piraterie: nouvel incident. Voir aussi papier dans N°3 de l’outremers en metamorphse

30/10/2018 at 9 h 04 min
 Dans le Marin:

Les 12 marins du « Glarus » avaient été capturés le 22 septembre alors que le navire mouillait près de l’île nigériane de Bonny qui barre le chenal d’accès à Port Harcourt. (Photo : DR)

Les 12 marins du « Glarus » avaient été capturés le 22 septembre alors que le navire mouillait près de l’île nigériane de Bonny qui barre le chenal d’accès à Port Harcourt. (Photo : DR) L’équipage du « Glarus » libéré mais la piraterie reste inquiétante
Les douze marins du vraquier Glarus pris en otage depuis le 22 septembre alors que le navire mouillait au large de l’île nigériane de Bonny ont été libéré, a annoncé leur armateur Massoel.

Pour des raisons de sécurité, l’armateur suisse n’a donné aucun détail sur les conditions de libération, mais a assuré que ses 12 marins originaires des Philippines et de l’Europe orientale étaient en bonne santé.

Ce dénouement intervient alors que les statistiques de la piraterie maritime ne font état d’aucune amélioration. Bien au contraire. Sur les neuf premiers mois de 2018, 156 cas ont été répertoriés par le Bureau Maritime International (IMB), contre 121 sur la même période en 2017. 57 sont localisés dans le golfe de Guinée, dont 41 pour le seul Nigeria.

La capture de marins en échange de rançon est la grande spécialité de la région puisque 37 des 39 marins pris en otage durant la période l’ont été dans le Golfe de Guinée. Le Nigeria n’est pas le seul point chaud de la région. L’IMB pointe ainsi plusieurs incidents au Ghana, sur des mouillages de navires au large du port de Takoradi.

Voir aussiP 49 N°3 « l’outremer en métamorphose: désenclavement et routes maritimes » , 10 euros le n° 52 p,  enmetamorphose@gmail.                                                                FORBANS ET PIRATES. Voyage dans le temps : il ne faut pas confondre piraterie et course.

Nous avons eu de grands corsaires (Drake, Jean Bart, Surcouf, Jacques De Bon….) qui pratiquaient la « course » seulement en temps de guerre et sous pavillon national, attaquant les ennemis déclarées et respectant les alliés. Cette activité sera interdite à partir de 1856 par le Traité de Paris. Bien avant cela, des pirates sillonnaient les mers, de manière illégale et s’attaquaient aux rivages et aux navires.

De la Méditerranée au Caraïbes, ils sont désormais très actifs dans le golfe de Guinée, le long des côtes de Somalie, et de la Malaisie, notamment autour du détroit de Malacca. Ils deviennent de plus en plus offensifs là où la pauvreté s’étend et là où les états ne peuvent gérer la sureté de leurs eaux territoriales.

Jadis, ils prenaient soin d’attaquer les bateaux moins rapides et moins armés, mais depuis quelques années, ils n’hésitent pas en plus des plaisanciers et cargos, à aborder même les pétroliers et porte-containeurs. Ils utilisent des embarcations petites et rapides, les déguisent en bateau de pêche, et profitent du nombre restreint des membres d’équipage sur les gros cargos et porte conteneurs. Le nombre d’attaque ne cesse de croître, surtout en Somalie, l’une des zones les plus dangereuses au monde. L’arrivée de la Chine dans le Conseil de sécurité de l’ONU a permis de remettre un peu d’ordre dans le détroit de Malacca : les petits ports chinois ne peuvent plus servir de base arrière de transformation des navires piratés.

Au large de la Somalie et sur le haut de l’océan indien, des dispositifs de surveillance internationale ont été mis en place. Les flottes militaires internationales s’allient dans des missions de surveillance et les armateurs équipent de plus en plus leur navire. Selon le Bureau Maritime International, plus de 4000 actes de piraterie ont été enregistrés dans les 20 dernières années. Des sociétés privées de protection et surveillance ont vue de le jour depuis 1990. Elles organisent des chasses, dotées de systèmes d’alerte satellitaires.

Une protection d’état

En 2011, le Parlement Français adopte une loi qui définit la piraterie dans le droit français et France Diplomatie met en garde les voyageurs« En Amérique, les zones à risque sont : les eaux territoriales du Pérou, la mer des Caraïbes, et les côtes bordant les Highlands Brésiliens. En Océan Indien, les zones à très fort risque sont : le Golfe d’Aden dans son ensemble (y compris la partie méridionale des eaux territoriales du Yémen et d’Oman), et le bassin somalien, le golfe du Bengale, notamment les côtes méridionales du Bangladesh et la côte birmane. Les zone à risque sont : la mer Rouge, le reste de l’Océan Indien jusqu’au canal du Mozambique, et la zone comprise entre les Seychelles, les Maldives et les Laquedives . » Le Quai d’Orsay prend très au sérieux la menace, donnant ces conseils généraux aux navigateurs :

Avant de partir, « prendre systématiquement contact avec les commandants de zones maritimes concernées avant et pendant toute traversée dans une zone de risque ; s’assurer que leurs moyens de communications (valises satellites, radio HF…) et que les moyens électroniques du bord (GPS, balise d’alerte, radar…) fonctionnent ; informer une personne restant à terre de la route qu’ils comptent emprunter(…),la tenir régulièrement informée de la position et convenir des jours et heures des contacts téléphoniques ou par courriel ; maintenir une veille permanente anti-piraterie 24h sur 24 ; ne pas mouiller trop près des côtes dans les zones sensibles ; éviter le cabotage de nuit et la navigation isolée ; rester discret lors des escales sur le programme (dates, parcours) ; assurer des tours de garde dans les ports les plus sensibles. » .

 

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