Nouvelles mesures pour l’insertion professionnelle en outre-mer

03/09/2014 at 11 h 16 min

Les Contrats d’Accès à l’Emploi accentuent les mesures de la loi du 25 juillet 1994 tendant à favoriser l’emploi, l’insertion et les activités économiques dans les départements d’Outre-mer, à Saint Pierre et Miquelon et à Mayotte.

Les bénéficiaires sont, entre autres, les bénéficiaires du RSA.

Monique Orphée, députée réunionnaise et membre des affaires sociales, creuse la problématique de l’emploi, particulièrement sensible en outre-mer, en proposant une  meilleure utilisation des contrats aidés en outre-mer grâce à l’insertion professionnelle des bénéficiaires du RSA. Le défi ? Utiliser un fonds financé par l’enveloppe RSA pour financer le résiduel des contrats aidés pris en charge par les collectivités.

C’est dans cette optique que la députée recevait hier les inspecteurs de l’Inspection Générale des Affaires Sociales mandatés par une mission interministérielle (Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue social ainsi que le Ministère des Outre-Mer).

Cette rencontre a permis « d’échanger sur les solutions possibles, qui permettront aux réunionnais (…) d’envisager un retour sur le marché du travail », et a débouché sur trois idées principales.

La première, la possibilité d’une création d’un fonds financé par l’enveloppe RSA, le FSE, ou encore les fonds dégagés par le taux de non-recours du RSA (environ 5 milliards d’euros), dans la problématique du financement du résiduel des contrats aidés du secteur non-marchand.

La députée souhaite également « briser la spirale des inégalités » et évoque l’importance de la dignité au travail. Seconde urgence liée à l’emploi : soulager les victimes de la crise et du chômage, tout en faisant évoluer le regard porté sur la population réunionnaise et, par extension, ultramarine, bien trop souvent taxée « d’assistée ».

Enfin, confier la gestion des contrats aidés à Pôle Emploi pour un suivi plus cohérent et plus transparent.

Du 8 au 12 septembre, les chargés de cette mission s’attacheront à rédiger un rapport sur l’insertion professionnelle des bénéficiaires du RSA.

Si cette entrevue est un bon point en ce qui concerne l’insertion professionnelle des ultramarins sur le marché du travail, Monique Orphée n’oublie pas d’alerter sur « la situation hors norme » que connaissent les départements d’Outre-mer. Un taux de chômage excessivement élevé, une insertion professionnelle difficile pour les jeunes ultramarins, avec plusieurs facteurs agissant comme freins : méconnaissance de certaines institutions, insuffisance des informations liées à l’emploi, etc.

En parallèle, l’outre-mer est source d’immenses possibilités. La population ultramarine est jeune et dynamique – un tiers de la population a moins de vingt ans (31, 2%*), une biodiversité extrêmement riche (plus de 3400 plantes et 380 vertébrés y sont endémiques, sans parler des récifs coralliens, patrimoine mondial de l’UNESCO), et un champ incroyable en matière de recherches (centre spatial en Guyane, réserves de Nickel en Nouvelle-Calédonie).


Par Marie Delattres

*source : étude INSEE – 1er janvier 2011.