homme qui va sauver la planète, c’est la planète qui va sauver l’homme. »

05/11/2018 at 9 h 30 min

Au CEEBIOS, réseau national de compétences en bio mimétisme, qui accompagne la transition environnementale et sociétale, on œuvre à des stratégies régionales fédératrices entre industrie, recherche, environnement, société dans plusieurs secteurs déjà : chimie, habitat, biologie marine, matériaux, gestion de l’information..

Des Grandes régions à l’Outremer

Cela passe, avec l’aide du MTES,(ministère de la transition écologique et solidaire) par un état des lieux interrégional afin d’évaluer le potentiel des laboratoires, des filières qui pourraient être impactées par la biodiversité, et par l’identification des acteurs et l’état de l’expertise. La Nouvelle Aquitaine est en pointe, avec l’idée d’un renouvellement des activités et une formation des acteurs locaux. Un centre a fleuri à Pau, un autre à Biarritz

Hugo Bachellier, Ingénieur diplômé de l’Université de Technologie de Compiègne (UTC) en Génie des Systèmes Urbains et Management des Projets Innovants, est passionné par le bio mimétisme et son potentiel d’applications en ingénierie. Convaincu des opportunités du bio mimétisme vers une transition souhaitable, il est chargé de mission au sein de l’équipe du CEEBIOS pour l’introduction de cette démarche innovante au sein de l’enseignement supérieur et accompagne la structuration d’une offre de formation cohérente sur le territoire français sans oublier les outremers.

Déjà en Polynésie, l’université, le CRIOB, les centres de plongées travaillent à l’étude des coraux, au développement de leur culture, à la création de ciment naturel, à la recherche de bio film (anti biofuling) On y forme des architectes à imaginer les nouvelles îles flottantes, le tourisme durable…

https://tahitifaahotu.files.wordpress.com/2017/09/01-biomimetics-vf.pdf

En Guadeloupe, en lien avec le MNHN, jean Pierre Lopez travaille à l’observatoire des hommes et des milieux. https://www.7vortex.com/ecosystems/f62ba517-e292-485e-bf69-787271ef5321/view

En Guyane, ce sont les écoles et les lycées qui oeuvrent en lien avec les centres de recherches

Pour l’instant les objectifs des recherches en bio mimétisme Outremers ne se différencient guère de ceux des grands organismes de recherches.

l’étape N°1 consiste à cartographier, puis à valoriser les richesses et les points chauds de biodiversité. Mais rapidement, c’est un changement d’objectifs : il s’agit de devenir agrégateur entre acteurs et chercheurs afin de servir les industriels, et de souligner l’intérêt des fonctions du vivant en éditant des plateformes de caractérisation.

« Prenons un exemple explique Hugo Bachellier. On me pose la question « comment repenser ma colle qui est toxique ». Nous allons vers la base de données scientifiques de tout ce qui peut adhérer. Des tests en labo vont isoler cent cinquante espèces, vingt vont être retenues pour leur qualité. Si vous en étudiez une dizaine, vous êtes prêts pour répondre à un transfert de technologie. Nous ré identifions donc les espèces avant de les ramener aux industriels » Autre exemple : Saint Gobain demande comment trouver une solution pour ne plus nettoyer les vitres. Dans la nature, une centaine d’espèces de feuilles ont besoin d’être toujours propres pour capter la photosynthèse, elles secrètent naturellement des choses qui leur permettent de se nettoyer. « Le vivant a des tas d’astuces. Il nous revient d’identifier les plus pertinentes. De faire remonter des grandes expéditions non plus seulement de l’identification mais l’apport du vivant à l’industrie, non plus seulement l’existence des ressources qui pourrait être utiles mais avoir un regard sur le génie du vivant, ce qu’il peut nous apprendre  »

Et grâce aux cartographies du vivant, à l’introduction des données dans une block chain, on devra pouvoir retrouver l’origine du process. Une manière de régler la question de l’APA et de valoriser non seulement au niveau industriel mais au niveau de la région, l’origine de la trouvaille.

C’est ainsi que les adeptes du bio mimétisme se tournent vers d’autres acteurs à plus grands potentiels d’innovation que de description, se rapprochent des fab labs, des lycées et universités, des consortiums d’architectes, des projets low tech….

Dominique Martin Ferrari
journaliste/réalisatrice
06 20 79 35 50