L’huître de mangrove

23/12/2014 at 10 h 54 min

Consommée sans difficultés au Brésil ou en Casamance, l’huître de mangrove (crassostrea gasar) est une petite huître que l’on rencontre sur les racines des palétuviers. Les autochtones la consomme « sauvage » mais n’ont jamais appris à la cultiver. Les occidentaux consommateurs d’huîtres hésitent à la déguster sauvage, n’ayant aucune information concernant la qualité des eaux dans laquelle on la trouve.

Les Brésiliens se sont lancés et commencent à approvisionner leurs restaurants. De quoi faire rêver les guyanais.

L’huître de Casamance sénégalaise est arrivée jusqu’à Montsinéry sur les coques des bateaux négriers. Le fameux plan d’Olivier Stirn avait bien tenté d’en développer la culture et d’en autoriser la cueillette en Guyane. Mais la législation alimentaire l’a rapidement bannie des restaurants.

Une délégation de Montsinéry-Tonnégrande s’est récemment rendue au Brésil. Les guyanais ont rencontré le groupe Aquavila qui la produit dans l’état de Para à Lauro Sodrè. Chaque année y naissent plus d’1,5 millions d’huîtres. Les naissains sont ensuite vendus à d’autres ostréiculteurs du pays. Les huitres vont ensuite grandir, non pas dans des parcs comme en France, mais plutôt accrochées à des flotteurs, des installations qui ressemblent davantage à la culture de nos moules de bouchot, avec des suspensions en ligne de lanternes japonaises ou de casier à poches.

Ils sont recouverts à marée haute dans des bras de mer où la salinité atteint les 40%. En 2013, les ventes ont atteint le nombre record de 150 000 huîtres prêtes-à-déguster. Pour les guyanais il y aura peu de problèmes à importer les technologies : les conditions sociales et environnementales sont assez semblables à celles du Para. En revanche, il faudra faire caractériser les zones par un organisme d’état et répondre aux normes européennes contraignantes qui réglementent la commercialisation. Difficile également de développer une filière pour quelques communautés. Au brésil aujourd’hui, le développement de nouvelles et petites entreprises est pris en charge par des systèmes de coopératives qui mutualisent leurs moyens.


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Caroline Mary