Après IRMA, il faut aussi s’occuper de la nature

24/09/2018 at 21 h 32 min

Tandis que l’on reconstruit pour les Hommes, les experts évaluent le dégâts faits par le cyclone à la nature pour aider à la résilience

État des lieux après IRMA : quelle gestion mettre en place ?

Un premier état des lieux post-cyclone sur le terrain, combiné à un travail de recherche et d’observation d’images satellites, permet de mesurer l’ampleur des impacts au niveau de la faune et de la flore. Une analyse de paramètres abiotiques et de la pollution a également été menée pendant cette première phase d’état des lieux. Chacun des sites étudiés voit ses informations résumées en fiches « État des lieux », proposant une vision synthétique des résultats.

Les diagnostics réalisés ont permis par la suite d’établir des préconisations de mesures d’urgence à réaliser rapidement ainsi qu’un programme d’actions pour aider les écosystèmes à retrouver leurs fonctionnalités.

D’une manière générale, les écosystèmes terrestres et lacustres de Saint-Martin ont souffert du cyclone IRMA. Les atteintes aux aménagements et au patrimoine naturel sont considérables.

L’expertise propose une hiérarchisation des étangs en fonction du degré d’impact du cyclone : par endroit, 70 % de la mangrove est morte tandis que d’autres sites présentent des impacts de moindre importance. Pour certains sites, le cyclone est venu impacter des mangroves déjà sénescentes.

Suite au cyclone, « une connexion naturelle est apparue entre l’étang des Salines d’Orient et la baie du Galion permettant l’évacuation du trop plein d’eau collecté dans l’étang. Ce chenal assure une meilleure circulation de l’eau avec un apport d’eau plus oxygénée, moins turbide et moins chaude de la mer vers l’étang. La conservation de ce chenal est bénéfique pour les écosystèmes lacustres et marins permettant une accélération de la régénération des mangroves bordant l’étang ainsi qu’une libre circulation des invertébrés et des poissons qui trouvent une aire de nurserie et d’abris entre les racines des palétuviers » (RNSM, 2017).

La flèche bleue souligne l’ouverture naturelle d’un exutoire suite au passe du cyclone (source : Géodésis)
Vue de l’exutoire après le passage du cyclone, la partie marine étant au dernier plan – © Mélanie Herteman

Ainsi, grâce à ce travail d’expertise, les gestionnaires disposent de préconisations pour tenter d’accompagner au mieux la résilience des écosystèmes : nettoyage, maintien des connectivités écologiques notamment du point de vue de certains exutoires, suivi de paramètres abiotiques permettant de déceler ou d’anticiper des perturbations (qualité de l’eau, nutriments, bactériologie). Dans la mesure où certains auteurs avancent non pas l’augmentation du nombre de cyclones mais l’accroissement de leur intensité, cette étude fournit une trame d’analyse des impacts des cyclones sur des zones humides côtières et les problématiques associées.

(sources RHYZOM) http://www.pole-tropical.org/2018/09/diagnostic-ecologique-des-etangs-de-saint-martin-quels-reels-impacts-du-cyclone-irma/