protection accrue du parc marin de la mer de corail?

31/10/2018 at 13 h 40 min

Dans le N°3 de « l’outremer en métamorphose: désenclavement, vivre avec la mer » avec l’IT d’Estienne Rodary, chercheur IRD et géographe,  nous éclaircissions quelques abus de communication concernant la mise en protection du parc marin de la mer de corail (http://metamorphose-outremers.com/?p=3416)

Il y a deux jours le 29 octobre , le président de Nouvelle-Calédonie Philippe Germain a annoncé  une protection accrue du parc naturel marin de la mer de Corail, à l’occasion de la conférence « Our Ocean », qui se tient à Bali (Indonésie) jusqu’au 30 octobre.

Carte de la ZEE de Nouvelle Calédonie et zones prioritaires pour la protection élevée en 2019 :

Carte de la ZEE de Nouvelle Calédonie et zones prioritaires pour la protection élevée en 2019 :

Carte de la ZEE de Nouvelle Calédonie et zones prioritaires pour la protection élevée en 2019 :

Chaque année, le sommet international « Our Ocean » dévoile un vague d’engagements en faveur de la protection des océans. En ouverture de l’édition 2018, le Président de la Nouvelle-Calédonie s’est engagé à placer sous protection élevée 200 000 à 400 000 kilomètres carrés supplémentaires du Parc Naturel de la Mer de Corail d’ici 2019, soit près d’un tiers de la zone économique exclusive (ZEE) calédonienne au total.

Ce parc, créé en 2014, qui totalise 1,3 million de kilomètres carrés, abrite le deuxième plus grand récif corallien au monde, ainsi que des monts sous-marins, canyons, plaines et fosses abyssales. Les zones de haute protection visées incluent des habitats critiques comme la tranchée de subduction des Nouvelles-Hébrides. En août dernier, le gouvernement néo-calédonien avait déjà annoncé une protection élevée de 28 000 km2 d’espaces marins, dont 7 000 km2 en réserves intégrales et 21 000 km2 en réserves naturelles.

Dans son discours d’ouverture, le Président Germain a annoncé « La Nouvelle Calédonie est dépositaire d’un patrimoine naturel universel d’exception. Cela nous oblige, mais cela oblige collectivement la communauté internationale ainsi que la mobilisation de tous les scientifiques, les états, les ONGs, les fondations, pour répondre à ce défi de comment faire de la préservation de la biodiversité un nouveau modèle de développement. »

Depuis sa création en 2014, la conférence annuelle « Our Ocean » a vu émerger la création de 12,4 millions de kilomètres carrés d’aires marines protégées, soit 3,4% de la surface marine mondiale. Ce rendez-vous réunit chaque année des chefs d’Etat et de gouvernement, des ministres, et des représentants d’entreprises, d’ONG et d’organisations philanthropiques. L’enjeu est important car l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) recommande une protection stricte de 30% de chaque habitat marin de la planète.

Le projet Pew Bertarelli Ocean Legacy est implanté en Nouvelle Calédonie depuis cinq ans pour promouvoir la protection renforcée des eaux calédoniennes. Christophe Chevillon, directeur du projet, a publié la déclaration suivante: «Depuis la désignation du parc naturel de la mer de corail en 2014, nous collaborons avec les habitants de la Nouvelle-Calédonie, le gouvernement, l’industrie de la pêche et d’autres organisations locales pour renforcer la protection dans le parc et établir la gestion nécessaire pour ces eaux riches en ressources biologiques. »

Lors de ce sommet à Bali, le programme Pew Bertarelli a également dévoilé son nouveau groupe d’
« Ambassadeurs des océans », qui sera composé de personnalités de haut rang pour soutenir les efforts des pays du monde à créer et gérer des grandes aires marines protégées. Ce groupe sera coprésidé par John Kerry (ancien secrétaire d’état américain) et David Cameron (ancien premier ministre du Royaume Uni). Ils ont déclaré dans une tribune récente : « Il faut que le monde entier s’engage. L’humanité a provoqué cette crise, et nous devons être ceux qui y mettent fin. Il faudra les efforts des pays donateurs et du monde en développement, des gouvernements et des entreprises, des particuliers et de communautés entières pour redresser la situation. En tant qu’ambassadeurs des océans, nous sommes déterminés à jouer notre rôle. »