Analyse de Jimmy Vakaulafia. Tentative de métamorphose

12/04/2018 at 11 h 52 min

ANALYSE DE LA SITUATION SOCIOPOLITIQUE DE LA REGION PACIFIQUE FRANCCOPHONE. 2008 -2018.

En ce jour de jeudi 12 avril 2018, en tant que Délégué Régional Pacifique pour le Groupe CAP 21 et Intervenant Grande Région Pacifique au sein du FERAM, j’ai pris la décision de mettre un terme sur mes « approches politiques » sur la région Pacifique francophone, car il est très difficile de communiquer OBJECTIVEMENT sur la situation et les perspectives, voire la prospective avec les populations et dirigeants locaux.

Je tiens avant tout à remercier Madame la Ministre Corinne LEPAGE, Présidente de CAP 21 Le Rassemblement pour la confiance qu’elle m’a accordée depuis les Européennes 2014, pour sa validation de la stratégie de développement présentée, qui malheureusement, n’a pas reçue l’adhésion attendue localement et régionalement.

Un grand merci également à Patricia Pompilius, Présidente de CAP Citoyen pour cette collaboration riche depuis les Européennes qui nous a permit d’identifier les leviers potentiels de développement, en mutualisant nos expertises, nos énergies, pour les faire converger vers des réponses ultramarines globales.

Enfin, une mention particulière à Monsieur Jean RAPENNE, du Groupe CEET, qui m’a encouragé et soutenu dans la mise en place des projets visant à permettre aux Collectivités du Pacifique francophone d’avoir leur dépendance énergétique, domaine stratégique à maitriser pour la maitrise des coûts de production, si on veut se développer.

De 2008 à aujourd’hui 2018, j’ai fait le nécessaire, payé au prix fort de ma personne et indirectement de celles et ceux qui me sont chers, cet engagement politique, amorcé et mené sans approches partisanes, mais uniquement axé sur un seul objectif :
– Permettre à ces populations de pouvoir vivre dans un contexte paisible, serein et durable.

Sauf qu’une fois qu’on a dit ça, on doit prendre en compte les éléments de problématiques des Collectivités respectives…et la problématique régionale ou coexistent les COMs pour la France et les PTOM pour l’UE, 2ème bailleur de fonds de la région.

QUELLE EST LA SITUATION REGIONALE ?

Le développement de la région du Pacifique est inégal, multidimensionnel, et l’on peut dire qu’il pose pas mal de problèmes. Il revient donc aux « politiques » du Pacifique, du moins c’est ce que je ferai si j’étais un « Politique » de faire une analyse sur les engagements politique et financiers dans le contexte actuel ainsi que les perspectives de la coopération au développement de l’Union européenne dans le Pacifique.

En tant que natif de Wallis et Futuna, il était IMPERATIF de proposer des pistes de réflexion susceptibles de contribuer à la mise en place d’une stratégie à la fois locale, régionale qui doit épouser la stratégie de la réforme territoriale de la France et de la stratégie européenne qui sous-tend la coopération dans cette région.

Mes analyses et préconisations pour la région, basées sur l’outil PESTEL que j’ai compléter par un autre E pour Ethique et C pour Culturel (au final c’est un PESTEELC) ont pris en compte le fait que sur cette région où il n’y a que des ECONOMIES D’ECHELLES, les vraies et uniques perspectives réelles de développement ne peuvent passer que, et uniquement par, LA MISE EN PLACE DE PARTENARIATS NOUVEAUX ET EQUITABLES dans lesquels les propres stratégies de développement trouveront l’appui nécessaire à leur essor.

Ce qui veut dire que chaque Collectivité francophone doit élaborer sa propre stratégie de développement, EN FONCTION DE SON POTENTIEL DE DEVELOPPEMENT ET DE SES ELEMENTS DE PROBLEMATIQUES (Economie, sociologie, etc…) avec Méthodologie, Outils et Moyens. Là, il y a les bulletins de l’IEOM qui permettent d’avoir un aperçu neutre de la situation de chaque Collectivité. Donc, il faut avoir un minimum de connaissance en Eco, Fi, etc…. doublée d’une maitrise de la chose « institutionnelle, etc.), autrement, c’est déjà très mal barré !

Une fois passée cette phase, il revient donc aux Politiques locaux de travailler sur les orientations de l’Etat français (réforme territoriale, entre autres) et la stratégie de l’UE pour la région. Cette phase consiste à repenser les relations entre l’Union européenne et le Pacifique, qui demande un gros travail d’analyse, qui demande beaucoup de travail et de réflexion avec DES PROPOSITIONS LOCALES QUE L’ON SE DOIT PAR LA SUITE, NEGOCIER POUR LES INTEGRER DANS LES NEGOCIATIONS REGIONALES. SI TU ES SUIVEUR, TU SUBIS ET TU ES MORT !

C’est malheureusement le cas pour Wallis et Futuna, qui a les éléments de problématiques majeurs suivant :

1- un marché de 13 000 habitants. Le développement ne concernera que le MARCHE LOCAL, A CONDITION QU’IL MAITRISE SES COUTS DE PRODUCTION, autrement, c’est mort !

2- 60% de l’emploi est assuré par le « public ». Qui dit « Public », dit FACILEMENT MIS SOUS TUTELLE PAR UNE AUTRE ADMINISTRATION.

3- Un exode massif de la tranche d’âge à forte valeur ajoutée (18-35 ans)

4- Menacé par la montée des eaux. Il ne s’agit pas de l’eau telle qu’on le pense, mais de la nappe phréatique qui sera touchée, des cultures qui seront menacées etc = des alternatives qui coûteront chères et qu’il faudra financer. Par qui ? FED ?
C’est la raison pour laquelle, lors des Européennes de 2014, j’ai bien insisté sur le fait qu’il y a une énorme différence entre le développement par l’investissement sur les infrastructures (attractivité : ports commerciaux, internet, câble, fibre, etc) et le développement par l’investissement sur l’économie réelle (création d’emploi et de richesse), mais bon.

