premières réactions politiques au sommet RUP: la voix de Didier Robert

30/10/2017 at 11 h 00 min

sources https://www.clicanoo.re/Politique/Article/2017/10/29/Cest-un-virement-fondamental_497915

Didier Robert fait le bilan du sommet des RUP qui vient de s’achever à Cayenne. A ses yeux, la fenêtre « reste ouverte » sur le dossier de la continuité territoriale.

Quel est votre sentiment à l’issue de ce congrès ?

«Celui d’une vraie satisfaction. Ce que nous demandons depuis plusieurs années, c’est qu’il puisse y avoir un corpus général avec des problématiques communes, mais pour La Réunion, à titre d’exemple, je me bats sur un certain nombre de sujets, en particulier sur la question de la libre circulation des personnes et des biens et aujourd’hui j’ai le sentiment d’avoir une plus grande écoute du président Juncker et le sentiment que dans les mois qui viennent, sur un certain nombre de sujets et celui-ci en particulier, nous pourrons nous battre d’avantage. Emmanuel Macron va lui dans le droit fil de ce quoi je me bats depuis des années. Comment faire en sorte que l’État, l’Europe et la Région travaillent vraiment ensemble. Cela fait 10 ans que je plaide pour cette logique d’action partagée. J’ai le sentiment que le président entend, comprend, ce que nous voulons faire. C’est la première fois que l’intérêt de nos territoires est pris en compte avec autant de force au niveau national et européen.C’est un virement fondamental ».

Europe et Etat rappellent dans le même temps qu’il n’y aura pas de nouveaux «milliards»

L’objectif était moins la question de milliards en plus que de question d’assouplissement de la réglementation. Ce que j’attends aujourd’hui, c’est que le projet que nous portons pour La Réunion qui produit ses effets avec depuis trois ans 3% de croissance, des chiffres en constante progression dans le tourisme, les investissements réalisés posent aujourd’hui La Réunion comme l’un des territoires d’Outre-mer les plus en pointe. Nous n’avons pas forcément besoin de moyens sur le long terme mais d’une réglementation qui soit adaptée à nos situations».

Que peut-on espérer sur le dossier de la continuité territoriale ?

L’Etat n’a pas annoncé son retour sur son financement «Vous verrez dans les prochains mois, il y aura des progressions importantes. Regardez le dispositif Erasmus qui se retrouve aujourd’hui complètement rénové et renforcé. Le président Juncker abonde dans le même sens que ce que nous avons proposé en 2015 d’un Erasmus Océan indien. La possibilité pour les Réunionnais aujourd’hui, non seulement de pouvoir se rendre en Irlande ou en Italie, mais aussi de poursuivre leur parcours de formation en Afrique, en Inde ou en Chine. C’est une révolution au niveau européen et une victoire marquée pour la mobilité des jeunes Réunionnais. Pour la continuité, je sais que la porte reste ouverte, que nous avons la capacité de pouvoir convaincre et de mobiliser. C’est un combat qui continue et devra être mené aussi bien au niveau européen que national et après avoir entendu et échangé avec le président, je me dis qu’il y a une vraie fenêtre. La prochaine étape c’est à la fois des discussions budgétaires et réglementaires au niveau de l’Europe et une rencontre avec l’Etat pour faire coïncider, c’est ça mon objectif, à la fois le prochain programme opérationnel européen et le contrat de plan Etat-Région pour être dans une logique qui permet d’emboîter complètement les logiques budgétaires et financières européennes».

Sur la pêche, quelles sont les avancées obtenues ?

«Ce n’est que du bonheur, j’ai été obligé en tant que président de Région il y a quelques années de prendre une décision non conforme à la réglementation européenne lorsque la Région a fait le choix de financer les dispositifs DCP pour les pêcheurs de La Réunion. Aujourd’hui, le président de la Commission européenne nous dit que non seulement la pêche est un secteur privilégié mais que vous pouvez dorénavant sur des fonds publics, avec des aides publiques, accompagner le développement et la création de flottes supplémentaires. C’est une révolution pour les pêcheurs Réunionnais. Notre pêche n’est plus un secteur marginalisé, c’est un secteur désormais pris pleinement en considération».