vu dans la revue des zones humides: le crapaud buffle

26/01/2018 at 15 h 42 min
source: réseau d’information des zone humides outremer
Le crapaud buffle, un colosse aux pieds d’argile
Oui le crapaud buffle porte bien son nom, c’est un vrai bourrin (pardon pour le buffle !) Rhinella marina, de son doux nom latin, est originaire du continent sud américain mais a été introduit dans divers pays pour lutter contre la prolifération d’espèces dites « nuisibles » comme le hanneton de la canne à sucre ou même le rat dans la Caraïbe ! C’est l’un des plus gros crapauds du monde, et la taille et le poids records de cette espèce correspondent à peu près à ceux d’un nourrisson. Ayant une vie terrestre, il dépend néanmoins des zones humides pour pondre et se développer durant les premiers stades de sa vie.
Glouton, le crapaud buffle peut ingérer bon nombres d’inconscients passant à sa portée : rongeurs,oiseaux, chauves-souris… Sécrétant un poison mortel pour de nombreux animaux (nommé bufotoxine ou bufoténine) grâce à ses glandes parotoïdes situées à l’arrière des yeux, on a retrouvé cet animal dans le corps de nombreux reptiles en Australie, décédés suite à son ingestion.
Si son corps massif, recouvert de verrues, peut en rebuter plus d’un, R. marina possède pourtant certaines propriétés qui ont trouvé leur utilité chez les humains : la bufotoxine servirait d’aphrodisiaque au Japon, de psychotropes dans certaines tribus d’Amérique centrale, ou encore de produits médicinales. On l’a même utilisé pendant un temps comme test de grossesse… oui, vous avez bien lu !
Mais en dehors de son habitat d’origine, l’animal est devenu invasif, tuant ses prédateurs potentiels avec son corps « empoisonné ». Même ses petits, lorsqu’ils sont têtards, sont toxiques.
Mais comme chaque Goliath, ce grand costaud a un talon d’Achille : la fourmi Iridomyrmex purpureusmesurant à peine 2 mm. Insensible à son poison, ses attaques groupées peuvent venir à bout du vorace batracien.