PERSPECTIVES

Au niveau Géopolitique, la région du Pacifique Francophone et non francophone, constitue un terrain qui est appelé à jouer un rôle plus important. La France, tout comme l’UE a toutes les raisons de vouloir engager plus de ressources pour y supporter ses intérêts et ses activités.
Nous, îliens, nous n’avons pas à dénoncer ceci ou cela car nous sommes à la fois la France et l’UE.
SI J’ETAIS UN POLITIQUE DU PACIFIQUE FRANCOPHONE, ET SURTOUT DE WALLIS ET FUTUNA, ma mission majeure aurait été, en particulier, présenter les spécificités de mon fenua, afin de permettre à la France et à l’UE, d’accroître et d’approfondir ses connaissances des institutions Wallisiennes et Futuniennes, sur l’articulation des 3 sphères, car, malgré que l’on soit des confettis de la République, nous avions une place stratégique à faire valoir.

LAQUELLE ?
Elle est infime, mais elle peu se défendre !
La création du Statut des Collectivités territoriales, qui s’inscrit dans la réforme territoriale de l’Etat, est également applicable sur les anciens TOM (Territoire d’Outremer). Donc, depuis 2003, les anciens TOM sont devenus COM (Collectivités d’Outremer).

Qu’est ce que c’est que ce Statut ?
Je vais faire simple. Sans passer par les explications des décrets etc, le Statut de COM est un Statut qui permet à l’Etat de créer une COLLECTIVITE NOUVELLE EN FUSIONNANT 2 COM DEJA EXISTANTES, ou EN INTEGRANT 1 A L’AUTRE (en passant par une mise sous tutelle éventuellement)…voire par le biais d’une autre proposition cette fois, par l’UE avec les statuts de PTOM.

Le Statut de COM est un statut qui donne à l’Etat les compétences régaliennes avec une maitrise du foncier, de la Justice, etc.
Donc, depuis 2003, la compétence foncière de Wallis et Futuna est la compétence de l’Etat, tout comme la Justice. Il est vrai, qu’avant 2003, ces compétences étaient attribuées au Pouvoir coutumier. OUI, SAUF QUE LE POUVOIR COUTUMIER N’A ETE QUE CONSULTATIF. C’est-à-dire qu’on lui a fait croire qu’il avait un certain pouvoir, mais uniquement en apparence.
Reconnaître ne veut dire « je te confie le pouvoir ».

CONCLUSION SUR LA SITUATION DES 3 COMs FRANCOPHONES.

Des 3 COMs du Pacifique francophone,

A- La Polynésie française, 250 000 habitants. Economie « équilibrée » entre l’emploi Public et Privé (je fais simple) est la mieux placée, car, même si elle est inscrite sur la liste des pays à décoloniser, elle bénéficie d’un imaginaire de « spot touristique » international, elle a su anticiper en diversifiant son économie avec le déclin du marché de la Perle et s’est orientée vers les nouvelles technologies, l’Innovation etc…Et surtout, elle a su tisser des relations diplomatiques » directes avec l’UE, à travers une stratégie de développement très orientée UE.

INSTABILITE POLITIQUE.

B- La Nouvelle-Calédonie, 250 000 habitants, attend le verdict du référendum du 4 novembre 2018. Son Économie, on va dire presque équilibrée entre le domaine Public et Privé, avec une dominante du Nickel. Marché « menacé » par l’arrivée de matières premières de substitution, dans un contexte de marché d’Obsolescence. Particularité, référendum le 4 novembre 2018.

Quand bien même, quelle que soit l’issue de ce référendum, nous sommes bien ici dans une revendication identitaire, qui a des similitudes avec les conflits ethniques (beaucoup plus marqués en Afrique, mais je ne m’attarderai pas dessus car il y a d’autres paramètres à développer), ce qui veut dire que ce sont des luttes qui ne se termineront jamais, du fait que les générations actuelles et à venir reprendront toujours la lutte, en utilisant les outils modernes de la société.

La NC a un autre point faible économique, c’est qu’il n’a jamais réussi à diversifier son économie (traduite si on veut à travers une matrice McKinsey) basant toutes ces ressources politiques et investissements sur sa Star qui est devenue depuis des décennies sa seule VAL (Vache à lait) qu’est le Nickel.

Autre point faible de la NC, son « ouverture » par rapport à l’UE est très faible.

INSTABILITÉS POLITIQUE ET COUTUMIÈRE

C- Wallis et Futuna. 13 000 habitants. 60% de l’emploi est administratif (pour faire simple)…donc facilement mis sous tutelle, dans le cadre des réformes territoriales.
Nous avons 1 seul atout malgré ce tableau pas très reluisant. Mais il revient aux autorités politiques locales, non seulement de l’identifier, mais surtout pour le proposer au Pouvoir central.

INSTABILITÉS POLITIQUE ET COUTUMIÈRE

ORDONNANCE APPLICABLE OU NON ?
C’est dévier la réflexion de la vraie cause qui n’est autre que ce Statut de COM qui a tout simplement Wallis et Futuna dans la situation qu’elle a aujourd’hui, et qui sera encore plus problématique demain.

Je souhaite bonne route aux Politiques de Wallis et Futuna pour la suite, dans ce contexte de REGIONALISATION ou la mobilisation des compétences existantes sera déterminantes dans le concept régional de « Pacific ways », à savoir comment cette vaste région entend s’y prendre pour entrer dans la modernité et la globalisation, tout en préservant sa culture, son héritage et ses traditions.

Normalement….

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