Quelle voix pour les Maldives à la COP 23?

22/10/2017 at 18 h 23 min

En Novembre,  les Fidji vont présider à Bonn la prochaine COP23 . On devrait donc s’attendre à ce que les petites îles fassent leur buzz….

Pourtant cette année, de quelle voix parleront les Maldives ? L’environnement ne semble plus y être une priorité . Elles avaient pourtant ébouriffé le monde. On se souvient de ces spectaculaires images du Président Nasheed dirigeant un Conseil des Ministres sous-marin le 17 octobre 2009, à six mètres de profondeur . Alors, les Maldives, trés menacées, fondent le forum des pays les plus vulnérables au changement climatique (CVF) qui réunit désormais quarante-huit pays particulièrement menacés. Sa première session se déroule en novembre 2009 à Malé.

La situation politique a changé

Les Maldives ont pris, la tête de l’Alliance des Petits Etats insulaires (AOSIS) qui joue un rôle actif dans les négociations climatiques, en particulier pour la conclusion de l’Accord de Paris en novembre 2015. Mais entre temps, la situation politique et la dictature n’ont fait que s’aggraver . Abdulla Yameen est au pouvoir depuis 2013 , et l’ancien Président Mohamed Nasheed a été arrêté par la police sur la base d’un mandat d’arrêt pour terrorisme en février 2015. Son incarcération, intervenue dans un contexte de restrictions des libertés dans l’archipel, a suscité des réactions de la communauté internationale en faveur de sa libération. Il a obtenu en mai 2016 le statut de réfugié au Royaume-Uni où il avait été autorisé à partir se soigner. Et désormais dans cet archipel que les touristes ne connaissent pas puisqu’ils sont immédiatement transférés dans les archipels/ hôtels de luxe , la peine de mort est rétablie pour tous les enfants à partir de 7ans

La jeune génération a été relogée depuis le tsunami de 2004, dans une île à côté de Malé. Ils vivent désormais dans des bâtiments neufs, disposent d’internet et de l’électricité , sont peu sensibles aux efforts de l’UICN qui poursuit son travail de mise en protection des atolls, ou des créations de réserve biosphère. Les raies mantas sont revenues, mais le pays manque d’argent pour les protéger

Nous avons rencontré Evelyne, biologiste marine et plongeuse, qui y habite depuis 9 ans. Elle nous confirme que les Maldives restent un des pays les plus exposés aux effets du changement climatique, en raison de la petite taille et de la faible altitude des îles qui composent l’archipel. «  On le voit à l’œil nu . le récif frangeant est plus haut que le lagon » Traduisez, la mer a monté et la barrière récifale a poussé avec elle. Le lagon est désormais plus bas et sujet à la moindre rupture de cette barrière. Aux marées d’équinoxe les hôtels sur pilotis sont désormais au niveau des eaux et comme entre les deux moussons le sable est en mouvement permanent, ils font appel à des pompes à sable car ils ne veulent pas perdre leur plage. Une île artificielle a également été construite. Sur élevée, elle abrite l’aéroport et de nouvelles construction. On finit par oublier le risque de la montée des eaux « et pourtant l’eau monte, mais la gravité des échéances est à 15 ans !… » L’ancien président a commencé à acheter des terres au Sri Lanka et en Australie pour d’éventuels déplacements de population. Par ailleurs « la température continue de monter. En 2016, on constatait 70% de blanchiment des coraux. Ils ne supportent pas quand la mer passe à 33° ou même 35° brusquement. Ce sont les branchus qui disparaissent « .

Dominique Martin Ferrari