risques littoral: la DEAL de la Réunion prépare le plan de prévention

10/04/2018 at 8 h 02 min

Après l’Étang-Salé, Saint-Louis et Saint-Benoît, Saint-Paul est en train de faire valider son plan de prévention des risques (PPR) littoral. Depuis la tempête Xinthia qui a fait 47 morts en 2010, en métropole, l’État a demandé à ses services de réaliser des PPR spécifiques prenant en compte l’évolution du trait de côte et le risque de submersion marine à l’horizon 2100. L’objectif est d’établir des zones rouges interdisant toute nouvelle construction. Les habitations existantes ne sont pas menacées. Mais si un événement naturel comme un épisode de forte houle détruit le bâtiment, la reconstruction sera interdite. Au total, 280 bâtiments, qu’ils soient publics ou privés, seront concernés par cette zone rouge.

Le trait de côte, un risque majeur à Saint-Paul. Contrairement aux autres communes de l’île où la submersion marine représente le risque essentiel, Saint-Paul est davantage sous la menace de l’érosion. La Deal a mesuré le grignotage des côtes depuis les années 50 grâce à des photos aériennes prises régulièrement. Le bilan est effarant. La côte a reculé de 5 à 25 centimètres selon les endroits. Après avoir déterminé ce taux de recul annuel, elle l’a multiplié par 100 pour déterminer l’évolution du trait de côte d’ici 2100. « On considère que l’évolution de celui-ci se fera au même rythme que sur les 50 dernières années », explique la Deal. Celle-ci ajoute également une largeur supplémentaire pour prendre en compte les événements exceptionnels qui pourraient se dérouler. Cette longueur est forfaitaire et évolue entre 10 et 20 mètres selon les endroits. Au final, la Deal a établi une bande large de 10 à 30 mètres sur laquelle il sera impossible de construire une fois le PPR validé.

Le changement climatique est également pris en compte mais uniquement à titre d’information. Il ne se traduit pas réglementairement par la mise en place d’une zone rouge. « Il s’agit d’interpeller les aménageurs pour qu’ils ne construisent pas des éléments structurants, comme des écoles, à ces endroits », précise la Deal.

Celle-ci intègre ainsi dans ses calculs l’élévation du niveau de la mer. Si plusieurs hypothèses existent, la Deal privilégie un scénario intermédiaire qui verrait le niveau de la mer augmenter de 20 centimètres. Dans ce contexte, le recul du trait de côte sera trois fois plus important. L’océan pourrait gagner par endroits entre 60 et 80 mètres.

Submersion marine, Dyna et la houle de 2007 comme référence. La submersion marine est la capacité de la houle à franchir les barrages naturels lors d’événements météorologiques de fortes ampleurs. La Deal s’est appuyée sur le cyclone Dyna, en 2002 et sur l’épisode de forte houle de mai 2007. La baie de Saint-Paul avait subi d’importants dégâts. La Deal réalise ses modélisations en prenant en compte l’élévation du niveau de la mer sur les 100 dernières années. Cette technique permet de visualiser les zones où pourrait arriver la houle. Deux types de zones sont établis : les zones rouges où les constructions sont interdites et les zones bleues où les constructions sont autorisées à condition de surélever le bâtiment de 50 centimètres.