Lima I (2 et 3 Décembre), comme si vous y étiez

04/12/2014 at 8 h 46 min
Informations validées par DMF, sourcées grâce aux infos croisées du RAC, du comité 21, et de nos correspondants
 

En bref :

– L’impression pour tous d’arriver sur un terrain fertile et favorable à une bonne rencontre. Une autre ambiance que l’arrivée en Pologne il y a un an ! :

– Une COP bien préparée : par la présidence péruvienne, par  les accords signés récemment par la Chine et les USA qui, même insuffisants,  ont donné un électrochoc  au « malade » à la stagnation des négociations, et enfin le début des engagements financiers pour le fonds vert.


Pour rappel : les enjeux, les exigences

La feuille de route de la conférence qui va se dérouler du 5 au 12 Décembre à Lima au Pérou est claire. Il s’agit de préparer l’accord de Paris en Décembre 2015 qui reposera sur trois décisions clés devant être prises à Lima :les éléments de l’accord de 2015, les niveaux d’exigence des iNDC (contributions nationales), et les moyens de montée en puissance des ambitions pré-2020. 

Ces résultats vont permettre de définir les contours d’un nouvel accord global qui remplacera le protocole de Kyoto.

– Doit être abordé  un objectif de long terme pour la suppression progressive des émissions de combustibles fossiles.

– l’introduction progressive des ENR (pour les ONG 100% pas plus tard que 2050). Elles doivent être selon le GIEC multipliées par 3 ou 4 d’ici 2050. L’analyse de la plus value de chacune est en débat (éolien, solaire, captation carbone, nucléaire). Nous reviendrons sur ce sujet (dans LIMA3) car c’est bien sûr un point de conflit important entre industriels et ONG.

– la mise en place d’un régime de financement solide lié à un système de mesures et vérifications (MRV) solide.


Les espoirs

Les iNDC (contributions nationales) : elles vont sans doute progresser sur la question de l’atténuation (réduction des émissions) avec une proposition revue tous les cinq ans.

Attendues : de nouvelles promesses 2020/2025. C’est ce premier tour de table des Etats que l’on attend et qui donnera le ton des jours à venir (Lima 2).

La société civile attend des engagements pour dès aujourd’hui et pas seulement pour 2020.                                                                                                                                                        Sur le plan financier : dépasser 10 milliards, aller jusqu’à 15 milliards à Lima ? L’Australie, l’Autriche, la Belgique, l’Irlande, l’Islande, la Grèce, le Portugal et l’Union européenne sont les Parties de l’Annexe 2 dont la contribution au Fonds vert pour le climat est toujours attendue. Une feuille de route devrait également être établie  pour atteindre les 100 milliards.

Sur le plan des engagements : la rapidité du réchauffement contraint les accords à être plus rapides dans leurs ambitions et à proposer des réductions immédiates.


Que c’est-il passé durant les deux premiers jours ?

Décembre : 18h au pavillon Europe

La rencontre des ONG pour faire pression sur les combustibles fossiles : toutes demandent d’arrêter le soutien à l’exploration de nouvelles réserves de combustible fossiles. Nous savons par le GIEC qu’il nous faudra laisser dans le sol une partie de nos réserves existantes si nous ne voulons pas dépasser les 2°.

Ce ne sera pas facile à faire comprendre à des générations qui ont été biberonnées par la peur de manquer de pétrole !

 2 et 3 Décembre : remise à plat des connaissances par le GIEC, l’UNEP, la FAO et l‘AIE

Alors qu’on frôle le plus 2°, certains se battent encore pour limiter à +1,5. Les indicateurs du GIEC leur donnent raison,car   la dangerosité apparaît avant les 2°, notamment à échelle régionale : stress hydraulique, réduction de la production alimentaire et diffusion des maladies en Afrique, risques d’inondations catastrophiques et vagues de chaleur mortelles en Asie, risques moyens liés à la disponibilité d’eau douce et aux épisodes de chaleur extrêmes en Europe, et confirmation des risques de disparition des massifs coralliens, de la multiplication des feux de forêts, de l’acidification des océans.


Par Dominique Martin-Ferrari