Le dessalement de l’eau à 200km de la mer ? Y réfléchir

09/02/2018 at 14 h 43 min

De la même manière que les militants actifs de la lutte contre le dérèglement climatique refusaient que l’on n parle d’adaptation alors qu’il fallait vraiment atténuer les émissions de cO2 de même les militants actifs qui s préoccupent des ressources en eau de demain, n’aiment pas que l’on aborde la question du dessalement. Pourtant c’est une étape déjà nécessaire . Une entreprise bien connue dans le travail qu’elle a mené en termes d’ENR s’est investie . Aujourd’hui Vergnet HYdro tente le dessalement via le solaire. On sait que le principal handicap du déssalement réside dans ses besoins énergétiques. Vergnet hydro tente le couplage avec le solaire au Mozambique. De plus cette expérience ne se déroule pas en bord de mer mais à 200km du rivage dans une région où les nappes phréatiques sont rattrapées par le sel, la saumure et ne correspondent plus aux normes de potabilité. Vraiment important.

D Martin Ferrari

Voir ci dessous leur communiqué:

L’agence belge de coopération ENABEL (anciennement Coopération Technique Belge, CTB) vient d’attribuer à la joint-venture réunissant les entreprises VERGNET HYDRO (filiale du groupe ODIAL SOLUTIONS, Orléans, France) et AFRIDEV MATI MOZAMBIQUE LDA (Maputo, Mozambique) un marché d’approvisionnement en eau potable par énergie solaire pour 6 villages (7200 habitants) de la Province de Gaza au Mozambique. Les 6 sites seront opérationnels d’ici juillet 2018. « Et, nous sommes très heureux de nous appuyer sur les compétences de la jeune PME innovante MASCARA RENEWABLE WATER (Chartres, France) pour assurer une étape fondamentale de ce projet: le dessalement de l’eau », se réjouit Thierry BARBOTTE, Directeur Général de VERGNET HYDRO.

Bien que ces villages soient localisés à plus de 200 km du littoral, les eaux souterraines y sont en effet saumâtres et ne satisfont pas les normes de potabilité mises en place par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). La consommation d’eau salée provoque déshydratations et maladies rénales. L’eau saumâtre endommage les matériels de pompage et canalisations, les corrode, entraîne la circulation dans les réseaux d’eau de particules métalliques, qui causent des cancers, maladies cardiovasculaires, etc.

Le processus de dessalement solaire de MASCARA est d’autant plus innovant, économique et écologique qu’il ne nécessite pas de batterie pour stocker l’énergie. L’énergie développée par les 6 champs solaires vient directement alimenter ses 6 unités de dessalement utilisant la technologie d’osmose inverse : les OSMOSUN®. « Il s’agit de notre premier marché en Afrique et de notre premier marché traitant de l’eau saumâtre, et non de l’eau de mer. Ce projet marque incontestablement un tournant dans l’histoire de notre jeune entreprise », s’enthousiasme Marc VERGNET, Président de MASCARA.    Les 6 champs solaires (de 80m2 à 160m2) vont alimenter 6 OSMOSUN® et 6 pompes à eau électriques adaptées à ces eaux saumâtres. Ils vont aussi permettre d’acheminer l’eau potable dans les 6 châteaux d’eau, qui vont approvisionner les réseaux d’adduction d’eau potable (AEP) gravitaires. L’eau résiduaire sera rejetée dans des bassins d’infiltration. « Pour 100 litres d’eau saumâtre pompés, 80 litres d’eau potable seront finalement distribués aux villageois », précise Romain DUBREUIL, Responsable Prospection de VERGNET HYDRO.

La puissance totale des 320 panneaux photovoltaïques va avoisiner 88 kWc. Chaque site comprendra un local (un container) dans lequel se trouveront un OSMOSUN®, un système de télégestion (par GSM, internet et câble USB) et une armoire électrique pour la pompe et l’unité de dessalement. « Ce local comportera le nécessaire pour assurer un contrôle continu du fonctionnement de l’unité, sachant que la maintenance d’un OSMOSUN® se résume à renouveler régulièrement son filtre et à remplacer sa membrane tous les 10 ans », ajoute Thomas CANDELORO, Chargé de projets de VERGNET HYDRO.

VERGNET HYDRO pilote le projet et fournit les équipements, MASCARA installe les unités de désalinisation et AFRIDEV MATI MOZAMBIQUE LDA réalise les travaux,  puis prend en gestion. La PME mozambicaine va effectivement assurer un service de l’eau communautaire (maintenance des équipements et vente de l’eau) pour ces 6 réseaux et 15 autres réseaux AEP de cette Province. « Organiser et assurer un service de l’eau en continu où chacun paie selon sa consommation est un formidable challenge industriel pour notre entreprise. Nous allons d’ailleurs, pour garantir ce nouveau service, passer de 15 à 30 salariés en 2018 », explique Dario AMADE, Directeur Général d’AFRIDEV MATI MOZAMBIQUE LDA.

Aujourd’hui, ces villageois mozambicains peuvent parcourir des kilomètres pour accéder à une pompe manuelle et pour s’approvisionner en eau, qui plus est non potable. « Ces installations vont leur délivrer une eau parfaitement potable, au plus près de chez eux et via des robinets », se félicite Laurent DELUCCHI, Ingénieur senior et pilote du projet au sein d’ENABEL. « Notons également que ce projet est la première expérience de dessalement de l’eau réalisé à 100% par énergie solaire, c’est-à-dire sans batterie, au Mozambique. »