Les engagements

27/10/2017 at 21 h 00 min

Selon Emmanuel Macron, le développement économique doit se construire par certaines filières: le bois, la biomasse, les hydrocarbures avec le permis Guyane maritime qualifié de “pertinent pour l’économie guyanaise”.

Dans le secteur aurifère, le soutien du gouvernement au projet de la Montagne d’Or sera conditionné « au respect des engagements, d’une part sur la charte des mines durables et d’autre part sur la capacité qu’aura aussi le projet à répondre à l’ensemble des sujets soulevés (environnementaux notamment) dans le cadre du débat public” mené par la Commission nationale.

Autres filières “d’excellence” évoquées par Emmanuel Macron, les énergies renouvelables, la biodiversité qui est « un des joyaux de la Guyane » et la pêche avec la rénovations des flottilles.

#Education

Autre volet abordé ce vendredi matin, l’éducation qui est “l’une des priorités” et fait l’objet d’engagements de l’Etat: “l’internat d’excellence » et le lycée à Maripasoula, la construction de 10 collèges et 5 lycées qui seront financés grâce à une dotation exceptionnelle de 250 millions d’euros, la réhabilitation des écoles primaires (150 millions d’euros), la modernisation de la gestion des personnels…

#Santé

En matière de santé, le chef de l’Etat annonce prendre des engagements dans les structures et le financement du secteur de la petite enfance, à hauteur de 40 millions d’euros. Il prévoit aussi de travailler sur la démographie du personnel médical qui se raréfie (71 médecins pour 100 000 habitants) en “mettant en place des contrats d’installation et de mobilité”. Le handicap se voit doté d’une enveloppe de 5 millions d’euros.

#Numérique

Le plan France Très Haut Débit mobilise 40 millions d’euros pour la desserte en télécommunications, dont 50% seront réservés à la desserte des territoires isolés en développant une couverture satellitaire.

«Réduire l’attractivité du territoire»

Pour endiguer l’immigration sur le territoire de la Guyane, Emmanuel Macron a également annoncé que l’Etat allait réduire à deux mois le versement de l’allocation aux demandeurs d’asile et conditionner à quinze ans (au lieu de cinq ans) de résidence sur le territoire l’accès au RSA, qui sera « démonétisé »« La Guyane est aujourd’hui trop attractive pour les demandeurs d’asile qui ne sont pas en besoin manifeste de protection et qui vivent déjà dans des pays où s’appliquent des règles effectives de protection internationale », a-t-il déclaré.

« Pour réduire l’attractivité du territoire, il faut aussi  réviser l’accès à certaines prestations sociales », a également ajouté le président, précisant que l’Etat allait  reprendre la gestion du RSA, qui était devenue « une charge pas soutenable » d’environ 150 millions d’euros en 2016 pour la Collectivité territoriale de Guyane.

La sécurité

Le dispositif Harpie lancé sous Nicolas Sarkozy en février 2008 sera revu en profondeur, pour lutter contre l’économie souterraine liée à l’orpaillage illégal, avec des moyens technologiques comme les drones et une brigade aérienne spécifique.

Le chef de l’Etat a aussi annoncé que les forces de l’ordre seront renforcées par un escadron de 90 gendarmes dès 2018 et l’emploi de 22 policiers d’ici à février 2018, en plus des « quatre-vingt-quatre »  affectés « entre mai 2016 et septembre 2017 ». La construction du commissariat de Cayenne est bien actée et un appel d’offre sera lancé en fin d’année.

Le KPLD désavoué

Lors de cette conférence de presse, le chef de l’Etat a aussi mis les pendules à l’heure en affirmant que “le rôle de l’Etat n’est pas de céder à des pressions en particulier lorsqu’elle n’ont pas la légitimité démocratique qui est celle portée par les élus de la République”, avant de marteler « je ne me laisserai pas dicter l’agenda par ceux-là même qui menacent la sécurité » en référence à la demande du Kolectif Pou Lagwiyann Dékolé (KPLD) qui exigeait de rencontrer Emmanuel Macron hier soir.

« Je n’ai d’ailleurs jamais envisagé de rencontrer le collectif. L’interlocuteur légitime, c’est les maires, les élus de la République » a ajouté le président de la République.

Au sujet des heurts de la nuit dernière, le chef de l’Etat a déclaré que « hier il y avait des gens non-violents, qui ont essayé de s’engager politiquement, et ont perdu les élections. Et puis vous aviez des gens violents, des délinquants. Et la République ne cède pas à ceux qui sont en cagoule ».