les espèces envahissantes toujours surveillées par l’UICN

12/02/2018 at 17 h 48 min
L’Union internationale pour la conservation de la nature vient de publier son registre mondial des espèces invasives. De quoi permettre en particulier aux pouvoirs publics et chercheurs de mesurer l’impact et son évolution sur l’environnement pays par pays.

Elles sont reconnues comme « la plus grande menace pour le Parc National de La Réunion » selon le dernier rapport accablant établi par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) sur l’état du Parc National de La Réunion fin 2017. Les espèces invasives sont recensées pour la première fois dans un registre global par pays publié par l’UICN en ce début d’année 2018.

La stratégie de lutte contre les espèces invasives à La Réunion (2010) et le POLI (Programme opérationnel de lutte contre les invasions), notamment coordonnées par l’ONF, permettent déjà de prendre en compte la problématique des espèces invasives, ce registre mondial vient compléter les données déjà récoltées. Un travail titanesque où 198 pays, soit l’ensemble de la planète, sont concernés par le GRIIS (Global registred of introduces and invasives species).


Ci-dessus, le schéma de l’apport du GRIIS (en anglais)
– Système de surveillance global –

Pour le moment, 20 pays sont en ligne dont la France mais pas La Réunion, avec plus de 11.000 enregistrements d’espèces. Le reste des pays « seront soumis sous peu » aux enregistrements sur le GRIIS indique le rapport. Le pays le moins touché est la Mongolie avec 77 espèces recensées, l’Afrique du Sud et ses 2.107 espèces répertoriées est le pays le plus atteint. Pour la Métropole, l’UICN fait état de 1.357 « aliens ».

À La Réunion, de nombreuses espèces invasives ont déjà été recensées. Chez les mammifères :  les chats, chèvres, souris grise, rat surmulot, rat noir, musaraigne musquée. Chez les oiseaux : le martin triste, le mainate religieux, le rossignol du Japon et le bulbul orphée. Les réptiles sont également présents avec l’agame des colons ou le gecko vert de Madagscar. Près de 200 arbres et plantes sont également des espèces invasives.

Un constat s’impose dans le rapport : l’importance du milieu marin dans la diffusion des espèces invasives. C’est pourquoi les pays côtiers comptent un nombre largement supérieurs d’espèces. Les facteurs responsables : le commerce et le transport qui ont de nombreux effets dévastateurs sur l’environnement relate le rapport : de la perte de biodiversité à la disparition d’espèces autochtones rares jusqu’aux nouvelles maladies importées par les « aliens ».


Ci-dessus, Les espèces invasives en Afrique du Sud (a et b)  et au Chili (c et d) par écosystèmes et par groupes taxonomiques.

À lire aussi : Parc National – Grosse inquiétude pour La Réunion patrimoine mondial de l’Unesco

En conclusion du rapport, ses auteurs précisent : « le GRIIS fournit une plate-forme d’information systématique, facilement accessible, globalement représentative et pertinente pour les politiques sur les invasions biologiques, en particulier pour les rapports nationaux et mondiaux sur les tendances de l’invasion biologique. Le but ultime du GRIIS est donc d’établir et de fournir des bases de référence nationales et mondiales durables permettant de suivre les changements dans l’état des espèces exotiques et envahissantes ».

Voir également revue N°3 de l’outremer en métamorphoses p 13 à 15