Décider de la guyane avec les guyanais de Paris

27/03/2018 at 15 h 47 min

Samedi à Paris , le président de la CTG rencontrait les guyanais . Arc bouté sur ses projets de développement Rodolphe Alexandre n’a pas hésité à jouer l’autorité face à des citoyens bien informés. Il n’a pu éviter le débats sur le pétrole, l’or , l’APA…ce qui l’a conduit à de bien sévères paroles contre les peuples amérindiens qui risquent de lui revenir en boomerang au moment où, sur le terrain,  les équilibres entre communautés changent.

Et quand fût abordé le débat sur le projet de la montagne d’or il joua le total amalgame, le tout ou rien.

Espérons que la Guyane saura défendre l’extension de Saint Laurent dont la population va exploser, le projet du nouvel avant port en eau profonde qui permettrait des économies de dragage sur Degrad Des Cannes. Tout cela peut voir le jour dans un développement harmonieux et planifié sans nécessiter le passage pour quelques années par un projet mortifère sur le long terme

DMF

Vu dans France Antilles (l’ambiance était chaude!): 

 » Le débat sur les permis miniers été le moment d’une petite passe d’armes entre Rodolphe Alexandre, président de la Collectivité territoriale et Gabriel Serville, député de la première circonscription. Le premier se vantant d’être celui qui avait fait plier l’État en 2012 en l’obligeant à reconnaître que la CTG était compétente pour octroyer les permis d’exploration et d’exploitation minière, le second reprochant au premier de ne pas l’avoir soutenu en octobre dernier au Parlement quand la loi Hulot est venue mettre un terme à tous les permis d’exploration d’hydrocarbure… L’occasion pour le député Serville de rappeler qu’il avait blessé le ministre Nicolas Hulot en le traitant de colonialiste ; l’occasion pour le président Alexandre de révéler qu’avec l’aide du groupe Total, il allait attaquer la loi Hulot!
« Aujourd’hui ce sont les écologistes qui décident pour la Guyane, s’est énervé Rodolphe Alexandre Ils sont allés chercher les Amérindiens pour dire que la question minière était amérindienne, mais sur le site de la Montagne d’or, il n’y a aucune communauté de vie amérindienne! » Selon lui, la Guyane a raté une page d’histoire à cause d’eux avec l’échec du projet Iamgold à Kaw. « Je veux un débat sur la Montagne d’or, a répété Rodolphe Alexandre, et si les chefs coutumiers prennent position, il faudra écouter les deux sons de cloche! » Georges Vincent est venu crier son désaccord : « La Montagne d’or, c’est 700 emplois et combien de personnes contaminées au mercure et pour combien d’années ? » Rodolphe Alexandre lui a opposé la construction de la route du fleuve, la création d’une école des mines à Saint-Laurent et le développement de l’agriculture le long des 150 km de la route… Enfin, revenant sur le brevet que l’IRD a déposé sur une molécule issue du couachi (quassia amara), Rodolphe Alexandre a rappelé que cette plante avait été importée en Guyane au XVIIe siècle et que son utilisation traditionnelle n’était pas plus du fait des Amérindiens que des Créoles ou des Bushinengué. « S’il doit y avoir des retombées locales, c’est la CTG la mieux placée » , a-t-il affirmé.