Pour rappel : N°2 « l’outremer en metamorphose » biodiversité encore en vente

21/05/2018 at 9 h 28 min

REVUE 2 BIODIVERSITE-PRESENTATION

Retrouvez p 13 le papier sur les envahissantes et le rôle d el’UICN et page 18 et 19 : restaurer pour s’adapter (le N°2 est encore en vente     10 euros / Prix pour achat en nombre,contact 06 20 79 35 50

DES ENVAHISSANTES A L’ASSAUT DES ENDEMIQUES

On les appelle envahissantes. Certains comme le paysagiste Gilles Clément préfèrent parler de « vagabondes », partant du principe que de tout temps les plantes se sont déplacées et sont parties à la conquête de terres nouvelles.

Mais il est vrai que par l’importance de leur extension, certaines espèces entrent aujourd’hui en concurrence avec les espèces indigènes devenant la 3° cause de l’érosion de la biodiversité mondiale.

Les éradiquer avant 2020

Largement médiatisées par l’UICN (union internationale de conservation de la nature), elles sont devenues l’ennemi n°1. Leur prévention et leur gestion constituent l’un des 20 objectifs d’Aïchi à atteindre d’ici 2020, objectifs adoptés par les États Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) signée en 1992. Des centaines d’experts issus de divers organismes ont rejoint l’initiative. Elles sont encore trop peu nombreuses et peu reliées entre elles. Mais les programmes coutent entre 12 et 14 milliards d’euros à l’Europe chaque année.

Un peu de science :

le peuplement des espèces insulaires répond à la théorie développée par Mac Arthur et Wilson (1967). Cette théorie souligne que la richesse spécifique d’une île résulte d’un équilibre dit « dynamique » entre le taux d’immigration et le taux d’extinction. Le taux d’immigration chute avec le nombre croissant d’espèces installées suite aux processus de compétition et de prédation. À l’inverse, le taux d’extinction est croissant avec le nombre d’espèces déjà présentes.

La colonisation par une plante ou un animal d’un écosystème n’a rien de surprenant ; Elle répond simplement au modèle des successions écologiques en milieu insulaire. venues accidentellement ou volontairement par bateau puis par avion. Mais le fait est incontestable, les introductions liées à la généralisation des voyages ont augmenté de 76% en Europe ces trente cinq dernières années. Au terme d’un état des lieux, il ressort que 49 espèces végétales et animales figurant parmi les 100 plus envahissantes au monde, sont présentes dans les collectivités françaises d’outre-mer.

Chaque cas d’invasion est particulier et fonction du lieu, de l’espèce introduite et des communautés animales et végétales présentes.

A l’assaut de la vigne marronne à la Réunion

Cette ronce, aussi appelée Framboise de l’Inde a été introduite à la Réunion en 1840, se développe rapidement et asphyxie tout. Arrachage des pieds, utilisation d’herbicide… sont mis en place pour en limiter l’extension . En 2007 le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) se lance dans la lutte biologique et introduit l’espèce de tenthrède Cybdela janthina, aussi appelée la « mouche bleue ». un des parasites naturels de la vigne marronne dans son milieu originel (Sumatra). Les premiers lâchers ont lieu en 2008 et depuis la vigne marronne a fortement régressé, plus rapidement que prévu. Mais les apiculteurs accusent la mouche d’agresser les espèces mellifères qui ne pollinisent plus comme il convient les vergers de litchis …Autre question, la mouche bleue survivra-t-elle et de quoi se nourrira-t-elle une fois la vigne éradiquée?

 A Tahiti, le Miconia

On l’appelle aussi « cancer vert » C’est une espèce d’arbre originaire du Mexique et d’Amérique centrale et du sud devenu un des cas les plus spectaculaires et catastrophiques d’invasion biologique.. A la création du jardin botanique de Harrisson Smith à Papeari (île de Tahiti) en 1920 la mode des plantes exotiques prend réellement son essor. C’est à partir de ce jardin que le miconia va se naturaliser et envahir les trois quarts de Tahiti. Le miconia est considérée comme une menace directe pour 70 plantes endémiques de Tahiti. S’égayant dans les vallées, il finit par menacer les espèces d’oiseaux endémiques comme le monarque de Tahiti qui n’arrive plus à se nourrir .Des bénévoles organisent des campagnes d’arrachage du avec pour but d’éradiquer cette peste végétale de Polynésie

D martin Ferrari