À Saint-Laurent du Maroni : faire émerger un modèle de ville amazonienne durable (EPFA)

04/09/2018 at 17 h 18 min

Visite ministérielle en Guyane : Annick Girardin, ministre des Outre-mer, fait le point sur les projets à Saint Laurent du Maroni avec l’EPFA Guyane 

(voir également notre n° sur la ville: https://fr.calameo.com/books/00506324201225cbcb6c7)

Lors de leur séjour en Guyane du 1er au 4 septembre, Annick Girardin, ministre des Outre-Mer, accompagnée de Nicole Belloubet, garde des Sceaux,   ont profité de leur passage à Saint Laurent du Maroni pour visiter le quartier de la Charbonnière où l’EPFA Guyane innove pour faire émerger un modèle économique d’habitat adapté aux familles en situation de précarité. 

Des études démarrent sur les trois bassins de vie (la Communauté de Communes des Savanes, la Communauté d’Agglomération du Centre Littoral, la Communauté de Communes de l’Ouest de Guyane) et les premiers grands travaux sont prévus dès la saison sèche 2020.

À l’horizon 2030, l’objectif principal est de permettre la construction d’environ 30 000 logements accompagnés des infrastructures et services nécessaires. Le besoin, à partir de 2022, est estimé à 6 600 logements neufs par an, en hypothèse basse. Les projets répondent à des critères de mixité sociale, de durabilité, d’adaptabilité des habitations. Pour Denis Girou, directeur général de l’EPFA Guyane : « Il s’agit de rattraper le retard et d’anticiper les besoins de la Guyane pour loger ses habitants et résorber l’habitat informel ».

En matière de développement, la constitution d’un tissu économique à l’échelle du territoire est, avec les questions de logement, de services publics et de transport, une préoccupation majeure pour l’aménagement de la Guyane. L’EPFA s’est notamment engagé dans un processus de structuration du marché de l’immobilier d’entreprise, en favorisant l’émergence de nouveaux acteurs locaux, d’investisseurs ou encore de développement de pôles touristiques.

À Saint-Laurent du Maroni : faire émerger un modèle de ville amazonienne durable 

Saint-Laurent du Maroni, ville frontalière du Suriname, connaît une explosion démographique sans précédent. Elle devrait accueillir trois fois sa population d’ici 2030 (soit 135 000 habitants selon le scénario central de l’AFD). Cette dynamique implique de corriger des dysfonctionnements majeurs et d’imaginer un nouveau modèle urbain.

À la demande de la ville, l’EPFA Guyane a produit plusieurs documents d’orientation qui s’articulent dans le temps : le master plan (2060), le plan programme (2035) et travaille sur le nouveau programme de renouvellement urbain (NPRU). L’objectif est de faire émerger un modèle de ville amazonienne durable et connectée, qui répond aux besoins de la population et des générations futures.

Des projets opérationnels sont déjà lancés. Annick Girardin a ainsi pu visiter le site de la Charbonnière, qui a été retenu au titre du nouveau programme national de renouvellement urbain (NPRNU). Achevé en 1984, ce quartier était, à l’époque, la première opération de réhabilitation de l’habitat insalubre (RHI) de Guyane. Projet novateur, il a permis de produire des logements sociaux en auto-construction, en privilégiant la filière bois. 35 ans plus tard, la population a augmenté et le quartier se dégrade. L’objectif, aujourd’hui, est d’intervenir dans un périmètre de 135 ha, en développant une nouvelle démarche de co-construction avec les habitants.

Le quartier de la Charbonnière a été retenu au titre du nouveau programme national de renouvellement urbain 

Pour Denis Girou, directeur de l’EPFA Guyane « La production de logements constitue à Saint Laurent du Maroni un enjeu majeur ; l’augmentation de l’offre sociale et intermédiaire est la nécessité première. Il s’agit de maîtriser et diversifier les développements de l’habitat, en mettant en oeuvre des opérations efficaces d’éradication de l’insalubrité, et d’améliorer la vie des habitants avec la construction d’espaces publics».

 

L’EPFA Guyane intervient également dans d’autres secteurs de Saint-Laurent du Maroni pour faire émerger un modèle économique d’habitat adapté aux familles en situation de précarité. Il mène notamment une expérimentation d’auto-construction dans le cadre d’un projet d’organisme foncier solidaire (OFS) en partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignations.