Vu dans outremers 360 « the current »

04/02/2018 at 20 h 21 min

« The Current » : Le programme de recherche pluridisciplinaire pour la protection de l’environnement et des océans

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Raimana Lallemant, Docteur en Droit et Chercheur à l’Université de Polynésie ©DR

Du 25 au 30 janvier 2018 a eu lieu, à Singapour puis en Indonésie, l’événement « The Convening 3 : Tabu/Tapu, Who owns the ocean ? », qui s’inscrit dans le cadre du programme « The Current » visant à « promouvoir la protection de l’environnement et plus particulièrement de l’Océan, sous l’angle artistique tout en abordant des sujets économiques, politiques et juridiques ». Raimana Lallemant, Docteur en Droit et participant à l’événement, explique à la rédaction d’Outremers360 les objectifs de ce programme.

Il eut initialement trois grands événements, correspondant à trois grandes expéditions, dans le cadre du programme « The Current ». Le premier, « The Convening 1 », a eu lieu à Kingston en Jamaïque autour d’une expédition en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le second, « The Convening 2 », s’est déroulé à Kochi en Inde avec comme thème les atolls de l’archipel des Tuamotu en Polynésie. Le troisième et dernier événement, « The Convening 3 », s’est quant à lui déroulé à Singapour puis à Bintan en Indonésie. Sous le haut-patronat des îles Fidji, cette 3ème édition avait pour objet principal le Tapu/Tabu (tabou), avec une problématique : « who owns the ocean ? (A qui appartiennent les océans ?). « The Current » est un programme de recherche pluridisciplinaire qui vise à promouvoir la protection de l’environnement et plus particulièrement de l’Océan, sous l’angle artistique tout en abordant des sujets économiques, politiques et juridiques. Ces trois événements s’inscrivent également dans le cadre de l’exposition d’art contemporain « The Oceanic » (du 9 décembre au 4 mars 2018 au NTU CCA Singapore).

« Le but de cet événement était de clôturer la 3ème expédition aux îles Fidji et sur le principe du tabu, ainsi que l’ensemble des 3 ans d’expéditions qui ont été réalisées dans le cadre du programme « The Current » », explique Raimana Lallemant, Docteur en Droit et Chercheur associé au laboratoire Gouvernance et Développement Insulaire (GDI) de l’Université de la Polynésie française ainsi que du Centre de Droit International (CDI) de l’Université de Lyon 3. L’objectif principal est de promouvoir « la protection des océans, de l’environnement, des communautés locales sous un angle artistique en incluant des scientifiques économiques, politiques, juridiques ». « L’art est vraiment un moyen de sensibiliser le public et les décideurs locaux à la protection de l’environnement ». Intervenant en sa qualité de Chercheur et de Docteur en Droit, Raimana Lallemant s’est plus précisément penché sur « Les connaissances traditionnelles et leur potentiel » et sur « la réconciliation du droit et des traditions en Polynésie française : le cas du Rahui ». « J’ai été associé à l’événement car j’ai été interviewé lors de la 2e expédition de « The Current » en Polynésie française en 2016. Mon interview a d’ailleurs été intégré à l’exposition d’art contemporain « The Oceanic ». Elle portait sur les aires marines protégées et les essais nucléaires français », indique-t-il. Concernant le principe de Rahui, le but de son intervention était « de voir les liens, conflictuels ou pas, entre le droit public polynésien » et cette notion traditionnelle et ancestrale, observée encore sur certaines îles et communes de Polynésie. « Depuis le mois d’octobre, la notion de Rahui a été intégrée au nouveau code de l’environnement. C’est la première fois qu’on donne une définition et que cette notion est présente dans le code de l’Environnement en Polynésie », indique-t-il.

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Grande particularité de l’événement « The Convening 3 », la mise en avant de la méthode du « Talanoa Dialogue », qui a rythmé les débats, conférences et autres ateliers thématiques. « On pourrait appeler cela des tables rondes mais sans tables », explique Raimana Lallemant. « Ça a été mis au goût du jour à la COP 23 par les îles Fidji. C’est un principe déjà en place dans la plupart des Etats insulaires du Pacifique et c’est véritablement une discussion sans caractère formel et pendant laquelle les personnes présentes ont le droit de dire ce qu’elles veulent, ou de garder le silence, le tout de manière très libre et décontractée. Cela permet de sortir du cadre formel d’une table ronde ou d’une négociation. Il n’y a pas de protocole particulier et ça permet aussi d’aborder des sujets difficilement abordables dans d’autres conditions ».