La fin de NEMO en Martinique (suite)

11/04/2018 at 9 h 20 min
Alors que cette initiative pouvait à échelle mondiale ouvrir un champ considérable aux énergies marines, les élus martiniquais viennent de se prononcer contre le projet Nemo. Si l’argument du coût exhorbitant du projet est un argument juste, à ramener à la dimension innovation de la centrale , l’argument du stockage de l’ammoniaque reste à débattre. Depuis plusieurs années la société BIOTOPE mène son enquête sur l’impact et  les conséquences écologiques de l’installation.

Nous avons tenté d’en savoir plus auprés du service communication avec trois questions « – le projet est il définitivement annulé pour la Martinique ou peut il revoir le jour?- Akuo va t elle valoriser ailleurs le savoir faire acquis ? Si oui , où et dans quelles conditions ? (le projet était trés avancé, l’étude d’impact finalisée) – EDF a t elle une responsabilité dans l’arrêt du projet comme elle l’a eu pour l’arrêt de Bouillante?  » , service qui nous a répondu: « Je suis désolée, nous ne souhaitons pas faire de commentaires suite à la publication de ce communiqué. » Dommage !

Nous avions travaillé en 2016 sur ce sujet lors de notre reportage sur l’énergie thermique des mers (voir ce sujet de 8′): https://www.dailymotion.com/video/x2yn9h4

Espérons que l’initiative se poursuivra. Elle est porteuse d’espoir. Qu’une nouvelle fois , comme pour la géothermie, les immenses sommes engagées dans le projet innovant ne tombent dans l’oubli au moment de passer au développement . Reste effectivement à voir comment EDF , non citée par nos confrères, se positionne dans cette affaire.

D martin Ferrari

Les faits vus par  Outremers 360°: « Depuis trois semaines, le risque pour la population du stockage de près de 300 tonnes d’ammoniaque dans les eaux profondes par le projet Nemo suscite beaucoup d’inquiétudes en Martinique. Une inquiétude qui s’est immiscée dans les débats de la séance plénière ce mercredi 4 avril à la collectivité territoriale.
Un risque jugée « préjudiciable à l’image environnementale » de la Martinique mais aussi dangereuse pour l’économie de la Martinique, comme le souligne Yan Monplaisir. « Je ne peux pas mettre en péril la santé des martiniquais et même je dirais le développement économique de la Martinique parce que ça va entacher le développement économique. Tous les projets qui pourraient se construire autour de ça, notamment touristiques, ils ne vont pas se faire là. Qui va aller investir juste en face d’une zone à risque comme celle-là ? », a déclaré le conseiller territorial.
A cela, les élus ajoutent qu’il s’agit « d’un projet exhorbitant (450 millions d’euros, financé par l’Etat et l’Union Européenne, ndlr) pour un coût de production faible » (10MW) et un prix de rachat de l’électricité plus élévé que les autres énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolienne. Toutefois, cette motion votée pour l’arrêt de projet NEMO n’est qu’un avis consultatif.

Les promoteurs prévoient un gel du projet NEMO

Porté par AKUO Energy et Naval Group (ex-DNCS) depuis 2014, NEMO est un projet de centrale flottante de production d’énergie thermique des mers d’une puissance nette de 10,7 MW et qui alimenterait 35 000 foyers supplémentaires en énergie renouvelable à l’horizon 2020. Mais la mise en service pourrait être retardée.

Le projet Nemo en Martinique © DCNS

Le projet Nemo en Martinique © DCNS

En effet, selon le site spécialisé Mer et Marine, le projet NEMO en Martinique pourrait être gelé en raison de difficultés techniques. « Pour les centrales ETM (énergie thermique des mers) offshore, nous sommes encore confrontés à des problèmes pour aller chercher l’eau en profondeur. Il faut en effet concevoir un tuyau long d’un kilomètre et de 6 mètres de diamètre, capable de remplir une piscine en 3 secondes, qui doit se déployer facilement, est accroché à une structure flottante et doit pouvoir résister 25 ans dans des zones très régulièrement soumises à des épisodes cycloniques. Les briques technologiques qui permettent de répondre à toutes ces contraintes, tout en disposant de systèmes économiquement viables, ne sont pas encore mûres. » confie Laurent Schneider-Maunoury, président de Naval Energies au site Mer et Marine

Des difficultés techniques très coûteuses à financer, qui empêchent l’avancement du projet. « Nous ne sommes pas en mesure de nous engager sur un planning car cela dépend de l’identification et de l’obtention d’aides publiques. Nous devons encore faire sauter ce verrou technologique et il nous faudrait encore investir en R&D plusieurs dizaines de millions d’euros, que nous ne pouvons pas mobiliser pour le moment. Toutefois, nous travaillons à fond pour trouver les financements nécessaires », a conclu Laurent Schneider-Maunoury.

le papier de La 1° France TV : C’est par un communiqué qu’Akuo Energy annonce ce mardi 10 avril le « gel du projet Nemo d’énergie Thermique des Mers » prévu au large de Bellefontaine.

La décision a été prise le 3 avril dernier et rendue publique ce mardi 10 avril. La cause annoncée serait des « difficultés techniques liées à la conduite principale d’aspiration d’eau froide« .

Un « gel » ou une « impossibilité de poursuivre » ?

La société poursuit et précise que « ce gel conduit mécaniquement à un décalage important du projet dans un délais qui reste encore à définir« . Au point aussi de compromettre « très largement l’avenir du projet« .

Toujours selon les termes du communiqué très laconique envoyé par le service communication, « face à ce constat, Akuo Energy qui a réalisé l’ensemble des étapes de développement de ce projet, constate l’impossibilité de poursuivre le projet Némo« .

Cette nouvelle donnée intervient une semaine après le vote d’une motion des élus de l’Assemblée de Martinique s’opposant au projet Nemo.
Ces derniers avaient pointé du doigt la dangerosité du projet qui utilise de l’ammoniaque, une substance présentant des dangers pour la faune pour la flore. En mars dernier, le maire de Case-Pilote Ralph Monplaisir, s’était vivement élevé contre ce projet.

Akuo Energy, joint par Martinique la 1ère, a refusé de s’exprimer davantage, suite à la réception de son communiqué.