Une avancée insuffisante mais qu’il faut saluer

13/04/2018 at 16 h 31 min

Ni les avions, ni les bateaux n’étaient soumis à l’accord de Paris. Il y a peu l’aviation, via l’OACI a réglé la question , et après 5 jours de négociations à Londres, l’OMI (organisation mondiale internationale) vient de faire un pas.

Malgré les réserves du Brésil, et l’opposition de l’Arabie Saoudite et des Etats Unis, elle vient de s’engager à viser une réduction d’au moins 50°% en 2050.

Au cours du colloque organisé par métamorphose Outremers le 7 Février, dans la table ronde environnement, http://metamorphose-outremers.com/?p=2890 avait été souligné cet immobilisme de l’OMI

La trans containerisation émet aujourd’hui 2,7% du total des émissions, mais pourrait représenter 17% des émissions mondiales de CO2 en 2050 si la croissance impressionnante de ce secteur se maintient.

La question était donc d’enclencher la dynamique comme pour les autres branches d’activités, car il suffit de considérer l’objectif 2050 pour commencer à construire dès 2030 des bateaux qui répondent aux normes. Cet effort s’ajoutera aux incitations financières qui aideront à l’investissement et à l’utilisation de biocarburants.

Inutile de rappeler que le secteur maritime renacle aux investissements Trois quarts des bateaux étant encore enregistrés aux Bahamas, au Panama, Liberia, Iles Marshall afin d’échapper aux taxes

Dominique Martin Ferrari

réactions du ministère:

Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire et Elisabeth Borne, Ministre auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports saluent l’adoption par l’Organisation Maritime Internationale (OMI) d’une stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) des navires en cohérence avec les objectifs de l’Accord de Paris.

Le transport international contribue actuellement entre 2 % et 3 % des émissions d’origine anthropique de CO2 au niveau mondial. Si rien n’avait été entrepris, ses émissions auraient pu augmenter de 50 à 250 % d’ici 2050.

L’accord au sein de l’OMI vise à :

–       la réduction d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre (à la tonne par kilomètre) par les navires d’ici 2030, tout en poursuivant l’action menée pour atteindre 70 % d’ici à 2050,

–          la réduction du volume des émissions d’au moins 50 % en 2050 par rapport à 2008, tout en poursuivant l’action vers la décarbonation totale du transport maritime.

La France s’est fortement mobilisée dans l’atteinte de ce résultat. A l’occasion du One PlanetSummit qui s’est tenu le 12 décembre dernier à l’initiative du Président de la République, de nombreux Etats (désormais au nombre de 48) s’étaient engagés autour de la déclaration « Tony deBrum », du nom du regretté Ministre des Affaires étrangères des Iles Marshall. Cette déclaration appelait à une négociation ambitieuse, dès ce mois d’avril.(;;;;)

 

 

La France se félicite que l’OMI ait su se montrer à la hauteur de l’enjeu. L’adoption de cette stratégie initiale est une étape essentielle, mais la mobilisation doit se poursuivre. Les Etats au sein de l’OMI doivent désormais élaborer au plus vite les mesures juridiquement contraignantes nécessaires à l’atteinte de ces objectifs. La France souhaite que ce travail puisse être engagé dès novembre prochain. Aucun levier d’action ne doit être exclu, que ce soit l’amélioration de l’efficacité énergétique des navires, la réduction de leur vitesse, le déploiement de carburants à basse émission et zéro carbone ou encore la mise en place de mécanismes de marché.Le Gouvernement associera très étroitement les armateurs et la filière navale à l’élaboration de ces mesures.