La sécurité maritime au cœur de la dernière rencontre de la Commission de l’Océan Indien (26 au 29 Avril 2018)

30/04/2018 at 17 h 41 min

Une conférence ministérielle de grande importance vient de se dérouler sur l’Ile Maurice (voir liste des membres ci dessous) du 26 au 30 Avril. Plus d’une trentaine d’états s’y sont préoccupés des menaces et crimes maritimes, des trafics en tout genre, de la manière d’y assurer une meilleure sécurité maritime et surtout, devenue indispensable, de la construction d’une coopération multilatérale contre « ces événements d’envergure » qui menacent l’Océan Indien.

Lien entre l’Europe, le Proche Orient, l’Afrique et l’Asie, lieu essentiel de la mondialisation, l’Océan Indien est de plus en plus pratiqué depuis que se positionnent les géants asiatiques, traversé par des autoroutes maritimes d’importance mondiale, avec 50% du transport mondial de pétrole, 40 % du gaz et près du tiers du trafic maritime marchand international

Au cours de la rencontre qui vient de se dérouler au plus haut niveau , quelques avancées ont vu le jour sur les nouveaux problèmes qui encombrent les débats onusiens : pêche illégale, sécurité maritime, trafic de drogue et d’êtres humains, piraterie…

Deux accords élaborés dans le cadre du programme MASE (financé à 80% par l’UE, 5M d’euros) ont été signés en ce sens : l’un vise à renforcer les échanges d’information avec la création du CRFIM (centre régional de fusion de l’information maritime) à Madagascar, l’autre à consolider la coordination des opérations en mer depuis le CRCO (centre régional de coordination opérationnelle) installé aux Seychelles. Ces accords viseraient à sécuriser 6M de km2.

Le groupe de travail sur la piraterie a fort à faire. Le fait n’est pas nouveau. Depuis l’aube des temps flibustiers aux Caraïbes, pirates en Amérique du Nord ou dans l’Océan Indien sévissent. Mais depuis 1990 le phénomène connaît une recrudescence dans la Corne de l’Afrique et du Moyen Orient. Il a fallu créer des routes sécurisées au sortir du canal de Suez, militariser le détroit de Malacca et une Convention adoptée à Rome en 1988 par 52 états prévoit la répression des actes illicites. Car comment trouver le moyen d’agir et de réprimer sur ce territoire marin qui par définition est sans entraves ? C’est donc une législation internationale , souvent dictée par l’OMI, mais davantage basée sur la solidarité et la responsabilité régionale partagée qui se met en place, chaque état apportant son droit et sa pertinence . On comprend alors la nécessité de coordonner information et actions si l’on veut passer du chacun pour soi à la sécurité pour tous.

Outre la lutte contre la piraterie , la pêche illégale et les trafics, une meilleure gestion de l’océan selon les principes définis par l’ODD 14 ont été évoqués : surveillance des côtes, gestion des catastrophes, sauvetages….L’île Maurice s’est particulièrement responsabilisée sur cette gestion durable et la France représentée par Luc Hallade, l’ambassadeur délégué à la coopération régional dans l’océan Indien a promis sa signature pour les prochains jours.

D Martin Ferrari

(dossier à suivre dans le N°3 de « l’outremer en métamorphose » sortie prévue fin Juin 2018)

Etaient présents: sources outremers 360°: Les Etats membres de la COI : Union des Comores, France (La Réunion et Mayotte), Madagascar, Maurice, Seychelles

L’Union européenne, partenaire de la région dans le domaine de la sécurité maritime

Les Etats riverains de l’Afrique orientale et australe (Djibouti, Somalie, Kenya, Tanzanie, Mozambique, Afrique du Sud…) et les autres Etats riverains de l’océan Indien (Inde, Australie…)

Les Etats ayant des intérêts dans la région et partenaires (Inde, Chine, Royaume-Uni, Etats-Unis…)

Les Organisations régionales d’Afrique orientale et australe (Comesa, SADC, IGAD, EAC) , l’Union africaine, les Organisations internationales (Organisation maritime internationale, Bureau des Nations unies contre la drogue et le crime, Département des Affaires politiques des Nations unies, Organisation internationale pour les migrations, FAO…)

Les missions européennes et internationales déployées dans l’océan Indien occidental (EUNAVFOR Atalanta, Ocean Shield de l’OTAN…)

Les parties prenantes du Groupe de contact sur la piraterie au large des côtes somaliennes actuellement présidé par la COI