La bioeconomie présentée aujourd’hui par Stephane TRAVERT au salon

26/02/2018 at 18 h 12 min

Il y a deux jours nous évoquions ce dossier . Il n’est pas vraiment nouveau, mais sémantiquement rebaptisé, et il faut noter des progrès .C’est en tout cas un dossier dont on va beaucoup parler outremer puisqu’il recoupe la question de l’autonomie énergétique, de l’avenir de la canne liée à la crise du sucre et peut être demain ,de la replantation des bananeraies chlordéconées .

Il n’en reste pas moins que c’est un dossier qui agite les esprits depuis de nombreuses années car il enclenche la plupart du temps un conflit d’usage des terres entre production alimentaire et énergétique. Les récentes approches en terme d’économie circulaire ont cependant changé la donne, on se préoccupe davantage du traitement des déchets et le biogaz a tendance à s’imposer. Profitant du salon de l’agriculture, le ministre a présenté son plan , un plan sur lequel travaillent les chercheurs sur les territoires depuis quelques temps. (voir « l’outremer en métamorphosent°2 : biodiversité et filières agricoles, en vente 10 euros , enmetamorphose@gmail.com)

le communiqué: » À l’occasion du salon international de l’agriculture, Stéphane Travert, ministre de l’agriculture et de l’alimentation, a présenté ce lundi 26 février le plan d’action bioéconomie. La bioéconomie, c’est l’économie du vivant, celle qui valorise une énergie abondante, renouvelable et gratuite : l’énergie solaire. Elle couvre la production, la mobilisation et l’utilisation des ressources agricoles, forestières et marines, pour fabriquer alimentation, énergies renouvelables, matériaux biosourcés et molécules d’intérêt.

Le plan d’action élaboré dans le prolongement des Etats Généraux de l’Alimentation, propose une cinquantaine de mesures concrètes pour développer la bioéconomie, structurées autour de cinq axes : améliorer la connaissance, promouvoir la bioéconomie auprès du grand public, créer les conditions d’une rencontre de l’offre et de la demande, produire, mobiliser et transformer durablement les bioressources, lever les freins et mobiliser les financements. La mise en place d’un label reconnu « produit biosourcé » ou la prise en compte du caractère biosourcé des produits dans les marchés publics devraient permettre par exemple de diffuser plus largement la mobilisation du bois, du béton de chanvre ou des isolants en fibres végétales dans la construction. Ces éléments sont de nature à créer de la valeur et mettre en place de nouvelles filières agricoles et forestières dans les territoires métropolitains et ultra-marins. Stéphane Travert a ainsi exprimé son souhait que les jeux olympiques 2024 soient l’occasion de mettre en avant ces filières d’excellence et d’avenir, par exemple, par l’utilisation de ces matériaux pour la construction du village olympique. La valorisation des bioressources issues des milieux aquatiques, marins et eaux douces (pêche, aquaculture durable, macro et micro-algues…) représentent en outre des pistes de débouchés prometteurs. La production d’énergies renouvelables à travers la production d’électricité, de biocarburants, ou de biogaz représentent également des compléments de revenu pour plus de 50 000 exploitants agricoles. Cette dynamique doit se poursuivre, notamment à travers le développement de la méthanisation agricole. La méthanisation agricole fait l’objet de deux actions spécifiques du plan d’action bioéconomie, l’une portant sur la levée de freins réglementaires, l’autre sur la facilitation du financement. Stéphane Travert confirme ainsi la mise en place d’un fonds de prêts sans garantie en faveur de la méthanisation agricole à hauteur de 100 millions d’euros dans le cadre du volet agricole du Grand Plan d’investissement. Pour Stéphane Travert, « La bioéconomie doit permettre de passer d’une économie fondée sur des ressources fossiles à une économie compétitive et durable fondée sur du carbone renouvelable. Elle positionne les filières agricoles, forestières, aquacoles et pêche comme des acteurs incontournables de la transition vers une économie décarbonée. Sondéveloppement est l’occasion de rappeler que les agriculteurs, les forestiers, les pêcheurs nous nourrissent mais qu’ils peuvent aussi nous chauffer, nous vêtir, nous fournir de l’électricité et des matériaux ! »