Martinique : une déclaration d’intention pour une « île durable » signée par Ségolène Royal

02/09/2014 at 14 h 51 min

Ségolène Royal a échappé au Congrès de la Rochelle en partant à la Martinique. La déception doit être perceptible là-bas puisqu’elle n’y a signé qu’une « déclaration d’intention » visant à faire de la « Martinique une île durable, territoire à énergie positive pour la croissance verte ». Le chemin va être long! Mais après tout, cela vaut mieux que toutes les promesses non tenues.

Que retenir? 
Alors qu’elle avait déclaré lors de sa présentation de la loi sur la transition énergétique que les voitures électriques ne bénéficieraient pas de bonus dans les îles (trop tendues en termes de production) elle a déclaré ce week-end faire de la Martinique la terre d’expérimentation des bornes de recharges de véhicules électriques alimentés en autoconsommation par des énergies renouvelables. Une expérience réunionnaise démarrée il y a trois ans et qu’il est temps de poursuivre, les transports polluants restant un des fléaux des îles.

Autre engagement intéressant, la mise en oeuvre sur l’île du projet NEMO d’Akuo, soutenu par DCNS visant à l’exploitation de l’énergie thermique des mers, lauréat  du fonds européen NER 300 d’un financement couvrant les cinq premières années d’exploitation de la centrale. Partenaire industriel du projet, DCNS est le fournisseur de cette technologie innovante. La sélection par l’Europe préfigure le développement d’une filière industrielle de l’ETM Ensemble, DCNS et Akuo Energy vont développer une centrale ETM offshore de 16 MW qui sera opérationnelle dans quatre ans. Cette plateforme flottante ancrée en mer exploitera la différence de température entre l’eau chaude de surface et l’eau froide des profondeurs pour produire une électricité non intermittente, et décarbonée sans aucune incertitude sur la ressource (accès, disponibilité, coût).

Cette technologie est proche de celle désignée sous le terme de WAC – Water Air Conditionned – qui alimente les hôtels de Tahiti. Des études de faisabilité ont été menées à La Réunion et désormais à La Martinique. Mais DCNS a mis en œuvre en 2011 un prototype à terre. Ce système, développé conjointement avec la Région Réunion et l’université de la Réunion, est aujourd’hui installé sur le site de l’université de Saint-Pierre. Ce prototype a permis aux équipes de travailler sur le système principal de production électrique et de valider la technologie des échangeurs.


Par Dominique Martin-Ferrari