moratoire pour la mine d’or? Débat 1° semestre 2018

28/10/2017 at 8 h 45 min
Demande de moratoire sur Montagne d’or

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) demande un moratoire sur le projet minier de Montagne d’or dans un avis portant sur le droit à un environnement sain dans les Outre-mer rendu le 17 octobre 2017.

Dans le cadre de sa grande étude sur l’effectivité des droits de l’Homme dans les Outre-mer, la CNCDH publie une série d’avis concernant les Outre-mer et notamment la Guyane. Après un avis sur le droit des étrangers et le droit d’asile et un avis sur la pauvreté et l’exclusion sociale rendus en septembre (Immigration : les exceptions ultramarines dénoncéesGuyaweb du 6 octobre 2017), l’instance consultative a publié le 17 octobre deux nouveaux textes portant respectivement sur le droit à la protection de la santé et le droit à un environnement sain dans les Outre-mer.

Dans ce dernier document, la Commission s’intéresse particulièrement aux activités extractives en Guyane et en Nouvelle-Calédonie. Elle consacre un chapitre à Montagne d’Or dans lequel elle prend clairement position contre l’avancée du projet minier.

Eu égard à l’ensemble des risques inhérents à l’extraction de l’or qui ne seront qu’aggravés avec le projet de méga-mine de la Montagne d’or, la CNCDH recommande la mise en place d’un moratoire sur ce projet ainsi que le lancement d’une étude d’impact environnemental, social et droits humains indépendante, à même de faire ressortir l’ensemble des risques identifiés. En effet, il est primordial de disposer de toutes les données en termes d’impact notamment environnemental, en amont d’un projet d’une telle envergure.

Suite à des entretiens menés avec différents acteurs (membres du collectif Or de Question, de l’association Ingénieurs sans frontières, mais aussi le directeur du développement de Nordgold, Igor Klimanov), la CNCDH écrit qu’« aucune certitude n’existe quant à la redistribution dans l’économie guyanaise, ni même au bénéfice des populations qui seront touchées par l’extraction de l’or dans cette méga-mine ».

« Consultation de façade »

La fiscalité actuelle et notamment la taxe sur la valeur de l’or plafonnée à 2% est largement insuffisante pour contribuer au développement de la Guyane selon la Commission.

La CNCDH accorde une attention particulière à la consultation et l’implication des populations locales. Pour elle, l’« étape de consultation des populations locales initiée au travers de la saisine de la Commission nationale du débat public » est « tardive, alors même que les étapes d’exploration et d’études diverses sont déjà intervenues. En effet, le temps choisi pour cette consultation laisse à penser qu’il ne pourra s’agir que d’une « consultation de façade », loin des exigences d’une consultation éclairée et préalable des populations concernées. » Suite à une saisine de l’association France Nature Environnement, la Commission nationale du débat public va organiser des discussions sur le projet Montagne d’or en Guyane au premier semestre 2018.

De plus, la CNCDH remet en question la nécessité d’exploiter l’or.

En effet, les besoins industriels représentent seulement 8% de l’or extrait dans le monde, alors que la filière du recyclage en a fourni trois fois plus en 2015. Aussi, la demande des secteurs joailliers et financiers ne justifie aucunement la mise en péril de l’environnement et de la santé humaine à un tel degré » peut-on lire dans l’avis de la CNCDH.

(sources Guyaweb)