IHEST: un colloque mardi 13 sur la diplomatie scientifique

12/02/2018 at 18 h 09 min
La diplomatie scientifique, terme apparu au XXIème siècle, est-ce, comme le spécifie l’Association Américaine pour l’Avancée de la Science (AAAS, Association for the Advancement of Science), une « diplomatie pour la science », « une science pour la diplomatie » ou encore une science particulière qui éclairerait les choix diplomatiques ? De toute évidence, ce sont les trois. Si le croisement entre le domaine de la production des savoirs issus de la recherche et celui des affaires étrangères est de plus en plus fréquent et complexe, comme le souligne Pierre Bruno Ruffini, les acteurs, scientifiques comme diplomates, sont peu préparés à ce rapprochement, tellement les modes opératoires et de construction des connaissances semblent a priori opposer les deux métiers. Ceux qui ont développé cette pratique savent qu’elle est difficilement transmise. Pour être diplomates, les scientifiques doivent-ils savoir particulièrement ouvrir leurs perspectives sur le monde et cultiver autrement transmission et secret ? Pour être scientifiques, les diplomates doivent-ils mettre à distance la part la plus subtile de leur art de la négociation, de la représentation et de leur usage du pouvoir d’influence ? Ou les modes opératoires des deux métiers, à bien y regarder, ne sont-ils finalement plus si opposés, à l’heure où la connaissance s’affirme comme une économie concurrentielle mondiale, où l’eau, l’air, le sol apparaissent comme des biens communs de l’humanité, où l’abondance de la production scientifique (et des données) submerge frontières et conflits et où les guerres prennent des formes plus diffuses ? 

Telles sont les questions que nous avons posées aux deux conférenciers. Et si effectivement, les pratiques passent plus aisément aujourd’hui d’un métier à l’autre, quels en sont les effets sur l’exercice du métier des scientifiques et des diplomates, ces derniers sont-ils variables d’un pays à l’autre ? Qu’est-ce que cela nous indique des inflexions à donner aux cadres théoriques, pédagogiques et d’apprentissages pour réussir à imbriquer les échelles de nos souverainetés nationales, européennes et la connaissance, patrimoine mondial de l’humanité ?