Les problèmes posés par l’intermittence des eNR seraient ils une idée reçue?

14/02/2018 at 9 h 54 min

Le think tank Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEAF) publie ce matin une nouvelle étude (CP en PJ étude ici) sur la transition dans le secteur électrique, avec 9 étude de cas de pays ou régions en pointe, avec des profils très variés : Allemagne, Danemark, Irlande, Espagne, Uruguay, Californie, Texas, Australie Méridionale, Tamil Nadu.Cette étude tord le cou à l’idée reçue selon laquelle « l’intermittence » du solaire et de l’éolien serait un obstacle à leur intégration rapide dans le mix électrique.

En effet, ces 9 cas affichent déjà une part des renouvelables variables dans la production électrique comprise entre 14% et 53%, contre une moyenne mondiale de 5%, tout en bénéficiant de réseaux stables et fiables, comme en témoigne leur bon score SAIDI (« System Average Interruption Duration Index », indicateur standard de fiabilité des réseaux), à l’exception peut-être de l’Uruguay, dont le score est toutefois équivalent à celui d’autres pays au revenu/tête équivalent comme la Croatie (cf p.41).

Les approches mises en œuvre pour développer les renouvelables variables et assurer la stabilité du réseau sont aussi diverses que les profils. Ainsi, au Danemark, en Espagne et en Uruguay, le développement des renouvelables non variables (hydraulique, géothermie, biomasse, CSP) permet d’équilibrer la production (cf p.13)

Au Danemark (53%), les agrégateurs d’électricité éolienne sont chargés d’exploiter la réponse de la demande, et doivent s’engager sur leur production future, en mettant à contribution l’ensemble de leur portefeuille d’approvisionnement, et seront pénalisés s’ils ne tiennent pas leurs engagements (cf p.30)

L’Australie Méridionale s’assure 48% de son électricité par les renouvelables variables, en développent le stockage sur batteries avec l’aide de Tesla (cf p.24) et en exploitant les possibilités offertes par la réponse à la demande.

L’Uruguay est passé de 1% de solaire et d’éolien en 2013 à 32 % en 2017, en utilisant la complémentarité entre le solaire et l’éolien pour lisser la production, l’hydraulique pour équilibrer le réseau, et ses interconnexions avec le Brésil et l’Argentine en dernier ressort.

Quant à la France, sans surprise, elle ne figure pas dans cette sélection de leaders.

L’étude montre que la transition, notamment en France, pourrait aller beaucoup plus vite qu’on ne l’imagine le plus souvent, et que les débats alimentés par les tenants du statu quo sur la stabilité du réseau et le caractère prétendument indispensable d’une importante « charge de base » (« baseload ») ne sont pas pertinents (comme l’a encore montré récemment l’étude sur le sujet commandée par l’administration Trump).

L’auteur principal, basé au Royaume Uni, se fera une joie de répondre à vos questions : Gerard Wynn +44 7990 560 525 gerard.f.wynn@gmail.com